Il y a sur le Msc. : « en France • ; c'est une méprise
4. En marge, on Ht : « à savoir du Roi. » Le brouillon de cee articles •e contente d'une croix devant le mot : « Suisses. » Les Mémoires ne parlent des Suisses que pour les levées de troupes.
oc 29 DÉCEMBRE 1667. 197
9aicnt dans Texécution. Car... disait qu'il était prêt d*al- 1er traiter à..., et lautre disait qu'il n'avait pouvoir de traiter qu'aux Pyrénées ^
Le duc de Savoie m'ayant fait des réponses fort honnêtes sur l'avis que je lui avais donné de mon dessein sur la Flandre, je lui fis faire toutes les propositions que je crus lui pouvoir être agréables pour l'engager à faire la guerre aux Espagnols et à leurs alliés en Italie ^
Mon ambassadeur, n'ayant pas eu une réponse précise du conseil d'Espagne, se retira'*
1. L*Es|Mgne roulait fixer elle- même le llea des coDréronees, Rome, Venise, oa les Pjrénées, exigeait one »uspeD»ion d'armes pendant qu'on négocierait, et demandait que les plaees conquises fussent mises en séquestre entre les mains du pape. Un mémoire à ce snjet fut adressé à son ambassadeur à Rome, le 37 novembre. Louis XIV répondit par un mémoire au doedeChaulnes, le 36 décembre (Mignet, Négoc. t.ll,p,&78-679). Le 7% décembre, de Lionne écrit : € Le marquis de Castel-Rodrigo, pour nous faire départir de Cologne ou de Liège (lieux proposés par la France), qnl lui sont suspects, a Jeté en avant la ville impériale d'Aix-la-Chapelle, lieu de la résidence du nonce. Sa Majesté Ta anssilAt pris au mot. • Le même jour, il en avertit les princes allemands assemblés à Cologne. (Ikid. p. 691-59&.)
2. V. les dépêches de M. de Lionne an président Servien, le 29 décembre; du président Servien à Louis XI V, le 7 et le 21 Janvier 1668. (/M(f. t. Il, p. 620-621.)
8. L'archevêque d'Embrun annonça le iSJulIletà Louis XIV qu'il avait reçu, le 9, avis de la Reine de quitter l'Espagne, de même qu'elle avait rappelé de France le marquis de La Fuente, et de Saint-Séba»tien le nurqois de Castellane qui avait été désigné pour l'ambassade de Franee. Le IS, l'ambassadeur français fut averti qu'il devait dans trois Jours se re- Urer à dix ou douxe lieues de Madrid, en attendant son départ définitif. (Ibid. t. Il, p. 185-191.) Il n® Partit cependant de Madrid que Is 6 août: il écrivit le 18. de Viltoria, à M. de Lionne : « Comme on m'avait fait craindre l'exaspération des Espagnols, J'affeclai de sortir de Madrid à la plus bille heure du Jour, avec éclat, afin que Ton connût d'un côté la vénération publique pour le Roi, et de l'autre la fausseté de celle antipathie imaginaire des Espagnols pour les Français.! (Ibid. p. 200-201.) Il eut
Cependant, étant né un flis à l'empereur, quoique ce ne me fût pas une nouvelle agréable, je la reçus de telle sorte qu*il eut lieu d'en ôtre satisfait*, témoignant en cela que j'avais quelque pouvoir sur mes premiers mouvements.
Comme les Espagnols faisaient toutes sortes d'offres avantageuses pour conclure la paix avec le Portugal, je travaillais aussi continuellement à l'empêcher, ou du moins à la retarder, et sur ces entrefaites j'appris larévolution qui était arrivée dans cette cour ^.
J'ai ' entretenu mon armée navale sur pied jusqu'au
•oo «ndiefiee de Louis XIV à Saint-Germain, le 25 septembre. [Gazette da 10 octobre.)
