‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 37 sur 280 · ACCUSATION CONTRE DES ALLIÉS · texte numérisé non relu

ACCUSATION CONTRE DES ALLIÉS

bien le droit de dénoncer « l'âpreté, » c'est le mot des Mémoires, avec laquelle d'autres peuples poursuivent leur intérêt. Le long espoir et les vastes pensées sont le privilège des grands Ëtats : ils peuvent attendre,. préparer à loisir l'exécution de leurs desseins. Les affaires des États secondaires sont plus bornées , si on peut dire, et à courte échéance. Souvent c'est le nerf de la guerre, c'est l'argent, qui leur manque. L'argent est trop h^ituelleroent le nœud de leurs alliances étrangères. Louis XIY le sait, et il ne devrait pas se vanter de la facilité qu'il a de tenir ses alliés par ce petit côté. D'abord je ne vois pas où est la gloire de Louis XIY quand il retarde le payement d'anciennes dettes, ce qu'il a fait à Tégard des Suédois. Lorsqu'un secours nouveau lui est demandé, aussitôt il propose un traité général dont tout l'avantage serait poar la France. Gomment les Suédois pourraient-ils être pressés de le conclure 1 L'affaire importante pour eux, c'est la guerre qui dure encore contre Brème ; quant à la ligne contre la maison d'Autriche, à laquelle 11$ sont sollicités par le roi, n'est-ce pas l'intérêt de Louis X[V plus que le leur? La ruse qui met en jeu tous les ressorts de la diplomatie pour préparer le succès du lendemain , est-elle plus louable que cette âpreté de l'intérêt présent, reproché aux Suédois? Si c'est là l'opinion du rédacteur déûnitif des Mémoires , en tout cas il n'appuie pas sur ces négociations qui ne font pas beaucoup d'honneur au puissant Louis XIY. Le texte antérieur (A, fin du cahier 26«, t. III, f» 20) , que reproduit Tédition de 1806 (t. II, p. 196-197), fait ressortir avec complaisance les torts de la Suède et la supériorité diplomatique du Roi,

Après leur avoir fait payer les cent mille écus que je devais, pour les tenir toujours intéressés sur les autres articles qui restaient à résoudre entre nous, je persistais encore à ne me point déterminer touchant le secours demandé contre Brème , sans pourtant qu'ils eussent

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lieu de se plaindre de moi. Car je leur faisais voir que^ la saison étant déjà fort avancée, il n'y avait plus d'apparence de rien exécuter d'important ; que le retardement qui était arrivé en cela était venu purement d'eux et non pas de moi j que, de ma part^ j'avais pressé de tout mon pouvoir leurs ministres d'avancer la conclusion de notre traité, dont cet article pouvait naturellement faire partie ; qu'eux n'avaient pas seulement communiqué à mes députés les articles de leurs prétentions, qui m'eussent été jusqu'alors inconnus, si, par l'honnêteté particulière de leurs ambassadeurs, je n'en avais eu depuis peu une copie ^ que, sur cette copie, j'avais aussitôt envoyé mes réponses sur les lieux, afin d'épargner le temps qu'il eût fallu pour attendre que mes agents me les eussent envoyé demander dans les formes ; et qu'ainsi la couronne de Suède ne me pouvait imputer aucun retardement, ne devant se plaindre que de soi-même touchant la lenteur qui se rencontrait dans la conclusion de cette affaire.

»• 2«. — V. 1. 1, page 232, noie 3.

BéllexIaiM jmr Im pr饫yaikee ei sur les Inc^BTénleBtii

de la préetpItaUaa.

On croira sans peine qu'il n'en a rien coûté au rédacteur du texte définitif pour supprimer les pensées banales qui suivent. Est-il nécessaire de dire à quelle occasion elles figurent dans le texte B (fin du cahier 20"" biSj qui équivaut au 21^ et au commencement du 22*" cahier, t. Il, f> 356-362),

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