‹ Mémoires de LouvetChapitre 28 sur 109 · LIV PIERRE LOUVET · texte numérisé non relu

LIV PIERRE LOUVET

les expéditions des troupes de Lx)uis XIV, tant sur mer que sur terre. C'est à tort que les biographes de Louvet, copiant le père Le Long, lui ont attribué ces neuf volumes; en réalité, il n'a composé que les quatre premiers. Le tome cinquième ne porte pas son nom, et le rédacteur anonyme ne laisse aucun doute à cet égard : « Ce volume, dit-il dans l'épître à Sylvestre du Four, est une suite de quatre autres qui l'ont devancé sous le même titre, & dont vous scavez que je ne suis pas l'auteur. Comme je n'ay point de plaisir plus sensible que d'entendre parler de l'auguste personne du Roy, & de lire les ouvrages qui nous entretiennent des merveilles de son Règne je ne puis désavouer que je n'en aye aussi beaucoup à écrire ce que j'en aprens tous les jours ; & c'est ce qui m'a fait aisément acorder au libraire la continuation de ce Mercure qu'il m'a demandée. » Au moment où paraissait ce tome cinquième (1677), Louvet, comme on le verra plus loin, était de retour à Sisteron depuis deux ans.

En même temps que le Mercure hollandoisy Louvet faisait imprimer à Lyon un autre ouvrage destiné aussi à célébrer la gloire de Louis XIV : La France dans sa splendeur \ qui parut en janvier 1674. « Un de mes amis des plus qualifiés de la Province de BeaujoUois, raconte Louvet dans l'avis au lecteur, ayant vu un discours historique que i'ay composé & fait imprimer à Tolose, sur la Paix des Pyrénées, qui n'a pas depIû à ceux qui l'ont lu ; me flattant d'abord de quelque connoissance que je me suis acquis dans l'Histoire, me persuada d'en faire autant sur le dernier traité de Paix d'Aix la Chapelle ». — Le premier volume et la moitié du second contiennent l'histoire succinac des grands fiefs de France, leur origine, la liste des seigneurs qui les ont possédés et les causes de leur retour à la Couronne. La deuxième partie du tome second est occupée par le récit des conquêtes de Louis XIV. On sait en quels termes d'obséquieuse flatterie les écrivains de cette époque s'adressaient, en présentant leurs ouvrages, aux personnages haut placés ou au roi. Les hommes de génie qui ont illustré la France par leurs écrits ne se font pas faute, dans la préface ou la dédicace de leurs œuvres, d'employer des expressions parfois serviles et qui nous semblent aujourd'hui contraires au bon goût et à la

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