UN GRAND ÉTAT PEUT AVOIR BEAUCOUP DB SOLDATS
quand il veut donner toute l'application nécessaire à les dresser et à les encourager à bien faire, en sorte que le prince qui a beaucoup de sujets et peu de soldats ne se doit plaindre assurément que de son peu d'industrie ou de Texcès de sa paresse.
(Texte A.) Ainsi, pourvu qu'un prince ait des sujets, il doit avoir des soldats, et quiconque, ayant un état bien peuplé, manque d'avoir de bonnes troupes, ne se doit plaindre que de sa paresse ou de son peu d'application.
N» Î5. — V. t. I, page 238, note 1.
■ BOUtelre d« «•! et réflexlMM
Les parties du texteB, 2* cahier, t. II, fo« 11-15, quen'a pas conservées le texte définitif , ont pour objet surtout des officiers de la maison militaire du Roi ou du Dauphin, des « gens de considération » particulièrement favorisés, avec des réflexions adressées sur « ce détail » au Dauphin. Il semble étonnant que ce soient ces pages -là que le dernier rédacteur ait supprimées. Il n'a voulu garder que les faits et les Idées qui avaient un caractère général. Il trouvait peut-être que la guerre engagée contre les Anglais ou projetée contre les Espagnols était assez étrangère à ces faveurs accordées à quelques personnes ou à des corps militaires de la maison royale. Ou bien doit-on croire que « ces petits soins » lui paraissaient indignes de la royauté?
L'éditeur de 1806 (t. II, p. 11-14 ) donne ces pages du texteB à la suite du fait déjà exposé au commencement des
Mémoires de 1666 (V. 1. 1, p. 117); il s'agit de la formation de 200 cornettes de cavalerie. Au Msc. toute la première page qu'on Ya lire, formant les alinéan"' 3, 4, 5, est barrée comme inutile. Les faits en étaient pris au Journal. ( V. 1. 1, p. 17 et
La plupart des officiers furent tirés des troupes de ma maison où je les avais réservés depuis la guerre. Un grand nombre d^aulres qui s*étaient trouvés comme ceux-ci dans le service, prétendirent avoir même droit qu'eux d'être nommés ; mais j'estimai qu'en cette rencontre il était juste de préférer ceux qui étaient demeurés auprès de moi dans une fonction continuelle à ceux qui s'étaient retirés dans leur maison pour y vivre avec plus de commodité.
Outre que ces derniers ayant fait voir qu'ils pouvaient se passer de l'emploi, il y avait sans doute plus d'humanité à se servir des autres, qui, sans cela peut-être , eussent eu peine à subsister.
Votre compagnie de deux cents gendarmes n'était point comprise dans ce nombre, non plus que le régiment que je formai en licenciant celle des chevau-légers de la reine ma mère, pour ne pas laisser sans subsistance Tury qui la commandait et les cavaliers qui la composaient. Je ne me crus pas obligé d'avoir les mêmes précautions à l'égard de Bouligneux , lieutenant des gendarmes de cette princesse, parce que ses appointements lui étant naturellement conservés dans les états, je pensai qu'il suffisait, pour lui marquer mon estime, d'y ajouter une pension ; mais pour ne pas abandonner ses cavaliers, je les retins à mon service dans ma compagnie de gendarmes écossais.