‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 46 sur 280 · A : « est dans sa maturité · texte numérisé non relu

A : « est dans sa maturité

102 SUPPLÉMENT Avx vftifonues ME 1666.

était impartant de s*y appliquer lorsqu'on en avait un plein loisir.

Ce fragment X, ^ 146-1 49, n'est pas un brouillcm détaché ; il est, cornroe nous l'avons dit en coromençant, une partie de cahier perdu. Le cahier auquel il appartenait suivait, pour Texposition des faits , le même ordre qu'on retrouve dans le texte A. Aussitôt après la réflexion sur « l'histoire, * il est question» dans les deux textes, de la Pologne, puis de la Suède ; le texte X nous laisse au milieu d'une phrase.

Ou aimerait savoir quelle est la part de Louis XIY dans ces considérations sur l'étude en général : ce n'est guère du celé des livres qu'il portait, même alors, son application.

N* 13. — V. 1. 1, page 136, note 4.

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Non-seulement la réflexion suivante n'a pas laissé de traces dans la troisième et dernière rédaction , mais il n'y est même pas parlé des faits qui en ont fourni le sujet. Les textes antérieurs, s'inspirant du Journal (V. 1. 1, p. 43 et p. 81), A Msc., t. II, f»» 815-818, et B,t. n, f«« 145-149, donnent, l'un dans le 16« cahier, l'autre à la fin du 15* et dans le 16% les faits et la réflexion. Le texte A est chargé de notes et de variantes, qui se distinguent des autres lignes tracées au large et posément par la couleur de récriture, et par la rapidité de la main qui corrige. Les pages du texte B sont une belle, copie sans corrections. Elle a été reproduite par l'éditeur de

1806 (t. II, p. 128-183).

Il y a bien peu de faits , d'incidents même des deux premiers textes et du Journal qui n'aient pas été conservés par

SE COMDQIBE SELON U C(HIIONCTURK DBS TEMPS. 109

le rédacteur définitif. Pourquoi cette exception ? La Ikoe dont il s'agit, formée par les Hollandais et par quelques ^tats al« lemands pour empêcher les entreprisesqui se pourraient faire en Allemagne, avait eu un instant son importance. Voici ce qu'en dit le Journal au mois de mai pendant qu'elle est en train de se nouer (Y. 1. 1, p. 42} : « Je ne crus pas ladevoir empêcher, quoique je visse hien que dans la suite cela me pourrait être nuisible, mais je me réservais à trouver alors d'autres moyens pour la dissiper. Divers temps , diverses conduites. » La réflexion que contient le Journal, ^ cette place, n'est pas sans valeur. Lorsque le Journal revient à cette ligue (Y. t. I,p.8l), voici le jugement qui en est porté: « Gomme l'entreprise de Brème y avait donné occasion, il y a à présumer que cette affaire s'accommodant, elle se dissipera. » C'est ce qui arriva. Elle tomba d'elle-même, resta sang effet; alors on ne l'a pas trouvée digne d'un souvenir.

Quant à la réflexion sur la conduite du prince qui doit se régler selon les circonstances et varier les moyens suivant la différence des temps, le Journal l'avait déjà inscrite une foiS| à propos des demandes que les Hollandais avaient adressées à Louis XIV en faveur du Danemark (V. 1. 1, p. 39).

Ob Ta voir comment elle a été étendue. On sent qu'elle s'énenrede plus en plus à mesure qu'on approche de la fin.

Voici les faits d'après les textes A et B :

Le brait que faisait vers le Nord la résolution que les Suédois semblaient avoir prise d'armer contre le Danemark, avait ^xcité les États de Honande, le marchais de Brandebourg et le duc de Lunebou^g i^ faire entre eux une ligue particulière pour empocher que Ton n'entreprit rien de nouveau du côté de rAllemagne.

Dès lors que j'en eus avis, je ne doutai pas que cf tte liaison, quoique faite dans une autre vue, ne me pût

incommoder moi-môme, en cas qu'elle durât trop longtemps. Cnr je savois combien les États de Hollande et la plupart des princes leurs voisins avoient les yeux attachés sur mes actions, et combien ils avoient de frayeur que je ne devinsse maître de la Flandre : mais comme ces raisons ne regardaient que l'avenir, je ne crus pas devoir , sur l'incertitude des événements qui pouvaient arriver ou n'arriver pas, m'attacher à ruiner une ligue dont je tirais dans le temps présent une utilité considérable, puisqu'elle obligeait visiblement les Suédois, menacés par tant d'autres forces, à cultiver avec plus de soin mon amitié. Ainsi, je me contentais alors de lever autant que je pouvais, à tous ces princes, le soupçon qu'ils avaient de mon dessein, en paraissant m'appliquer tout entier aux affaires de l'Angleterre, et de leur ôter la crainte qu'ils avaient de l'accroissement de ma puissance, en leur donnant à toute heure de nouvelles marques de mon affection, sans m'exclure pourtant de travailler à rompre leur ligue lorsqu'elle aurait produit l'effet que je désirais, ou du moins lorsque je verrais mes affaires en un état où je pourrais apparemment recevoir quelque notable préjudice.

Ces craintes des < États de HolIaDde et de la plupart des princes leurs voisins * sont exprimées dans le Journal (Y. 1. 1, p. 42) à la suite de l'article que nous venons de citer sur la ligue. Nous arrivons aux considérations générales. Le début présente à peu près les mêmes phrases dans les deux textes A et B. Suivons le texte A :

Car eniin, chez les princes habiles, c'est la 4ifiérence

OCCASIOff De CBTTB RÉFLEXION. 105

de chaque conjoncture qui doit régler en chaque temps les demandes et les actions.

Il est des moments, où n'ayant besoin que de notre valeur pour le succès de notre entreprise nous ne devons pas nous donner la peine de recourir à d'autres moyens. Mais il en est d'autres où les seules voies de la prudence pourront nous approcher * de notre but ; nous devons, pour ^ ainsi parler, cacher ou suspendre * l'usage de toutes nos autres vertus.

Il est des rencontres où nous sommes obligés d'étaler avec éclat tout ce que nous avons de puissance pour donner plus de terreur à nos ennemis. Mais il en est d'autres, au contraire, où nous devons prendre^ un visage modeste et des sentiments modérés pour ne point don- ' ner de jalousie à ceux même qui paraissent dans nos intérêts. La sagesse consiste à choisir à propos tantôt un de ces partis, tantôt l'autre, et peut-être qu'il n'y a rien qui rende la fortune d'un prince plus stable et moins changeante que l'habitude qu'il prend de changer ainsi, quand il faut, de discours, de visage, de contenance et de mouvement.

C'est ici que le texte A va nous offrir jusqu'à cinq transformations de la même idée. On lit d*al>ord (f 316 v^ et

1® Mais cette leçon n'est pas si facile à pratiquerqu'on

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