A» ce Bieoibre de phrase est ajouté en marge
3. A, toute la fin de la phrase est une addition en marge. On lit d'à-
bord toutes les choses nécessaires a sa défense, il est certain que nous n'avons pas lors aussi tout ce qui serait propre à le bien attaquer. Au lieu que les projets qui se concertent de longue main sont maniés si doucement et colorés de tant de prétextes que, malgré tous les avis qu'on en reçoit et tous les soupçons que Ton en forme, Ton ne manque presque jamais de s'y trouver encore surpris...
Une addition en interligne, effacée depuis, arrondissait la fin de la phrase :
... ou du moins de se voir contraint de ployer.
On reprenait ainsi :
Vous aurez pu voir par beaucoup d'exemples dans l'histoire ancienne et dans la moderne que les projets qui ont été le plus heureusement exécutés ont été ceuxlà mêmes qui avaient été le plus longtemps médités.
En face de cette phrase, on lit quelqaes-nns des exemples modernes les plus remarquables :
Naples, Portugal, Saint-Barthélémy.
Voici la fin : '
Les desseins importants qui se divulguent se découvrent presque toujours aux premières démarches que
bord : « n'a pas moins de loisir pour se préparer à se défendre que nous en avons pour nous disposer à l'aUaquer. »
IL FAUT AVOIR LA PATr£MCK O'aTTENDUE. 93
Ton (ail pour les exécuter. Car sans compter la trahison ou l'indiscrétion de ceux dont on se sert dans les préparatifis, la seule connaissance grossière que les particuliers ont des plus apparents intérêts des princes.^ fait qu'en^ Ire raille conjectures impertinentes qui se débitent, quelqu'un soupçonne par hasard la vérité. Car quelqu'un qui la dit innocemment la faif croire à jplusieurs autres, qui en reconnaissent aussitôt la vraisemblance ; il s'en forme en peu de temps un bruit confus. Mais quand on a la prudence de le négliger et la patience d'attendre', il se passe pour l'ordinaire aussi facilement qu'il s'est élevé. Quand on ne nous voit pas exécuter d'abord ce que l'on avait cru, Ton se persuade insensiblement que l'on s'était mépris, et outre tout ce que nous pouvons dire par adresse pour ôter le soupçon de notre dessein, le temps seul ne manque jamais de produire naturellement des conjectures contraires. Tandis que notre projet se mûrit dans notre esprit, il s'efface peu à peu de celui des autres. Nos adversaires qui, dans leur première émotion , s'étaient précautionués avec ardeur , s'ennuient avec le tempisde se tenir inutilement sur leurs gardes. Leurs craintes s'affaiblissant chaque jour laissent affaiblir leur vigilance ; et eniin, lorsque nous avons mis les choses en état de les attaquer avec plus de force, c'est alofs qu'ils sont le moins préparés à nous résister.
I. A, eette phrase peu flatteuse pour tous les gens qui ne sont pas princes est le résultat d'une correction. La première forme essayée n'était pas moins impertinente; elle se oonUnuait ainsi : « ..., le plaisir qu'ils prennent à raisonner sur tout ce qui leur passe devant les yeux... •
N« Î2. — N. 1. 1. page 236, note 4.
De la Bé«MMlté d'être bien InutraU de tonl ee qui se pmmme^ de l'ulllllé de l'histoire, et de l'étude en général pmir les princes {Brouillon).
Vers la ûd des Mémoires de eette année 1 666, le rédacteur ayant jeté un coup d'œil sur les relations étrangères de la France, sur le projet de ligue des princes du Bbin contre TAutriche , sur Teffet des missions du comte Guillaume de Furstemberg et de Milet en Allemagne et auprès des Suédois, se livre à des considérations générales; il trouve là Toccasion d'une leçon qui depuis a été dédaignée; elle manque au texte G. Nous n'avons pas seulement le texte A (t. in, f» 87-91, fin du 83* et commencement au 88* cahier), dont les pages nettement écrites ne présentent que peu de corrections et d'additions. Il y a, pour une partie du moins, un brouillon antérieur (t. I, f> 146-149), contenant des idées dont on a fait évidemment le sacrifice puirque plusieurs phrases sont barrées. Ce texte X a beaucoup de surcharges, de ratures, d'additions en marge ; les corrections sont d'une main moins allongée et plus rapide que celle qui a écrit tout le reste. En tête de ce fragment isolé qui est une suite^ et qui se soude par la fin à d'autres pages également perdues , on lit un titre : « Sur l'histoire. » Il sera facile de reconnaître des rapports de parenté entre le texte X et le texte A. On sait que le texte B ne nous est pas parvenu au delà du 20« cahier. L'édition de 1806 (t. II, p. 253-256) reproduit à peu près le texte A. Dès que nous rencontrerons le brouillon nous le donnerons de préférence.
II n'est rien si nécessaire à ceux qui travaillent aux affaires importantes que de savoir au vrai ce qui se fait