1. Cette naiMance d*un arrhidac. te 38 neptembre, avait ranimé les sentiments d'affection et de «ympathie politique pour TR^pagne. I.e lendemain même , le 29, le chevalier de Gremonville , amba!«adeur de Franee à Vienne, manda à Loni» XIV que de» recrues avaient été ordonnées, qu'il était question d'une limite avec le Brandebourg et le^ ducs de Brunswick, peut-être avec le roi de Suède. (Mignet, Négoo. t. 11, p. 240- 24 t.) Ce fut le 11 octobre, dit la Gazette ùu 15, que le résident de l'empereur annonça à Louis XIV l'accouchement de Vimpérutrice. « Lenr» Majest«i( en témoignèrent beaucoup de joie. • — L'habileté et Taudace de Gremonville intimidèrent si bien la cour de Vienne que l'armt^ impériale ne reçut pas l'augmentation projetée. M. de Lionne le félicite de tes »uccès (25 octobre) : « Le Roi vouh trouve le ministre de toute la terre le plus effronté (et en cela Sa Majesté \ou» donne la plus grande louange que TOUS puissiez jamais déitirer), de vous être mis en tête d'em}»A<-her par vos persuasions et par vos menace» qu'un empereur, succesi^eur de lotis les Césars, n'ose pas faire de» recrue» à ses U*oupes. • (Mignet, t II, p. 248.) Le marquis de Guitry, grand-maître de la garde-robe, est chargé, dit la Gazelle du 12 novembre, d'aller faire des complimenisà l'empereur sur cette naissance.
2. En marge, sont ces mots : « Au dernier article. » Le même sujet est repris à la fin du Journal, et c'est le dernier qui ail été développé dans les Mémoires.
' 1. Les articles suivants traitent de faits intérieurs. On ne rappelle, à la
mois d*octobre \ que je Tai réduite à une escadre, laquelle doit passer en Levant après qu'elle aura croisé les (^tesde l'Espagne durant la meilleure partie de Thiver.
Deux armées navales pour la campagne prochaine.
J'ai regarni mes magasins de vivres et de munitions.
Ma cour était partagée entre la paix et la guerre selon les divers intérêts, mais je regardais cela sans m'y arrêter, allant droit à mes fins.
[Je pénétrais leurs intérêts et ne considérais que leurs raisons. Car si je penchais un peu du côté de la guerre, ce n'était pas, comme on se Timaginait, à cause de la faveur trop grande^ de personnes qui la désiraient» mais par le penchant naturel que j'y avais moi-même.]
M. de Lorraine' voulait, à la fin de la campagne, retirer ses troupes. Mais je lui ai fait parler si résolument qu'il a plié.
[En même temps que je travaillais à me faire faire justice par les Espagnols, je la voulais aussi faire rendre à mes sujets.] J ai luit observer avec exactitude au de-
do, an événement du Portugal qu'à cause de la réfoluifon domestique de te pays, qui devient l'occasion d*une réflexion applicable à tous les princes. — Cet article sur la flotte porte en marge la désignation suivante : « 8 ter. »
1. Le désarmement s'accomplit à la Rochelle et à Brest {Gazeue du 15 octobre). Le duc de Bcaufort fait préparer douse vaisseaux pour passer dans la Méditerranée, sous le commandement du chevalier d*AImeras.
3. Au iieu de n faveur, » on avait d'abord mis : « penchant. » Après : « trop, » le Msc. ne donne pas d'adjectif.
8. L'article porte celte désignation : « 8 bis. » Et ceci est ajouté en Duirge : « Vid. supr. 8 ter. » C'est rarlicle sur les armements maritimes. (V. ma haut de cette même page.)
230 iOURNAL
dans de mon Etat les nouvçUes ordonnances que j'avais publiées.
Ne voulant pas demeurer inutile même l'hiver, et voyant que les trois mois de terme que j'avais donnés aux Hollandais étaient expirés, j'envoyai M. le Prince en Bourgogne pour observer si de ce côté il n'y aurait point quelque coup à tenter durant l'hiver ^
J'appris qu'il était arrivé de grandes nouveautés en Portugal, et que le roi était dépossédé par son frère ^.
