Suivent deux lignes Illisibles
3. Elle mourut d'apoplexie le 10 mai à Varsovie. Son tcFfamcnt déclarait le duc d'Enghien son héritier. (Gazeiu du 2 Juillet.) Louis XIV en écrivit du camp de Gharleroy des lettres de condoléance au prince de Condé le 2 juin [OEuvres de Louis XIV, 1. 111, p. 76), au roi de Pologne, le 6 juin et à madame de Choisi le 16, du même camp où il était revenu après son voyage à Avesnes. {Ibid. t. V, p. 407 et p. 409.)
32. Le comte Guillaume de Furstemberg * avait foit cependant la proposition du traité éventuel à l'empereur, lequel avait témoigné être disposé à toute sorte d'accommodement sur ce sujet; mais qu'avant le cas arrivé , il aurait honte de proposer la chose aux minis^ Ires d'Espagne ^.
33. Le comte de Saint-Âlban vint à Tournay, où fut faite l'offre des 50,000 liv. par Le TelUer.
34. Le voyage que je fus obligé de faire à Saint- Qoud ' me donna plus de peine qu'une affaire impor-
f . Le manascrit porte : de Nassau* • La même erreur, commise dans un autre endroit par le rédacteur des Mémoires (t. \\\, f* 362 y) y est corrigée. On y a remplacé Nassau par Furstemberg.
2. Ce comte Guillaume, le frère du comte Egon qui était prince évèque de Strasbourg et grand prévit du chapitre électoral de Cologne, vint, au nom de Télecteur de Cologne à Vienne le 8 janvier, et après avoir conféré avec l'ambassadeur de France le chevalier de Gremonville, s'adressa d'abord au prince Lobkowilz, le phis paciflque des conseillers impériaux, et le plus favorable à la France, entretint l'empereur et tous les ministres. Ce ne fut bientôt plus un secret pour personne : le projet alla Jusqu'aux Gasettes. L'ambassadeur d'Espagne se plaignit amèrement de l'audace et de l'inconvenance de ces propositions. Après avoir tenu trois conseils, l'empereur fit annoncer son refus par le grand chambellan, comte de Lemberg : « U ne doit ni par humeur ni par raison d'État entendre à une semblable négociation sans le su et le consentement des Espagnols tant que le roi d'Espagne vivra. » Peu de jours après, le 8 mars, le comte Guillaume eut son audience de congé. (MIgnet, Négoc., t. U, p. 324 et 333-334.]
3. C'est le 16 juillet que Louis XIV alla à Saint-Cloud; il venait de Complègne, et il y rétourna pour se diriger de nouveau sur la route d'Arras et des Pays-Bas. Voici ce que dit dan» ses Mémoires mademoitelle de Montpensier : « L.e Roi alla rendre visite à Madame qui avait pensé mourir d'une fausse couche. Monsieur avait été la voir lorsqu'il partit de l'armée. • Le 19, Leurs Majestés partirent de Compiègne pour Montdidier où on coucha. Mademoiselle de Montpensier, qui était du voyage, remarque que ce fut à Amiens que Monsieur, qui venait de voir Madame, rejoignit la cour. Les intrigues qui s'agitaient à Saint-Qoud
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tante , par les contradictions que j'y trouvai dans la cour. Et ce n*est pas une petite affaire à un prince de savoir bien sortir des démêlés de sa propre maison •
Le vingt-huit et vingt-neuf décembre, à Versailles, le Roi me donna les articles qui suivent ^ :
aoloar du doc d'Orléans aTaletit alors ponr objet un denefn que Gotnae sootenait avee une ardeur bien naïve si elle était sine^e. Il raconte dans ses Mémoires comment des Napolitains avaient offert à Monsieur de le faire roi de leur pays, même avant la déclaration de guerre àTEspaf^e (édit. del8&2, in-8«, t. I, p. 329-336)« Déjà alors Louis \1V avait dit ikson frère qu'il ne le soutiendrait pas. Ce refus fut aeeueilli avee joie par Monsieur, d*où je compris, dit Cosnac, qu'il aralt eu grand'peur d'èlro i-oi. L'affaire fut cependant renooée. Cosnac pressa Monsieur de faire encore une tentative auprès de Sa Mijesté dans ce voyage de SainIrClood (16 juillet).* Il me dit, après que le Roi Ait paKi, qu*il lui avait parié, mais qu'il n'y avait rien à faire, que le Roi l'avait entièrement refusé. » (Ibid. p. 349.)
