BROUILLON DU JOURNAL DB DÉCEMBRE
pies se ressentiront de ce vice originel, du défaut d'ordre et de plan.
Ce n*est que tard qu'on parviendra à faire sortir des Feuillets du Roi et de son Journal de 1666^ qui présentent un véritable chaos, des pages claires et méthodiques. Cette dernière mise en oeuvre des matériaux informes de 1666 prouve chez l'ordonnateur définitif une rare patience , une sagacité heureuse, qui sont goûtées d'autant plus qu'on a pu être découragé d'abord de tant de confusion.
Ici donc nous assistons à la composition du Journal ; c'en est certainement un brouillon, un essai à peu près complet pour les idées, sinon pour le détail des événements. Il y a peu de différence entre ce premier essai et la rédaction des articles qu'on vient de tire. Les alinéas se correspondent presque toujours dans le même ordre. Trois ou quatre articles du brouillon manquent dans le Journal : la capture des courriers de part et d'autre dans la campagne de Flandre après le siège de Lille (article barré, du reste, dans le brouillon même), le secours demandé par Venise, l'espérance de satisfaction de la part de Gènes, l'affaire des quatre évèques Jansénistes en suspens. Le brouillon donne « à la fin , ud article spécial pour les finances : dans le Journal, si l'on dit plus tôt que le Roi fait cadrer les dépenses de l'État avec son revenu ', on annonce par cette observation en marge : « Transposer, » qu'il vaut mieux revenir au premier plan adopté. Dans le brouillon, certains titres sont mention* nés plusieurs fois , quoique l'on n'ait pas de faits à l'appui : « Quels ordres laissés ou donnés, quels avis reçus. » Ce sont des cadres , vides aujourd'hui , qui peuvent être remplis demain; ce sont des pierres d'attente, des places réservées pour des renseignements plus complets ou pour de nouvelles méditations. Sur certains points, le Journal définitif corrige, éclaire le brouillon. Le brouillon sup-