RÉFLEXIONS SUR LA PRÉVOYANCE
etdans le texte B (fin da 20* cahier, t. If, M 84*187), qui ne DOttB en donne que la première nM>itié, la snite du mannscrit Doos manquant? C'est à propos des c magasins qoe forme le Bol de tontes les choses nécessaires à la marine, comme si quelque grand danger le menaçait. > La réflexion n*est pas le moins du monde appropriée à ce fait particulier. Elle s'appliquerait mieux, si on voulait à toute force lui trouver une raison d'être, à'reosemble des préparatlfsdestinéspar le Rd, dans un avenir prochain, à la conquête de la Flandre. Du reste elle prend place à la suite de détails de ce genre; mais les derniers faits indiqués ont trait plutôt à la guerre maritime engagée alors au nom des Hollandais contre FÂn- ^eterre, qn*à l'expédition projetée aux dépens de l'Espagne. Voici la phrase ajoutée en marge du texte A (t. II, f» 856 v*"}, pour servir sans doute de transition entre les faits de détail et la réflexion générale.
Prévoyance qui par Févénement me fut utile, parce que la fortune ayant bientôt après semblé changer de parti entre la Hollande et TAngleterre, il était bon que je fusse en état de résister seul à mes ennemis s'ils eussent eu Taudace de m'attaquer.
L éditeur de 1806 (t. Il, p. 164-168), fidèle à une copie des textes A et B, reproduit la réflexion. Le texte B est une belle mise au net du texte antérieur qui ne présente lui-même que peu de corrections et* d'additions ; nous en relèverons une ou deux qui sont curieuses.
On dit que les rois ont les mains longues, mais il est important qu*îls aient la vue longue aussi, et qu'ils prévoient les affaires longtemps auparavant qu'elles puissent arriver. Car, soit que les chcMses se fassent par nos
ordres ou qu'elles arrivent malgré nous, il est toujours également avantageux de les avoir observées de bonne heure. Ce qui doit partir de nous est plus achevé, quand nous avons eu le temps de le méditer, et ce qui vient de nos ennemis est beaucoup affaibli, quand nous avons pu nous préparer à leur faire résistance.
Tout ce qui nous arrive de contraire, soit en attaquant, soit en défendant, ne nous arrive presque jamais que faute d*avoir vu les choses d'assez loin, ou de les avoir assez mûrement digérées.
On doit pardonner à la faiblesse des esprits médiocres s'ils ne pensent pas à l'avenir, parce qu'ils ne sont déjà que trop occupés par les soins du présent. Mais les génies plus vastes et plus élevés, auxquels la direction de leurs affaires ordinaires ne peut passer que pour une occupation sans effort, doivent se servir du temps qu'ils ont de reste pour jeter sans cesse les yeux devant eux , parce qu'ainsi, découvrant les objets de plus loin que les autres, ils ont plus de loisir à penser comment ils doivent les recevoir, et ne se trouvent jamais réduits à la malheureuse nécesssité de prendre des résolutions précipitées.
L'empressement et la précipitation ou nous donnent toujours de mauvais conseil^, ou ne nous peuvent pas fournir les moyens nécessaires pour exécuter les bons 5 au lieu * que la prévoyance et la réflexion, faisant un effet tout contraire, préviennent les maux avant qu'ils soient nés, ou du moins trouvent toujours quel-
1. C'est ici que commence le 22* cahier du texte A (t. U, f» 3SB), falflMt Immédiatement fuite au 20* bis.