‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 52 sur 280 · RÉFORMES DANS LA MAISON MILITAIRE DU ROI · texte numérisé non relu

RÉFORMES DANS LA MAISON MILITAIRE DU ROI

VieDoent ensuite des réflexions qui forment au Mse, les alinéa 6 et 7 du 2e cahier. En marge, on lit : « 6 et 7 à garder, > ce qui signifie sans doute : à réserver pour un autre en* droit. Nous les livrons pour ce qu'elles valent. A quelle place seraient-elles bien?

Je ne sais si j*écrjs selon votre goût quand je descends dans ce détail, qui vous paraît peut-être de peu d'importance-, mais pour moi je suis persuadé que ces petits soins qu'un prince prend de la fortune de ceux qui le servent produisent dans l'esprit des gens du métier un effet très-considérable. Toute la réputation des grands hommes ne se forme pas des grandes actions ; les plus médiocres sont celles qui se font le plus souvent, et comme on les croit les moins étudiées , c'est sur elles que Ton pense juger plus certainement de nos vérita* blés inclinations. Dans le démêlé des moindres affaires, il se rencontre un certain point d'honnêteté qui, lorsqu'il est observé dans toute sa justesse, n'est pas moins à priser que les plus brillantes vertus. Le récit des ac« tions qu'il dirige n'est peut-être pas si curieux , mais l'imitation n'en est pas moins utile; il ne fait pas tant de bruit dans le monde, mais il fait en secret plus d'impression sur les cœurs ; il ne nous acquiert pas une si vaste renommée, mais il contribue davantage à notre félicité.Car quelque amour que nous ayons pour la gloire, il faut avouer qu'un bon prince ne peut être pleinement satisfait s'il n'a l'amour de ceux qui le servent aussi bien que leu r ad mirât ion . *

L'énumération des faits particuliers continue; quelquesuns de ces faits sont dans notre texte C (V. 1. 1, p. 238) exposés brièvement.

Cependant, parce que tant de charges données laissaient beaucoup de places vides dans les troupes qui servaient auprès de moi, j'en fis remplir quelques-unes par des cavaliers choisis sur toutes les compagnies particulières \ mais je pris pour remplir les autres un bon nombre de jeunes gentilshommes que je voulais pour ainsi dire former de ma propre main dans les maximes de leur profession, afin qu'ils portassent après les leçons que je leur aurais données dans tous les corps où j*avais résolu de les distribuer à mesure qu'il s'y trouverait des places vacantes.

Je voulus même, durant ce temps-là, revoir plus souvent mon régiment des gardes, ne voulant pas que ces nouvelles levées pussent affaiblir les vieux corps, et ce fut pour celte considération que je recommandai à tous ceux qui faisaient des compagnies de ne prendre que de nouveaux hommes, parce que former de nouvelles troupes en enrôlant de vieux soldats, c'était faire en effet une dépense considérable pour ne grossir le nombre de mes gens qu'en imagination ^ mais les soins que je pris pour empêcher ce désordre eurent un tel effet que les troupes de ma maison, loin d'être diminuées, se trouvaient alors plus fortes qu'elles n'avaient été depuis longtemps. Car elles montaient seules à deux mille cinq cents chevaux effectifs et six mille hommes de pied , quoique je n'eusse encore fait aucune augmentation dans les compagnies des gardes françaises, sachant combien cela serait facile à faire, dès lors que je croirais en avoir besoin.

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