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qui doivent faire présumer faussement que le prince méditait les sévérités que dans la suite on exerça sous son nom. » Un autre retranchement a été opéré, peut-être par courtoisie envers Vimpératrice Marie-Thérèse : il s*agitdu développe* ment historique sur la dignité des empereurs d'Allemagne dont Louis XIV se prétendait l'égal. L'éditeur des Œuvres (1S06, 1. 1, p. 70) remarque la suppression, qui ne lui semble pas justifiée, puisque le morceau, dit-il, se trouve dans les brouillons (c'est notre texte B) et dans le manuscrit de Pellisson. Les plaintes de Rulhière (tirent sans effet. En 1789 parut à Bruxelles et à Paris un vol. in-12, intitulé : Tablettes cCun curieux^ ou Variétés historiques, littéraires et morales^ publié par Sautreau de Marsy, à la fin duquel (p. 366-448) est donnée la même partie des Mémoires de Pellisson (1661), en tout conforme à l'édition de 1767 (Y. V Avertissement des Œuvres 1806, t. T, p. 33).
Bix ans après la publication anonyme de l'abbé d^Olivet, avaient paru des Mémoires politiques et militaires pour servir à l'histoire de Louis XIV et de Louis XV, composés par l'abbé Millet, sur les pièces originales recueillies par Adrien Maurice, duc de Noailles, maréchal de France et ministre d'Ëtat (Paris, chez Moutard, 1776, 6 vol. in-12; 2' édit. 1777,6 vol. it.). On lit au tome IV, p. 301 : c Au moment où les affoires de la bulle Unigenitus s'envenimant, il fut question de déposer le cardinal de Noailles ( archevêque de Paris), son neveu (le maréchal) reçut du Roi une marque insigne de confiance. Un soir, en 1714, il l'envoya dans son cabinet chercher des papiers écrits de sa main, qu'il voulait Jeter au feu. Il en brAla d'abord plusieurs; il allait brûler tout le reste, le duc de Noailles le pria instamment de les lui donner. » Le certificat signé du maréchal de Noailles, qui est reproduit en tête de chacun des trois volumes in-folio de la Bibliothèque impériale (Supplément Fr. 2280)^ remis par lui le 10 octobre 1749, rappelle les mêmes Taits : Voulant assu- II. 37
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rer à Jamais la cenienFatioDde ca précieax iiioDniiiaat,i\j(Kite> t-y, J'ai rassemblé les origioaiix avec les copies qae j'eo ai fait faire, pour en faciliter davantage la lecture. » < Ge recueil n'étant pas connu, dit l'abbé Millot, Je saisis ToccasiOD d'eo donner une notice* » Il distingue donc 1® les notes de 1667 à 1673, par lesquelles Louis XIV marquait l'ordre et la raite des affaires dont il devait s'occuper et se souvenir. Il en cite quelques-unes un peu au hasard. Ce sont nos Feuillets do Roi ; 2"" des ordres pour la campagne de 1679; 8^ Ja relation de celle de 1673 ; 4<'des prqjets pour la campagne de 1674, avec une relation de cette campagne et du siégé de Besançon; y un fragment pour 1676; 6* une relation de 1678; 7» des réflexions sur le métier de Roi et sur l'administration des affaires étrangères, citées d^à, dans le Siècle de LtmU XIV, au ch. 2B ; c'est l'abbé Miiiot qui imagine des titres en marge de chaque alinéa; S^ un projet de harangue en 1688; 9«les instructions au roi d'Espagne partant le 8 décembre 1700. Les réflexions et la harangue sont dtées tout au long. I^ tout cependant ne fait pas vingt pages in-ia (p, SOl-320). Il n'y a pas traces, dans les citations on les observations de l'abbé Miiiot, d'un travail pour l'instrution du Dauphin. On voit le peu que nous fournissait cette publication de 1776. Les Mémoires politiques et militaires ont pris place dans la collection Michaud et Poujoulat ( 3* série, t. X, p. 264-268 pour la partie qui nous occupe).