I. L'écriture de cette partie du Journal est moins solide, plus serrée, mais toujours longue comme dans le reste. La récit de la campagne de Flandre, commencé le 18 juillet, continue Ici au point où on Ta lairaé. V. p. 174. Le mêroe Msc. S. Fr. 2281, t. I, f** 118-121 donne un brouillon de tous ces articles du 28 au 29 décembre : comme il est du même temps, et en partie de la même main, nous le reproduirons à la fin du Journal. — Un passage des Mémoires qui appartient sans doute à la plus ancienne rédaction, etqui a disparu du textcdéûnltif, explique,ce me semble, la lacune que nous remarquons entre les mois de juillet et de décembre dans le Journal du Roi (ibid. 1. 111, f* 343] : « L'application que j'ai eue durant cette campagne à m'acqultter d'un emploi qui était nouveau, et le grand nombre d'affaires différentes que j*ai trouvées à mon retour, m*ont ôté le loisir de rapporter ici les circonstances particulières de cba» que affaire aussi exactement que j'avais coutume de vous les expliquer. Mais TOUS y trouverez pourtant toutes celles dontj'al cru que vous pouries tirer quelque profit. Après le siège de Douai, mon sentiment était d'aller en personne assiéger Courtray pour ne laisser échapper aucune des occasions où il y avait quelque travail à prendre ou quelque honneur i acquérir. Mais M. de Turenne... » Cette idée avait d'abord été essayée autrement à la marge du f* 344 v*« t Vous aves vu comme après le siège
Après la prise de Douai, je laissai faire par le maréchal d'Âumont le siège de Courtray, quoique j*eusse dessein de l'aller faire moi-même. Mais M. de Turenne me remontra que je ne le devais pas faire, tant parce que la place n'était pas en état de mériter que je l'attaquasse, que parce qu'il était à propos de laisser reposer mon armée , et je me rendis à son sentiment , dans la considération que j'avais pour lui, aimant mieux suivre ce que la prudence me conseillait , que ce qui était de mon inclination.
Je menai la Reine en Flandre ' pour la faire voir aux peuples de ce pays-là, qui la reçurent, en effet, avec toute la joie imaginable, témoignant qu'ils étaient fâchés de n'avoir pas eu plus de temps pour se préparer à la recevoir plus dignement ^.
Ensuite, je fis dessein d'aller attaquer Dendermonde,
de Dooai je revins à Gomplègne. Mais Je ne sais si je vous ai dit que ce fut conlre mon sentiment, et que J'aurais été en personne faire le siège de Courtray, n'eût été que M. de Turenne m'en dissuada... » L'éditeur de 1806 cite lef^ premières lignes de ce morceau (t. Il, p. 339), comme note détachée, à la fin de l'année 1667. Il n'a d'importance que remis i ■a véritable place. Dans le Msc. c'est le début du 10* cahier, vers la Ûa de cette ancienne rédaction.
1. Ce fut peu après le départ de Compiègne, àMontdidier, le 19 juillet an soir, que Ton apprit la prise de Courtray par l'armée du maréchal d'Aumont, surtout par le corps du marquis de Péguilin (Mém. de mademoiselle de Montpensier). Sur les compliments du duc de Grammont, le Roi lui répondit le 24 juillet, de Douai : « Ce que vous m'avez écrit sur la prise de Courtray m'a plus touché le cœur par la connaissance que J'af du vôtre que ne feront les louanges les plus exquises de l'histoire. » (CEttvr. de Louis XIV, t. V, p. 414.)
2. Mademoiselle de Montpensier, qui était du voyage de la Reine, remarque qu'à Toornay (où on entra le matin du 26), pour le Te Deum, les prêtres et les chanoines arrivèrent les uns après les autres : « Celte céréiDOoie ne fut guère régulière. •
qui , par sa situation , semble être le centre de tous les Pays-Bas, et me parut de telle importance à conquérir, qu'encore que l'entreprise fût hasardeuse, je crus qu'il valait mieux risquer à la fiaire sans succès, que de manquer à la tenter par timidité ^
En chemin, je pris Oudenarde, place nécessaire pour cette entreprise, et ensuite Alost ^ se rendit à moi-, d'où je fis détacher 2,000 chevaux sous Duras pour passer la rivière et aller empêcher le passage des troupes que je prévoyais devoir venir apparemment de Bruxelles pour se jeter dans la place ^. Et cependant, je m'avançai moimême pour la reconnaître plus sûrement avec... chevaux. Mais à peine étais-je arrivé devant, que j'appris comme Duras était arrivé trop tard, et qu'il était entré quinze cents hommes dans Dendermonde ^^ outre que par le canal de la rivière de TEscaut , qui est fort large
1 . n y a peu de rapport entre ces faits ou les suivants , et la mention qu*on lit à la marge : « Sur la paix d'Angleterre , il faudra se souvenir (le voir dans le registre précédent la remarque faite sur le traité de Dunkerque. •
2. Oudenarde fut pris le 3 Juillet après un jour de tranchée. Le comte de Duras, avec le comte dû Vivonne, maréchal de camp, ayant quatre mille cinq cents chevaux et quinze cents fantassins, marchant sur Dendermonde, se saisit en passant de la ville d* Alost sur la Dender. {Gazeue du 13 août).
