‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 83 sur 280 · C'est pourquoi je me déterminai à la venir assiéger · texte numérisé non relu

C'est pourquoi je me déterminai à la venir assiéger

13. Et rayant prise en trois jours, avec le fort de Scarpe , je crus qu'il était bon de faire faire un autre siège par l'armée du maréchal d' Aumont, qui n'était pas tant fatiguée que la mienne. Je hii commandai d'aller à Courtray ^ [que je ne croyais pas digne de ma présence.]

14. Et durant cet intervalle de repos, je pris occasion de venir voir la Reine ^, me proposant en cela, non-seulement la satisfaction de me reposer devers la Reine et mes enfants, mais encore de faire voir au dedans du royaume que l'occupation que j'avais au dehors ne m'empêchait pas de venir jusqu'à Paris quand je le croyais à propos, soit pour donner ordre aux affaires du dedans dont je me faisais rendre compte de plus près.

1. Une fausse marche fit appréhender aux ennemis le siège de Coar« iny {Caxetie dn 12 juillet). D'autre part, le maréchal d*Auroont fit mine de menacer Lille dont les faubourgs furent brûlés (n" du 9). Dès le 30 juin, le Roi envoya deux mille chevaux du corps de Duras pour investi Douai : il fut de sa personne devant la place le 2 juillet. La Gatetie du 12 rapporte Tepisode particulier au régiment Lyonnais au moment où les habitants allaient se rendre, le 5 : les Mémoires le citeront.

2. D'Aumont, avec six mille hommes de Tarméedu Roi, investit Courtraj le 13 juillet. Le 16, la ville était prise ; le 18, la citadelle.

3. Le Roi quitta le camp de Douai le 8 juillet ; il resta à Coropiègne du 9 au 16, j revint le 17 jusqu'au 19. Le 11, il écrit à Turenne : « J'aurais quelque envie, en retournant, de mener la Reine avec mol jusqu'à Arras, et peut-être jusqu'à Douai et Tournay {Œuvres de Louis X/F, 1. 111, p. 79). Le 12, autre lelti*e, adressée deCompiègne au même : • J'essaie à me divertir Ici, et serai très-aise d'en partir quand 11 sera temps de faire quelque chose. » {Ibid. p. 81.)

$oit pour maioteDir en devoir ceux qui avaient quelque inquiétude dans Tesprit '.

15. Mon dessein était, de là, de m'en retourner au plus tôt à mon armée , pour prendre premièrement quelque poste peu capable de me résister, comme Oudenarde ^ et Alost, et, de là, observer quelle des places importantes les ennemis dégarniraient, pour me jeter aussitôt dessus, et finir la campagne par quelque siège d'importance, sinon de quitter l'armée [sous quelque prétexte], et de laisser prendre des quartiers avantageux par mes lieutenants, pour ne pas demeurer dans une occupation au-dessous de moi et des grands commencements de cette campagne.

Le 19'^, Sa Majesté me donna un mémoire où étaient en abrégé plusieurs articles qu'elle m'expliqua ainsi :

16. Comme je voyais que l'amitié du roi d'Angle terre m'était nécessaire pour le progrès de mes desseins sur la Flandre, je me résolus de m'accommoder avec lui, et nous convînmes de nous engager par des lettres que nous écrivîmes réciproquement à la Reine sa mère^,

1. Il est fait allasion ici aux intrigues et aux dissensions du parti de Monsieur. (V. p. 171, noie 4.) Le Roi passa un jour à Saint-Cloud ches son frftre, le 16 juillet (V. l'article 34.)

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