DONNENT COMMENCEMENT A LA PROVINCE DE BEAUJOLAIS
SOMMAIRE. — /. Les comtes de Lyon ci de Fore:^ ont donné commencement à la seigneurie de Beaujolais, — //. Opinion de Paradin^ de Severt et de Belleforest sur ce sujet, — ///. Quand est-ce que les comtes de Forei ont ' commencé à paraître. — IF. Si le Beaujolais était partie du Lyonnais^ du Fore\ ou pays séparé, — V. Opinion du sieur Duchesne et du P. Monet, — VI, Quel pays cest que le Beaujolais. — VII, L étendue et les limitts du Beaujolais. — VIII. Qualités du pays de Beaujolais.
ï, — Après avoir fait voir cî-dessus que ce que nous appelons aujourd'hui Beaujolais était compris dans le gouvernement du Lyonnais et depuis dans les comtés de Lyon et Forez unis et que, pour bien prendre la source du Beaujolais et de ses seigneurs, il la faut tirer des comtes séculiers de Lyon qui, pendant la lâcheté de Rodolphe, dernier roi de Bourgogne, et les troubles survenus après sa mort pour le royaume, entre Tempereur Conrad le Salique et Eudes II du nom, comte de Champagne, neveu maternel dudit Rodolphe, se rendirent, comme les autres, propriétaires de leur gouvernement. Je ne m'arrêterai pas à décrire Thistoire de ceux qui ont précédé la donation de Conrad à Tarchevêquc Burchard, son fils, ni à ceux qui lui ont succédé, qui ne font rien i\ mon sujet, je m'attacherai seulement à ce que dit le sieur Duchesne en son histoire de Bourgogne (1. 3, f. 425) qu'il yen a un, nommé Artaud, mentionné par une charte de Tan 993, avec Tetberge, sa femme, et Hugues, abbé, son frère, qui avaient eu pour
commencèrent de rentrer en la souveraineté du Lyonnais qui avait été éclipsée pendant l'espace de plus de cent vingt ans.
IV. — Il reste ici une difficulté à expliquer, savoir si le Beaujolais était alors de la comté de [Lyon et Forez ou si c'était un pays à part, puisque, dans l'accord fait entre ' les archevêques de Lyon et les comtes de Forez, tous les biens des uns et des autres sont spécifiés et il n'est fait aucune mention des terres de Beaujolais. Outre que Tépitaphe d'Artaud, faisant mention des comtes de Lyonnais et Forez appelle simplement Umfroy seigneur de Beaujeu, ce qui n'eût pas été nécessaire d'exprimer si Beaujeu eût fait partie de la comté de Forez; outre que le château de Beaujeu se trouvant dans le diocèse de Mâcon, il y a plus d'apparence qu'il ait été membre de la Bourgogne que du Lyonnais ou Forez ; mais que, par la suite du temps, les seigneurs de Beaujeu s'étant agrandis et ayant étendu les bornes de leur seigneurie dans la Bourgogne et dans le Lyonnais pendant les troubles qui pensèrent accabler la France sous Charles le Simple et ses descendants, le pays et l'étendue de leur juridiction et domaine, aussi bien que ceux de delà Saône qu'on appelait Beaujolais, a parte Imperiiy ont retenu le nom de la capitale et première ville qui leur avait appartenu, puisque c'était leur château et le lieu de leur demeure, où chacun albit répondre auparavant * la fondation de Villefranche. Et même, dans les premiers temps de cette nouvelle seigneurie, on ne parlait point du Beaujolais et les seigneurs ne prenaient autre quaUté que celle de seigneurs de Beaujeu ; et, si M. le Laboureur ^ dit que Conrad confirma, Tan 971, i\ Tabbé de TIle-Barbc, ce que lui et son église possédaient dans le Lyonnais, Forez et Beaujolais, cela se doit entendre de ce qui était dans les comtés de Lyonnais et Forez, que depuis on a appelé Beaujolais, car la bulle ne fliit aucune mention du Beaujolais, oui bien de Forez, ce qui fliit voir qu'une partie du Beaujolais était comprise dans le Forez, et une autre partie dans la Bourgogne, où les premiers comtes de Forez avaient acheté ou usurpé le château de Beaujeu qu'ils donnèrent A leurs cadets pour servir de défense à leur état de ce côté-h\.
I. L, T, C, V : avec. — 2. L, T, C, B, V : avant. — 3. G : Hist. de TIle-Barbe, f« 107.
tés de la vie humaine, soit en vignes, soit en grains, pâturages, jardinages et arbres fruitiers. Les deux rivières de Loire et de Saône lui apportent non seulement les richesses de toute la France, mais encore celles du Levant par la mer Méditerranée, et du Ponant par la Loire.