3. La place de Dendermonde. A Bruxelles, dit la Gazette du 1 3 août, on concentre tout ce qu'on peut assembler de cavalerie pour marcher vers la place qui serait la plus menacée.
4. Le 2 août) le comte de Duras, s'étant approché de Dendermonde, apprit que les ennemis y avaient peu auparavant jeté cinq cents chevaux uvee mille Allemands et trois cents Espagnols. Le 3 le Roi alla reconnaître l'endroit où l'on pourrait dresser un pont ; le 4, il campa à Appels, à un quart de lieue de Dendermonde pour juger s*il y avait lieu d'en former le siège. Pendant deux jours il y eut quelques escarmouches sans profit. (Gazeue du 18 août.)
mi 28 DÉCEMBRE 1667. 185
en cet endroit, et reçoit le flux et le reflux, je reconnus qu'il n'était pas possible que j'empêchasse les ennemis d'y jeter de nouveaux secours. Je crus qu'il valait mieux décamper, que de s'engager dans une entreprise où je perdrais mon temps et mes troupes ^
Mais comme [j'avais quelque chagrin que] cette affaire n'avait pas réussi, j'en voulus entreprendre une autre dont le succès fût assez important pour me consoler, et je vins attaquer Lille. Jamais une place de cette étendue, de cette force et de cette importance, munie abondamment d'hommes^, de vivres et d'armes n'a été menée si brusquement. Toutes les troupes , les officiers généraux et particuliers semblaient s'efforcer à l'envi d'avancer leurs travaux ', et enfin, en dix jours
f . Kn marge, on lit ceci : « Le Roi occupe (?) ces proYinees, en sorte que loi seul en tirera tout le profit, et les Espagnols en feront toute la dépense. • Cette réflexion serait mieux placée un peu plus bas. — - La Gazette du 18 août est intitulée ingénieusement : « Siège de Lille et Journal de ce qui s'est passé en la marche de Sa Mi^esté depuis le 1*' de ce mots.* L'affaire malencontreuse de Dendermonde y est racontée, mais ce nom néfaste n'est pas mis en évidence dans le titre. Toutes les raisons, exposées ici dans notre Journal pour montrer l'intérêt et les difflcultée de renireprisê, sont dans la Gazette, Le 5, le Roi fit partir les bagages et Tartillerie pour Oudenarde, il protégea lui-même la retraite. Le 7, il est devant Oudenarde, le 10 devant Lille investi depuis deux Jours, A Bruxelles on se réjouit fort de cet insuccès de Louis XIV. [Gazette du 20 août.)
2. La garnison était de plus de huit cents chevaux et de trois mille fontasslns, outre grand nombre d'habitants aguerris sous le comte de BroUay.
3. Avant l'arrivée du Roi, qui eut lieu le 10 août, la place fut investie par le marquis d*Humières avec un corps de cavalerie de l'armée de Sa Majesté, par le comte de Lillebonne auquel L^uis XIV écrivit le 7 de se rendre le 9 entre Lille et Menin avec les Lorrains (Œuvres de Louis J/ V, t. m, p. 181), par le comte de Lorge avec la cavalerie du maréchal d'Aumont. Le duc d'Ënghien y commandait deux mille chevaux. Le
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de tranchée ^ ouverte , je me rendis maître de la place.
Mais voulant tirer un double profit de la valeur que mes gens avaient témoignée, je formai une nouvelle entreprise avant que celle-là fût achevée. Je considérai que les ennemis s'étaient assemblés en corps d'armée, prétendantfairelesderniersefforts pour secourir une place de cette importance, et je savais qu'ils ne s'imaginaient point du tout que je la puisse prendre si tôt. C'est pourquoi il me vint en pensée que, partant au moment de la reddition de la place pour aller à eux, je les pourrais trouver encore assemblés et défaire leurs troupes après avoir pris leur ville.
Mais comme il y avait d... jours de marche de moi à eux, ils furent enfin avertis de la perte de Lille avant que je les pusse joindre, et je survins sur la retraite.