1. Condé, gouverneur de Bourgogne, vint en novembre à Dyon eoot prétexte de tenir les états de Bourgogne ; il passa trois Jours à Auxonne, du 14 au 16 décembre, en virtita les rortiflcations, partit ensuite pour Saint-Jean-de-Losne (Gazette du 31 décembre). Il ût reconnaître par dea ingénieurs et des militaires déguisés l'état des places et le nombre des troupes francomloises. (Mignet, Négoe. relal. à la suce. d'Esp., t. U, p. 607.)
2. Le même fait est annoncé un peu plus haut. Alphonse VI, dit M. Mignet (ibid. p. 565), à vingt-quatre ans, était un objet de haine et de mépris pour ses sujets à cause de ses violences et de ses folies; pour sa femme, à cause de la faveur qu'il accordait aux hommes les plus grossiers ou les plus dissolus. L'abbé de Saiol-Romain, dans une lettre du l*' mars 1667, en trace un hideux portrait qui ne paraît pas chargé. Ne sachant ni lire, ni écrire, son office de roi se bornait à signer tout ce que lui présentait son ministre le comte de Gastel-Melhor. Son frère D. Pedro, si différent de caractère, d'esprit et de goût, trouva des partisans dans le peuple et chez les grands; la Reine s'entendit avec lui. Castel-Melbor dut abandonner la cour; d'autres favoris furent écarléti; la Reine, le 21 novembre, donna le signal de la révolution en se retirant dans le couvent de l'Espérance, d'où elle écrivit à Alphonse VI « qu'il savait bleu qu'elle n'était pas sa femme, le mariage n'ayant pas été consommé. » Elle en appela à la nation, et le 23 D. Pedro, d'un consentement unanime, prenait possession du gouvernement; Alphonse se laissa arrêter dans son palais et se démit du pouvoir, D. Pedro eut le titre de régent (ibid. p. 671). Mademoiselle de Monlpensier ne regarde pas la reine de Portugal comme une victime; elle allègue une lettre de cette ci-devant mademoiselle d'Aumale, adressée, peu après son mariage avec Alphonse VI, à madame de Béthune, « qui la lut à la Reine en ma présence, » où la nouvelle reine
Cela peut donner lieu à une réflexion sur la nécessité qu'ont les princes de vivre moralement bien, parce que la dépravation de leurs mœurs leur [fait toujours des ennemis particuliers et leur] attire le mépris et l'aversion publique. Ce qui donne lieu à former contre eux des desseins , auxquels sans cela on n'oserait seulement penser.
annonce qu'elle espère avoir bienlôt un enfant L*évèque de Laon« cousin germain de madame de Vendôme, qui avait fait le mariage de 1666, ne lardera pas à en négocier un autre. La princesse de Nemours voulait la rupture de son mariage avec Alphonse VI pour épouser D. Pedro son beau-frère. Louis XIV y donna les mains; il lui écrit le 31 janvier 1668 : « Avec l'infant D. Pedro vous trouverez votre véritable bonheur, et l'établissement effectif dont vous n'aviei que les apparences. » (OEuvrtt dt Louis XiV, t. V, p. 422.) Le jugement ecclésiastique, rendu à Lisbonne le 34 mars contre le premier mariage, permit l'accomplissement du second, qui eut lieu huit jours après, le 2 avril. — Le hasard veut que le Journal du Roi finisse en 1667, comme il a commencé en 1666, par les aflkiresde Portugal. Nous prenons congé de l'abbé de Saint-Romain, en dépit duquel la nation portugaise signa enfin la paix avec l'Espagne, le 13 février 1668. L'abbé de Saint-Romain, l'archev^ue d'Embrun, le chevalier de Gremonville sont, pendant ces deux années 1066-1667, les agents lee plus actifs de la diplomatie française, sous un mattre consommé, M. de LiooDe.
sot BROUILLOIf DO iOURirAL DE DÉCEMBRE 1667.