Dans le courant de février de l'année 1806, parurent les Mémoires de Louis XIV écrits par lui-même : Féditear était M. de Gain-Montagnac (Paris, Ch. Gamery, 1 voL en 2 part. in-8<^). V Avertissement de l'éditeur (p. i-zij) annonçait que le travail avait été fait sur les manuscrits; le premier volume contient un fragment de l'année 1661, p. 1-36, et l'année 1666, p. 36-302; le secondl'année 1667, p. 1-58, avec des variantes p. 69-76, et l'année 1668, p. 76-103. Pour la première fds doi^c, étaient exhumés, en partie du moins, les
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textes les plus importants destinés au Daophiiu Dans VÀver' iisumênt même (t. l,p. vi-ix), l'éditeur avait signalé, comme complétées de la main de Louis XIV, les réflexions de 1666 sur la réserve nécessaire aux princes. (Y. notre 1. 1, p. 197, note 1) : l'éditeur des OEuvres de Louis XIV pensera de même. La suite du second volume est remplie par des fragments de mémoires militaires pour les années 1678 et 1678 (p. 104-168); puis viennent les réflexions sur le métier de roi, les instructions destinées à Philippe Y en 1700, une lettre de madame de Maintenon à Philippe V, une lettre du Roi à Seignelay, le projet de harangue de 1688. Cette lettre du Roi à Seignday est, comme le projet de harangue, dans le manuscrit n® 3380 : ces deux pièces , étrangères à notre sujet, ne sont pas de la main même de Louis XIV* Quelques notes sont mises à la fin de chaque volume. Le mérite de cette édition, c'est que les textes ne sont pas coupés à chaque page par des titres factices comme ceux de Tédition des OEuvres qui rompent l'unité de la composition.
Quelques mois après, M. Grouvelle publiait chez Treuttel et Wurtz (Paris) les OEuvres de Louis XIV es^ 6 volumes in-a*". Le titre indique la pensée de réunir tous les écrits composés ou dictés par Je Roi. Aussi y trouve-t-<m, outre les Mémoires historiques et politiques destinés au Dauphin, qui occupent la plus grande partie des deux premiers volumes , des Mémoires historiques et militaires tirés surtout du manuscrit 2280 (3 vol. in-f), des lettres particulières de Louis XIV, ses opuscules littéraires, comme la traduction d'un long fragment de César, des pièces historiques et anecdotiques de toute origine, servant d'éclaircissements. Le général comte de Grimoard avait reçu de Louis XVI en 1786 divers papiers de l'époque de Louis XIV (V. V Avertissement y 1. 1 des OEu^ vresj p. 12). Grimoard les mit à la disposition de M. Grouvelle, ainsi que des documents divers qu'il avait recueillis, et des suppléments qu'il avait composés pour les Méiroires
militaires. Cette vaste compilatioD, formée par Grimoard et par Grouvelle, a rendu de véritables services à l*histoire et aux lettres. Il n'est pas étonnant qu'au bout d'un demi-siède, l'examen plus approfondi des manuscrits , la découverte de pièces authentiques fort nombreuses lui aient ôté de sa valeur. Elle est pour nous, sur bien des points, inexacte, ou incomplète. Pour ce qui est des Mémoires destinés au Dauphin , quoique Grouvelle dise avoir consulté les manuscrits, il n'est pas douteux qu'il y avait bien à faire après lui. Les grandes collections de pièces, composées de nos jours sur l'histoire politique ou militaire du règne de Louis XIV, dépassent et annulent les parties analogues de la publication de 1806. Les lettres du Roi données par Grouvelle ont été aussi exploitées par tous ceux qui ont touché à cette époque. Ainsi l'édition de Grouvelle a été mise en pièces et démembrée dans tous les sens : elle a fait son temps.
L'éditeur de 1806, en même temps quMl donnait Tensemble des OEuvres de Louis XIV publiait à part chez les mêmes libraires eu un vol. in-S"* la partie des Mémoires et de notes sommaires, c'est-à-dire de Feuillets du Roi, qui se rapporte aox années 1661 à 1665 : « cette partie, dit l'avis des libraires, n'ayant pas encore paru et étant par elle-même susceptible du plus grand intérêt. » Il n'y a pas dans cette publication partielle une seule ligne de plus que dans le tome I des OEuvres, Elle n'a été faite que pour se conformer à l'article P^ du décret du 1 germinal an xiii, concernantles droits des propriétaires d'ouvrages posthumes.
Le goût était alors aux recherches historiques et anecdotiques sur le dix-septième siècle. En 1806, était donnée une nouvelle édition, en 6 vol. in- 12, dés Lettres de madame de Maintenon, On formait, en 1807, un vol. in-8» de Mélanges historiques d'ÉIisabeth-Gharlotte de Bavière, la princesse Palatine, seconde femme de Monsieur, deux vol. în-8ode mémoires et d'anecdotes sur mesdames de La Vallière, Montespan, Fon-