Étant à... ^, j'appris que Créqui, lequel j'avais détaché
prince de Ligne et le comte de Marsin eMayèrent des diversions poor sauver Lille. iGu%eUM du 13 et du 30 août.)
1. La tranchée Tut ouverte dans la nuit du 18 au 19, la capitulation est du 37. Le 23 , le Roi écrit au prince de Condé sur la santé du duc d'Ëniihien, et sur ce que M. le Prince l'engageait »ans doute à se ménager» il igoute : « Je reçois vos conseils avec tout Tagrément que mérite le principe dont ils partent, mais Je ne Mis pas si je pourrai m'y conformer en tout. » {CEuvr, de Louis XIV, t. lU, p. 83.)
2. Le 30 août, étant à Deinse sur la Lys, Louis XIV écrit à Colbert : « J'ai cru qu'il était bon de faire voir aux ennemis qu'ils ne devaient pas s'sssembler devant moi. G'ei^t pourquoi j'ai marché à eux, et les ai fait retirer tous sépsrés. Je ne sais s'ils feront quelque chose ; mais j'ai vu, à n'en pouvoir douter, que l'épouvante est grande dans leur armée, et qu'ils fuyaient de dix lieues. » {Ibid. 1. 111, p. 82.) Le lendemain, le Roi, sur l'avis queCréqui étaitaux mains avec les Espagnols, partit avec Monsieur pour se rendre sur le canal de Bruges au passage d'un pont à la vue de <jand , afin de soutenir ses troupes en cas de besoin. Sa Majesté coucha dans son carrosse, et revint le i*' septembre à Deinse. ( Gazette du 10 septembre.)
m 28 DtccMBtE 1667. 187
iTee««. chevaux, avait rencoûtré un corps des eDnemis, et aussitôt je montai à cheval pour aller à eux. Même, comme au sortir de mon quartier il y avait un long défilé> je prévis que si mes troupes y entraient une fois, il me serait difficile de percer pour gagner la tète de Farmée* Cest pourc|uoi je partis avant que la plupart de mes gens fussent en état de me suivre, pour gagner la tète du défilé pendant que mes gens s'assemblaient insensiblement après moi. Cependant quelque diligence que je pusse faire, je ne vis point Tennemi. Mais Créqui d'une part et Bellefons de Tautre, avec les corps qu'ils commandaient, ayant joint la cavalerie espagnole dans... la mirent en déroute, en tuèrent.., et y firent... prison*
niers^
Après quoi, voyant la saison avancée^, et ne voulant pas me mettre au hasard de commencer un nouveau siège que je ne pusse pas achever, j'aimai mieux conser* ver mes troupes pour entreprendre quelque chose de grand avec plus de sûreté dès le commencement de l'année prochaine. Ainsi, je résolus de revenir en France^.
[Réflexion sur la forme de vivre de Sa Majesté a
1. La Gaxeue (n* du 10 lept.) le garde bien d*a?oaer> comme fait le Roi avec cliagrin, qu'il a eu peu de part à l'exécution de cette entrepriM où se signalèrent Créqui, BelleroM, et le comte de Liilebonne, contre la cavalerie du prince de Ligne et du comte de Marsin. « Ce succès ri glorieux e«t dû surtout à Sa Majesté, laquelle, en ayant Tormé le dessein, donna des ordres si bien concertés pour le rendre infaillible. •
2. Les plaies étant fréquentes en cette saison. {Gazette du 17 sept.)
3. Le 2 septembre le Roi revint par Lille, Arras, où la Reine le rejoignit, Péroone, Moucbi, Senlls, Saint-Germain, où il arriva le 7 septembre.
188 lODRNAI,
Tarmée, telle qu'un général d'aimée doit foire, parlant a tous, recevant des avis de tous K]
D'autres affaires m'appelaient, étant nécessaire de faire de grands préparatifs et de grandes négociations avec tous les princes, ou pour faire qu'ils favorisassent mes desseins, ou du moins pour empêcher qu'ils ne les traversassent pas, comme ils en étaient sollicités de dif* férents endroits.
Car j'étais bien informé que les États de Hollande, quoique mes alliés et tout nouvellement obligés de la protection que je leur avais donnée contre l'Angleterre, ne laissaient pas de cabaler en secret contre moi, et voulaient unir à leur ligue l'Angleterre, la Suède et plusieurs princes d'Allemagne.
Ainsi, pour donner ordre avec plus d'application à éluder leurs desseins aussi bien que ceux de l'Espagne, je crus qu'il était bon que je me retirasse en un lieu fixe.