Traee des deralera ffenlUeto de &oaUi JLMW peur f «#9, i un lireiillUB des artielea deMiéa ^mt l«i le Tta^t-lialt ei ▼tn^t-Beaff déeeadbre.
Nous rappelons comment nous nous sommes attribué le droit de faire remonter Jusqu'à Louis XIV l'Abrégé des Finances de 1661 à 1665 , qui est pour nous la première pièce de ses Mémoires. Nous voici en face d'autres pages qui ne sont pas davantage autographes, où le copiste, se substituant de même au Roi, parle au nom de Sa Majesté, au lien de la laisser parler elle*méme. Elles nous paraissent être une copie de même nature, et c'est par elles que nous allons clore l'ensemble des textes qui ont servi d'éléments à la rédaction des Mémoires.
Ces pages, qui sont sans titre, sans indication d'année on de sujet, sont coupées en deux colonnes d'écriture différente. La colonne de gauche présente des caractères longs et bien lisibles, tracés par une main posée, qui n'a eu, ce semble, d'autre peine que de reproduire le texte même du Roi. A la droite, on esquisse rapidement, d'une mauvaise écriture, le développement succinct des faits et des réflexions qui correspondent à chacune des petites phrases de Louis XIY. Tout ce qui est dans cette colonne de droite me parait être le résultat de conversations entre le roi et Périgny. Chacune des phrases royales est interrogée successivement; en causant, les détails reviennent à la mémoire, les jugements se précisent. Le Lecteur de Sa Majesté recueille à la hâte, sous la forme la plus brève, avec une concision qui va quelquefois jusqu'à l'obscurité^ les éléments des articles qu'il s*agit de composer en vue des Mémoires : un mot , un signe est suffisant pour le moment; quand on formera les articles, les
TRACB OBS DBRN1ER9 FEtILLETS DC MU SOS
Idées pourront se détendre, la phrase s^élargira; on verra poindre un récit ou une appréciation historique.
Il n'importe guère de savoir combien de feuillets du Roi nous avons là sous les yeux, en copie un peu altérée. Ce qu'on peut reconnaître plus utilement, c'est la distinction des sujets dont il s'est entretenu tour à tour avec Périgny. Ce soDt d'abord tous les faits qui se rapportent à la campagne de Flandre; puis les relations avec les auties États : Angleterre, Hollande, Allemagne, empereur, Suède, etc.. Jusqu'au Portugal inclusivement , en y comprenant les avis reçus de pays étrangers ; enfin , l'histoire intérieure , ce qui est plus particulier à la France et à la cour. Il y aurait donc eu comme trois petits Mémoires distincts; au moins deux, si on réunit le second avec le troisième. L'un serait du 28 décembre , l'autre du 29. Très-volontiers , je n'en supposerais que deux. Qu'on veuille bien comparer les articles remis par Sa Majesté le 18 et le 19 juillet d'une part, le 28 et 29 décembre de l'autre, on verra que le Mémoire du 18 est exactement continué le 28 ; il ne s'agit dans tous deux que de la campagne de Flandre. Le Mémoire du 19 Juillet, outre les faits étrangers, contient à la fin des faits d'histoire intérieuie, comme la députation du parlement à Compiègne, dont Sa Majesté a refusé les louanges , un voyage du Roi à Saint- Ciood pour accorder les démêlés de sa propre maison. N'est-* ce pas la même chose en décembre? J'attribuerais donc a la date du 29 le second Mémoire où nous trouvons l'histoire intérieure à la suite de la politique étrangère.
Louis XIV et le Lecteur de Sa Majesté sont donc un peu moins inexpérimentés, au bout de deux ans de travail eu commun : il y a maintenant de l'ordre et de la méthode dans leurs converbations ; ils ne vont plus au hasard, comme pendant l'année 1666, d'un fait militaire à un incident de It cour, pui« à un épisode diplomatique, confondant, mêlant toutes choses , créant bien des difficultés pour la rédaction des Mémoires destinés au Dauphin, dont les premières co-