‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 57 sur 280 · UNE REVUE PASSÉE PAR LE ROT · texte numérisé non relu

UNE REVUE PASSÉE PAR LE ROT

Ire autorité, accoulumez-vous, dès cette heure, à veiller sur vos propres actions, et à ' faire souvent essai sur vous-même du pouvoir souverain que vous devez exercer sur les autres.

N* 29. — V. t. I, page 246, note 2.

Use revue pe— ée pmr le Bel.

Le texte définitif ne parle de la revue passée par le Roi entre Mouchy et Compiègne, le 15 mars, que pour expliquer comment le Roi a voulu que cette grande réunion de troupes ne fût pas à charge aux villages voisins , comment il a préféré ne pas loger avec sa cour à Compiègne, afin d'y concentrer les troupes qui, autrement^ eussent été répandues dans la campagne. Les phrases que nous avons ajoutées au texte d'après trois textes antérieurs (X, A et B) célèbrent pompeusement le sacrifice que fit Louis XIV en ne logeant pas les dames de la suite de la Reine au château de Compiègne. Les textes A et B ( À, t. II, f» 267; B, t. II, f* 82), chacun dans lem* 9* cahier, nous apprennent encore toute l'activité que le Roi a dépipyée pendant ces trois journées de campement au milieu des soldats. L'éditeur de 1806 (t. II, p. 82-83) reproduit la page que nous citons.

Le grand nombre de gens que j'avais fait assembler en cet endroit et le dessein que j'avais pris de les considérer exacte... ont me firent donner à cette occupation

1. Cette fin de phrase se Ut en tète d*uo fragment isolé (t. I, r> 1S4), auquel les aulr<« textes A et B l'ont empruntée.

trois jours entiers qui furent encore a grand' peine sufflsants pour exécuter ce que je m'étais proposé, quoique je fusse demeuré toujours à cheval depuis le matin jusqu'au soir. Dans le premierjour, je vis toutes les troupes ensemble, et, après les avoir mises en bataille, je commençai à examiner en particulier le régiment d'infanterie qui servait sous mon nom, lui faisant faire l'exercice en ma présence.

Les deux autres journées furent employées à voir séparément chacun des corps, chacune des compagnies, et, pour ainsi dire , chacun des hommes, et dans ce dénombrement que j'en fis, je trouvai, en compagnies

d'infanterie, et cornettes de cavalerie hommes

de pied, et chevaux, qui presque tous étaient de si

bonne mine et si bien équipés, que la plupart eussent pu passer ailleurs pour des commandants.

Je fis paraître la satisfaction que j'en avais par les gratifications que je distribuai à un bon nombre de capitaines, voulant les récompenser, pjar cette marque d'estime, de l'application particulière qu'ils avaient eue à me servir, et je me trouvai bien récompensé moimême des soins que j'avais pris jusqu'alors par l'heureux effet que je commençais d'en reconnaître.

Est-ce de ces gratifications à un bon nombre de capitaines que parle le Journal (V. 1. 1, p. 35) lorsqu'il dit : « Les pensions ne furent données qu'à soixante de chaque compagnie, mais Tespérance à tous les autres , ainsi que le Roi le dit hier au soir? •

Page 1