Cependant je laissai ordre à M. de Turenne d'achever le reste de la saison en faisant une continuelle guerre aux ennemis, et les resserrant de telle sorte dans leurs places qu'ils y fussent de plus en plus incommodés et d'a-
1. Une feuille isolée du même Mac. (t. I, f" 100 r^) coDlient de« ri^flexions résultant d'une conversation du 12 septembre entre le Roi et Pérignysur la retraite de Dendermonde. On y lit ceci : « Plusieurs personnes comme commandant. Ceux qui venaient donner des avis. Question : s'il Ukui que le prince parle k tout le monde. » On comprend alors comment la « réflexion sur la forme de vivre de Sa Majesté» a été ajoulée ici. En marge, la main qui a fait l'addition met encore ces mots : « à transposer. • L'idée est développée en deux endroits des Mémoires, d'abord en 16G7 et plus longuement en 16C8 (V. dans les premières pages de cette année). Le brouillon des articles du Journal, du 28 et du 29 dOccmbre 1G67, ne manque pas a reproduire la • l'urmu de vivre. »
voir grand soin de la conservation de mes troupes, principalement des soldats malades ^
L'un de mes premiers soins, étant arrivé à Sainte Germain, fut de résoudre de nouvelles levées tant d'infanterie que de cavalerie [j'en fis non-seulement en mon royaume, mais en Allemagne et en Angleterre^ d'où il me passa une compagnie de gendarmes de la garde du roi de la Grande-Bretagne], pour me mettre en état de former, le printemps prochain, quatre puissants corps d'armée, dont je résolus d'en donner un à mon frère pour aller en Catalogne attaquer les Espagnols dans leur propre pays^^ un autre au prince de Condé, que je destinais pour servir en Allemagne, où sa répu^ tation était déjà grandement établie dans les guerres passées, afin qu'en côtoyant le Rhin il empêchât que les troupes de l'empereur ne l'osassent passer ou les combattit au passage. Les deux autres armées étaient destinées pour servir en Flandre sans autre général que moi ou M. de Turenne, afin que je ne fusse jamais sans occupation, pouvant reprendre une armée fraîche au moment que l'autre serait fatiguée par quelque siège important'.
1. Quoique ees denx dernières lignes soient iMirées sur le Msc., noas les gardons parce que l'idée s*en retrouve dans le brouillon de ces artlelet du 28 et du 29 déecmbre, et dans les Mémoires.
2. Le Roi écrivait le 10 août, du camp devant Lille , au due de Noailles : « Vous m'avez fait plaisir de me mander le détail des forces que les Espagnols ont en Catalogne, et de m'avertir de l'état des places que j*ai sur la même frontière: J'y fais avancer des troupes qui ne tarderont pas à vous joindre. » (Œuvr. de Louis XIV, t. V, p. 414.)
3. Après cet artiele, on lit: « V. 8 bis. • Or l'urtlcle qui porte plus loin (p. 199) ce signe : 8 bis, se rapporte aussi à des troupes, à celles de M. de Lorraine. Et en regard de rarticle n* 8 bis, est un renvoi à un
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Peoflant aasBÎ à la conservation de mes nouvelles conquêtes, je résolus de faire des citadelles à Tournai romme à un poste fort avancé vers les ennemis, et à Lille comme à une ville infiniment peuplée dont il était malaisé de s'assurer sans cette précaution. Mais je donnai encore des ordres exprès pour mettre toutes les autres en état de défense, et principalement Charieroi [Ath] etCourtray*.
Depuis que j'ai quitté mes troupes, il se fit peu de choses importantes, hormis la prise d'Alost, dont les ennemis s'étaient ressaisis et que je fis raser ^
Après quoi Ton prit les quartiers d'hiver les plus étendus que l'on put pour resserrer davantage les ennemis.
n* 8 ter où U est question de Tentretien de rarinée nafale. Toates ces idées en effet doivent se tenir.
