SA VIE ET SES TRAVAUX LV
dignité de l'écrivain. Louvet, qui n'était rien moins qu'un grand génie, est encore plus exagéré que ses contemporains dans ses louanges au roi-soleil. — Ainsi, après avoir rappelé les titres glorieux des rois de France, prédécesseurs de Louis XTV, Louvet s'écrie : « Mais j'oseray bien passer plus avant, pour dire qu'il porte à meilleur titre (Louis XIV) que Charles V celuy de Sage, qu'il est le bien Aymé de ses peuples y comme un autre Charles VI, plus victorieux que Charles VII, plus Prudent que Louis XI, meilleur Père du peuple que Louis XII, plus Grand et plus Juste que son Père & son Ayeul ; en un mot plus Auguste^ plus Conquérant c^t Philippe n & que tous les Roys qui l'ont devancé. »
Un livre dû à un érudit lyonnais, paru il y a quelques années ', a fait connaître une intéressante correspondance échangée entre Louvet et un illustre bénédictin de Saint-Germain-des-Prés, dom Luc d'Achéry. Cette correspondance se compose de sept lettres inédites de Louvet; six sont écrites de Lyon en 1672 et 1673, et la dernière, de Sisteron, en 1675. « Les modestes et les obscurs, dit M. Vanel, l'auteur de ce livre, ne sont pas les auxiliaires les moins utiles des écrivains capables d'entreprendre et de mener à bonne fin des publications aussi considérables que le SpicHegium, avec ses treize volumes indouze, ou bien les Acta Sanctorum Benedictinorum qui n'en comptent pas moins de neuf très denses. La méthode des érudits de Saint-Germain-des-Prés était précisément de faire appel à tous les concours, de provoquer de toutes parts des recherches et de ne rien perdre du butin qu'où glanait pour eux de tous les côtés. Le collaborateur que nous signalent les sept lettres qui suivent ne s'est pas "acquis grande célébrité et le nom de Pierre Louvet, malgré son titre officiel d'historiographe des Dombes, est à peu près enseveli dans l'oubli. On jugera cependant que son zèle ne fut pas tout à fait sans profit, il ] offrit du moins actif et désintéressé. »
Dans sa première lettre, 5 septembre 1672, Louvet rend compte de recherches faites pour identifier deux noms de lieux, Saxiacus et Monasticum Fossatense que l'on croyait devoir appartenir à la région lyon-
I. Les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés et les savants lyonnais d'après leur correspondance inédite, par M. l'abbé Jean-Baptiste Vanel. Paris et Lyon, 1894, in-8, x et