ibid, : « ne témoigner que des lenliments modérée
t06 SOPPLÈVBMT AUX ■ÉSOIABS DB 1666.
se l^imagine, priocipi^efDeQt à eeui qui sont habitués à se gouverner par tempérament pkit6i que par raison. Car celui qui s'est toujours laissé conduire à son naturel ne choisit pas aisément un autre guide, et pour peu que, dans sa conduite (ordinaire, il ait eu jusque-là de succès heurei^x (quelque changement qui arrive peu après dans la disposition des affaires publiques), il ne peut se laisser convaincre de la nécessité de changer ses manières d'agir particulières. Mille princes ont obtenu la réputation d'habileté» parce qu'ils étaient nés dans des temps où l'état général des affaires publiques avait une juste proportion avec leur humeur, et qui, si les choses eussent changé de face ou s'ils fussent venus dans une saison où ils eussent eu besoin de tenir un procédé con* traire à leur naturdle inclination , eussent assurément paru très-médiocres ou très-imbéciles. Et l'histoire nous en fait^ voir beaucoup d'autres que la fortune a ruinés absolument , lesquels se fussent peutrétre garantis de sa malice si, dès lors qu'ils en ont senti les premiers traits, ils eussent quitté la conduite qu'ils avaient tenue devant qu'elle les attaquât. Car il est certain que Tua des remeoes...
3* et 8% en marge et en travers dn f tl6 v* :
2" Cette leçon que je vous donne ici dès votre jeunesse est le fruit d'une sérieuse application et n'est d'ordinaire conçue que de ceux qui se sont exercés en l'art de gouvemerpar une longue expérience, et ne peut être pratiquée que par ceux qui sont nés avee beaucoup de raison.
NWUIEUtES VARIANTES POUR UNE WÈE. 107
3* Cette leçon qui n*esi d'ordinaire connue que pat ceux qui se sont longtemps exercés en Fart de régner, TOUS sera, par mes soins, découverte dès votre jeunesse, et vous pourra servir un jour et dès cette heure à faire le juste discernement des princes vraiment habîlesd'avec ceux qui ne le sont qu'en a{^)arence, et i connattre la cause ïa plus commune de la décadence des plus grands établissements.
4*et6«»auf»Sl8v*:
4« C'est une leçon qui n'est pas commune, que la plupart du monde n'apprend qu'à ses dépens et par de fâcheuses expériences, c'est-à-dire pour l'ordinaire lorsqu'on n'a plus le temps de la pratiquer. Mais en ceci, comme en plusieurs autres choses , mon travail voin tiendra lieu d'expérience.
Fkrtae retonmée encore ainsi :
Mon travail vous la fournit ici sans que vous ayez besoin de l'acquérir par les années.
^ Cette maxime bien entendue vous peut apprendre à bien connaître, par leur manière de gouverner, les princes véritablement habiles d'avec ceux qui ont seulement le bonheur de le paraître , quoique dans le fond ils ne le soient pas.
On volt que ce qu'il y a de periy>nnel à Loais XIV, de flat> teur pour son orgueil dans les versions 2, 3, 4, disparaît dans la cinquième qui reprend la forme générale de la première. C^est la dernière phrase (n* 5) qui est seule conservée au texte B.
Pour ce qui est de la sttlte eu dévetoppemeat après eettê
phrato, elle est écrite de nouTeau (f^ 818 v<») à peu près telle qu'on vient de la lire {^ 317 r»).
Car il no faut pas douter qu'iln*y en ait plusieurs dan^ le monde qui ont obtenu la réputation d'habileté par le seul avantage qu'ils ont eu de naître en des temps où rétat général des aifaire^ publiques avait une juste proportion avec leur humeur, et qui, si les choses eussent changé de face , ou s'ils fussent venus dans une saison où ils eussent eu besoin de tenir un procédé contraire à leur naturelle inclination, eussent assurément paru trèsmédiocres ou très-imbéciles.
I^ ÛD en est recomposée à la marge du f» 317 r». Ce sont ces deux parties qui ont été réunies et conservées par le se* cond rédacteur ; on a alors la pensée complète.
Car enfin ce n'est pas une chose facile à faire que de se transformer en la manière que l'on doit. Comme la plupart des homnies sont accoutumés à se conduire par tempérament plutôt que par raison, comme ils n'ont le plus souvent dans leurs actions que leur humeur et leurs passions pourguides, cette humeur qui demeure toujours la même les entretient toujours dans le même procédé. Quelques révolutions qu'ils voient dans leurs affaires, quelques malheurs qui leur puissent arriver, ils n'ont pas assez de bon sens pour en rechercher ja cause dans leur conduite, ils en imputent tout le mal au caprice de la fortune, et ne s'aperçoivent pas que, si dès lors qu'ils en ont senti les premiers traits ils eussent pu se former une nouvelle manière d'agir avec elle , ils se seraient assurément défendus de sa plus grande malignité. Car il est certain que l'un des remèdes. . .