1, Le jour wètme où Louis XIV quiUe Lille pour retournera Saint-* Germain, le 2 septembre, il écrit de sa main le billet suivant : « J'ai commandé à Clerville d'aller visiter les places conquises de Flandro pour me rendre compte de l'état où il les trouvera t les gouTerncurs et les commandants faciliteront l'exécution de sa commission en ce qui dépendra d'eux. » {OEuvr. t. V, p. 416.) L'éditeur cite une note du manuscrit des lettres, qui explique pourquoi le Roi écrivit lui-même : « M. de Clerville dit doucement à Sa Majesté que M. de Louvois, qui aurait dû lui donner un ordre contresigné» ne lui était pas favorable. •
2. Alost, qui peut couvrir Dcndermonde et Bruxelles, avait été repris par les Espagnols, le 7 septembre, ils avaient dessein d'j faire tiivenier leurs troupes. Turenne, qui était à Deinse, parut devant cette place le Il : le 12, elle se rendit. La garnison qu'un y trouvafut renvoyée vers Bruxelles. Quinxe cents dragons travaillèrent à y tout démolir. ( Gûieue «lu 24 septembre et du 8 oclobre.) Le U et le ^0 septembre Louis XJV «ksrit à Turenne « pour que l'infaBlerie entre dans les quartiers forte et en bon état. Car U faut absolument qu'elle soit admirable l'année prochaine. Je fais de grands projets de troupes. J'ai tout dans ma tèleot >as travailler à l'exécuter, quoi qu'il en coule... Je repasse dans ma tête des desseins que je ne trouve pas impossibles. Qu'ils me paraissent t>eaa< [OEhw. (U LquU XIV, U \U, p. S^86.)
DU 28 DfiCEVSlIB 1667. 191
El M. de Torenne, revenant à Paris, Uûssa les troupes séparées dans les quartiers sous le cooimandement des lieutenants généraux que j'avais nommés \
[Avec ordre d'étendre les contributions aussi avant cpiMl se pût jusqu'à faire contribuer les faubourgs de Bruxelles \]
Je donnai ordre sur toute chose que Ton payât bien les soldats, et j'augmentai la solde des officiers, tant pour empêcher qu'ils fussent à charge à mes nouveaux sujets que pour leur donner de moi-même le moyen de subsister plus commodément. [Informer.]
Il y eut, à la fin du mois d'octobre, un combat où Bellefons défit, avec... chevaux, quinze cents hommes des ennemis, tant infanterie que cavalerie^.
f . En marge sont ces mots t « partieulièremeiit à saToir. » La Gazette du 17 septembre et du 25 octobre rend eompte de ees dispositions. Du Passage doit commander sur Dunkerqiie , Bergues, Famés, et font le voisinage de la mer; le marquis d*Humières sur Lille, à la place de BeUefbns désigné d'abord, à qui le Roi réserve on autre emploi ; le comte de Duras sur la Châtellenie de Tournai , arec Oudenarde et Atli ; le comte de Lorge sur Gbarleroy et le pays entre Sambre et Meuse : gou- ▼emement destlaé d'abord à d'Humières. L'armée du maréchal d*Aa« nont est dispersée en plusieurs places.
2. Après le rasement d'Alost, Turenne fit partir Tarmée deLfqaerqne où était le priodpal quartier, s*a?ança facilement Jusqu'à deux lieues de Bruxelles. Tout le pays fut tenu sous oontribution Jusqu'aux portes de celle Tille. Les petitesplaces du voisinage demandèrent la neutralité pour ee garantir du pillage. {Gmeue du 8 eetobre.) ^Le Roi écrit à Turenne le 4 octobre de ne mettre les troupes en quartier d'hifer qu'au I" novembre, à cause de leur payement et des jfburrages, qui ne seront prêts qu'en ce temps-là, et finiraient avant qu'on pût mettre en campagne si on commençait à les cantonner plus t6t. [OÇuvrcf, t. III, p. 85.) Cependant la Gozeiie du 22 octobre nous apprend que lasaitfon devenant trop lâcheuse , le maréchal général a commencé à séparer l'armée pour les eaotooneraents. Turenne fut de retour à Paris le 6 novembre. 3« LouisXlV écrit le 2 noveoibre au marqulsde Bellefons :« J'ai vu par
La paix ' d'Angleterre se conclut sans qu'il fût besoin de donner les cinquante mille livres que j'avais fait offrir^. Car les Anglais, n'ayant osé mettre leur flotte en mer de peur que je ne fisse aussitôt joindre aux Hollandais la mienne, que je tenais toute prête, furent tellement maltraités dans leurs propres ports, qu'ils furent contraints de consentir honteusement aux conditions qu'ils avaient auparavant refusées^.
votre relation les particularités de l'avantage qae vous avez remporté sur les enoemis auprès de Mons, et comme l'action est complète, toit pour la conduite, soit pour la valeur. Il ne se peut rien ajouter à la satisfaction que j'en ai. • {OEuvresA* III, p. 8B.)La Gazette du S novembre donne le détail de Taflaire : elle eut lieu le 26 octobre entre Soignies et le Roeux. Les troupes ennemies venaient d'auprès de Cambrai, elles devaient aller renforcer la garnison de Bruxelles et celle de Gand. C'étaient trois des meilleurs régiments d'infanterie espagnole formant treize cents hommes, et cinq cents chevaux. Bellefons avait cent vingt dragoDS, et huit cent soixante chevaux pris à Charleroy ou dans les troupes du comte de Lorge. La plupart des ennemis furent tués ou pris. Ce coup de main fut accompli , dit le n** du 10 novembre, par des gens fatigués d'une marche de soixante heures, ayant souffert constamment de lapluie, sauf pendant les deux heures que dura le combat. Le marquis de Conflans, qui commandait les Espagnols, ayant été accusé de ce désastre par le prince de Bade, un duel eut lieu àLaken, près de Bruxelles; le prince fut blessé. (Gazette du 19 novembre.)
1. Depuis cet article, il n'est plus question de la campagne de Flandre, mais des rapports de la France avec les autres États, pays par pays. On peut croire que là commence un Mémoire particulier, remis peut-être le 29 décembre , Mémoire analogue à celui du 19 Juillet, où on a pris de même successivement, en dehors de la campagne de Flandre qui fut l'objet des articles du 18, les relations pacifiques de la France avec l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne, l'empereur, l'Allemagne, etc. Y. un peu plus loin le brouillon des articles du 28 et du 29 décembre.
2. On lit en marge pour cet article : « Transposer avant Dendermonde. t
3. La paix de Bréda fut arrêtée dans la conférence du 1 1 Juillet, et signée le 31. Les raUûcations curent lieu le 24 août
Mais quoique cette paix fût faite, je ne laissais pas de craindre que la jalousie de mes progrès et les pressantes sollicitations d'Espagne ne fissent prendre au roi de la Grande-Bretagne le parti contraire au mien. Cest pourquoi j'envoyai Ruvigny en Angleterre pour tâcher à me conserver le prince pour ami , ou du moins à faire qu'il demeurât dans la neutralité ^
Ce n'est pas que cet État ne fût toujours troublé de dissensions intestines qui m'en pouvaient moins faire appréhender les forces.
Car le peuple de cette ville, ayant pris pour le comte de Clarendon cette aversion que Ton prend d'ordinaire pour les ministres qui élèvent trop haut leur fortune ou qui s'attribuent trop d'autorité, était résolu de le perdre, et cette résolution étant connue du roi, il se crut obligé lui-même de le mettre hors de ses conseils pour n'être pas obligé de sortir d'Angleterre^.
t. Leois XIV écrit à Chirles W, du camp devant Lille, le 14 août t « Je TOUS dépêche ie aieur de Ruvigny, exprès pour me r^ouir avec vous de Im signature du traité de Bréda. Je m'assure que vous lui donnerez «litière créance sur ce sujet, et sur les autres cfaohes dont Je Tai chargé.» {CEitvreê, t. V, p. 415.)
3. Le texte porte , par erreur : « de France, » ce qui serait inintelligible. — Le marquis de Ruvigny, parti de Dieppe seulement le 12 septembre à cause des vents contraires , arriva à Londres an moment où Tenait d'être disgracié son ami le grand chancelier. La conflanoe du Roi et U direction des afiReiires comme secrétaire d*Êtat étaient maintenant à Heurt Bennet, comte d'Arlinglon, marié à une Hollandaise , et porté par Ineliiuition vers l'Espagne. Ruvignj dut s'adresser à lui pour avoir une andleoee particulière de Charles U ; il s'aboucha aussi avec le duc de Buekingbam. Une lettre de Ruvignj à de Lionne (17 octobre) révèle que Chéries 11, en confidence, a demandé au ministre français qu'il lui fît iToir de l'argent de Lonis XIV. Quant au comte de Clarendon, le parleaient réuni le 30 octobre se montra très-animé contre lui ; les lords toolefois décidèrent le 30 novembre qu'un lord ne pouvait pas être mis
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Cela doit faire faire une réflexion aux ministres sur rintérét qu'ils ont de demeurer modestes dans leur fortune et au prince de n'élever pas des hommes audessus des autres de peur d'être, après, obligé de les soutenir avec trop d'effort ou de les abandonner avec trop de honte ^ [Autres affaires d'Angleterre, à s'informer.] Les Hollandais, pressés par leur propre crainte, travaillaient toujours avec même ardeur à faire conclure la paix entre moi et les Espagnols, et pour montrer que, de ma part, j'agissais raisonnablement, j'avais donné pa^ rôle de me contenter, pourvu qu'on me cédât de bonne foi, ou ce que j'avais pris dans la dernière campagne, ou bien la Franche-Comté, le Luxembourg, Aire, Saint- Omer, Douai, Cambrai et Charleroi, et même, pour donner loisir aux Espagnols de délibérer sur cette résolution, j'avais promis durant trois ^ mois de n'attaquer aucune place où il fût besoin de canons ^.
en accusation, comme le demandaient lea eommunea, lant une cause spécifiée. Il y eut alors de l'agitation dans les provinces. Le comte de Glarendon, intimidé, s'enfuit à Calais vers le milieu dé décembre. (Ifignet, Négoc. relat. à la suc«. d'Espagne , t. II, p. 512-535.)
1. On lit en marge: « Dernière moitié de la réflexion commencée. • Il s'agit, dans cet alinéa, de la conduite des ministres, de celle des princes. La dernière moitié concerne les princes. Or, on verra dans les Mémoires que c'est la partie de la réflexion qui intéresse les priyees qui est développée.
2. Le texte portait d'abord : « six; » c'est le chiffre qu'on Ut dans le brouillon des articles du 28 et 29 décembre.
3. Louis XIV avait envoyé, le 4 juillet, du camp devant Douai, à soa ambassadeur d'Estrades un Mémoire qui devait être remis seerèlement à M. de Witt sur les conditions de la paix. (Mignet, Négoc. relel. à la suce. d'Espagne, t. lï. p. 486.) M. de WlH envoya un contre-projet par Yiui Beuniugen, qui \iut truuvir le Uoi à Sainl-Geruiaio. Vau Iseutiiu*
Mais le terme étant expiré sans que les Espagnols eussent pris leur résolution, je retirai ma parole et fis entendre à tous les princes qui en avaient eu part que je ne prétendais plus y être obligé.
[Les Hollandais avaient voulu m*obliger à ne point aller de leur côté. Mais je n'ai voulu m'embarquer à rien.]
Je travaillais auprès des princes d'Allemagne, afin qu'ils joignissent leurs troupes à Tarmée que je voulais entretenir sous M. le Prince pour empêcher le passage du Rhin.
Mais cela ne se faisait pas sans dépense ^
J'avais ^ fait Tétat de tout ce qui m'était nécessaire pour l'entretien de mes troupes et les autres dépenses de l'État, lesquelles j'avais fait cadrer avec mon revenu.
Je recevais toujours des paroles civiles de l'empereur,
gen prit eoogé du Roi le 26 septembre. ( Gaulle du 10 octobre.) Le 4 octobre Louis XIV écrit à Turenne : « J'ai fait lea réponses que je vous ai mandéesà Van Beuningen et me sois conformé à vos sentiments. Il me semble que toutes choses se disposent à réussir selon ce que je désire. » (OEmw. t. ni, p. 85.)
1. La plupart des princes allemand», n*é'ant disposés à intervenir dans la querelle de la France et de l'Eiipagne que par voie de médiatioo, décidèrent, dans une assemblée particulière à Cologne , le 3 octobre, que des dépuiés seraient envoyé* vers l'empereur, vers Louis XIV et à Madrid. Les députés, avant de se rendre à leur dei»tination respective, tinrent des conférenceé dans la même ville de Cologne. ( Gazette da 24 décembre.)
9. En face de cet article sur les finances, on lit ceci : « Transposer. » U était déjà placé plus loin dans le brouillon des artieles de décembre.
Mais je ne laissais pas de me préparer à ce qui pouvait arriver de son côté.
Pour cela je tâchais à lui donner de Toccupation en Pologne' tantôt en empêchant l'abdication du roi, jusqu'à lui promettre de lui donner les mêmes secours pour le maintenir en favorisant la prétention de l'électeur de Brandebourg, que s'il eût favorisé celle de M. le Prince ; et puis ^, voyant que je ne le pouvais pas porter i ce parti-là, je me ramenais à le porter moi-même à faire l'abdication, afin que les prétentions qui naîtraient ensuite attirassent les armes de TAUemagne, pendant que je ferais mes affaires en Flandre '.
Après avoir affecté de la froideur avec les Suédois, j'avais fait parler inutilement d'accommodement. Mais lorsque je n'en attendais plus rien, eux-mêmes sont revenus, et l'on est rentré en traité.
Je recevais de la part du roi de Danemark des offres fort civiles. Mais ne le voyant pas en état de me pouvoir rendre grand service, je me contentais de lui répondre par des civilités réciproques.
Suisses ^.
Le pape avait été accepté pour médiateur et par moi et par les Espagnols. Mais leurs ministres se contredi-
t. L*envoj6 de l'empereur essaya, le 10 août, dMosinuer an roi de Pologne que quelqu'une des archiduchesses pourrait lui oonvenir: il répondit qu'il n'était plus en âge de penser au mariage. ( Goteue du 20 août.)