‹ Mémoires de LouvetChapitre 86 sur 109 · DE LA CHATELLENIE DE BELLEVILLE ET DE SA MARCHE ET ANNEXES · texte numérisé non relu

DE LA CHATELLENIE DE BELLEVILLE ET DE SA MARCHE ET ANNEXES

SOMMAIRE. — I. Bellmlle. —IL Draciet le fief de Balleure. — III. Saint-Jean-iTArdiéreSy les fiefs de l'Ecluse et Pi^eys, — IV. TaponaSy le fief de Laye-Ponceion. — F. Saint-Lagier et le fief de la Pilonière. — FI. De Courcelles et de F arriére-fief de La Roche. — FIL De Cercié et du fief de La Terriére et de Tanay. — FUI. De Lancii. — IX. De Fleurie et de Poncie et du doyenné d'Arpayi. — X. De Fauxrenard et des fiefs de Thily Salagny et Les Che:(auXy et de Laissus, arrière-fief — XL De Chiroubles. — XII. de Fillié et des fiefs de Foncraine et de La Butinière. — XIIL De Lantignié. — XIF. De Chesnas. — XV. ly Emeringes et du fief de La Court. — XFL De Jullié. — XFII. De Julliénas. — XFIII. De Cenves et Burne^ay. — XIX. IfOuroux et de NagU'Farennes et des prévôtés d*Allognet et de Coux. — XX. De Saint- Jacques-des-Arlts. — XXI. De Saint-Mammert et du fief Saint-Jullien. — XXIL UAdvenas. — XXIII. De Trades. — XXIF. De la Che^e et Bussie. — XXF. De Saint-Christophe-la-Montagne etdufiefBacot. — XXFI. De Saint- Pierre-le-Fieux. — XXFIL De Montsous. — XXFJII. D^Aigueperse et de son chapitre, et par qui il a été fondé , et de la paroisse de Saint-BonnetHTAigueperse. — XXIX. De Matour. — XXX. De Dompierre. — XXXL De Saint-Igny-de-Fers. — XXXII. De Proprières.

I. Bellevilhy 26* paroisse. — J'ai dit dans le titre de ce chapitre le mot de sa marche pour autant que toutes les paroisses qui sont dans Tordre du département des tailles, depuis Belleville qui est au n° 26, jusqu'à Beaujeu qui est 59, ne sont pas toutes de ladite châtellenie, bien loin de là, la plupart ont leur seigneur en toute justice, et

venant, jusqu'à la valeur de sept ânées de blé et j'ai lu, dans le trésor de Villefranche, que, Tan 1507, il s'y trouva 348 prêtres, tous nommés par leurs noms et surnoms, qui y dirent messes comme ils sont marqués dans un rôle du sac C. 2 du i*'' coffre, à tous lesquels et aux officiers on donna à dîner au logis de l'Écu, qui coûta 8 livres, et encore fallutil compter 30 sous de poisson qu'on avait omis au compte de Tannée précédente. Mais, depuis quelque temps, personne n'y assiste plus et l'on a joint les sept ânées de blé à la Charité de ladite ville et Ton dit seulement une grand'messe à diacre et sous-diacre et, après l'évangile, un père cordelier fait l'oraison funèbre de ce prince et, pour son payement, il a demi-pistole du fermier de Mademoiselle. Audit service peuvent assister tous les prêtres du voisinage et y dire messe, etc.

Le* officiers de Belleville, juge, lieutenant et procureur fiscal ont chacun 3 1 sous 6 deniers pour leur assistance et tout prêtre qui s'y trouve, quand il y en aurait un cent, perçoit, ce jour-là, dix-sept sols six deniers et demi, à la place du dîner et des cinq sous, parce que chaque prêtre ou curé circonvoisin y menait avec soi son clerc qui disait bonne chère à l'abbaye, les curés étant bien aises de faire du bien à leurs valets aux

quelques conférences, convinrent unanimement qile l'hommage demandé par le comte de Savoie lui était dû incontestablement. Louis de Bourbon fut obligé d'en convenir, mais il demanda du temps et différa de rendre ce devoir, il demanda même une nouvelle journée à Villars, en Bresse, pour se procurer des éclaircissements. Il y eut des députés de part et d'autre, et comme il n'était pas possible de se refuser à l'éxidence dos droits du comte de Savoie, il fut convenu que Jean de Bourbon, comte àc Clerniont, fils aîiic du duc do Bourbon, ferait l'hommage au comte Amô VIII, convention à laquollo lo duc do Bourbon consentit. (Hist. universelle depuis le commcncoment du monde jusqu'à prosent, tom. 82 et moderne tom. 42 ; Hist. de Savoie, page 235, éd. in-i2 1785. Nicolas Gilles, Hist. chron. de Charles VI. Paradin, Chron. do Savoie.) Le duc de Bourgogne avait fait un traité do ligue avec le duc de Savoie contre le duc do Bourbon par loquol ces deux confédérés résolurent de demandera Jean, duc de Bourbon, los hommages dos lîefs qu'il tenait d'eux, s'engageant, dans le cas do refus, do leur lairela guerre, statuant que tout ce qu'ils conquerraient dan> le Beaujolais et au-delà de la Saône demeurerait au duc de Bourgogne et que tout ce dont ils s'empareraient en dc<;\ do la môme rivière resterait au duc de Savoie. Ce traité conclu, le duc de Bourgogne rassembla ses troupes et fondit sur le Beaujolais, prit Bollovillo, plusieurs autres châteaux et ravagea cruellement le pays. Mais, pondant qu'il oxorçait ces hostilités dans lo Beaujolais, le duc de Bourbon commettait dans le Charnlais les mômes dévastations. (Hist. univ., tom. 82 et moderne 42. Hist. de Savoie, p. 293. Hist. de Bourg., ChrcMi. de Savoye. Chieza.)

épens d'autrui ; depuis que ce dîner a été converti en argent, chaque >rêu:e y va seul. Or le sujet pourquoi les officiers ni les gentilshommes ly assistent plus est venu qu'une année, je ne sais précisément aquelle, M. de la Terrière, lieutenant général de la province, y issistant avec la cape et Tépée, comme on dit, botté et éperonné, voulut )récéder à l'offirande tous les gentilshommes, ce qui mit le désordre, es gentilshommes disant que, s'il marchait en qualité de lieutenant général, avec sa robe et son bonnet, ils ne lui disputeraient pas le pas^ mais qu'ils ne souffiriraient pas qu'il marchât, en qualité de gentilhomme, ^u'à son rang. Depuis cette année-là, personne n'a voulu y assister et les moines ont aboli le dîner et l'ont converti en argent. Il y a toujours un cordelier de Villefranche qui y va faire Toraison funèbre; je n'ai pu trouver dans Belleville ni ailleurs la fondation d'une telle solennité; je crois pourtant qu'elle vient d'Edouard, fils et successeur de Guichardle-Grand, à ce que j'ai vu d'un fragment de son testament, et, dans le trésor de Villefranche, il y a lettre de mademoiselle de Montpensier sur la requête présentée à S. A. R. et à messieurs de son conseil par les consuls de Belleville et les officiers de l'association de la confrérie de la Charité par lesquelles S. A. unit et affecta, à ladite confrérie, l'aumône le sept ânées de blé seigle, payable par an par les fermiers de Beaujeu et de Tourvéon, la veille du vendredi avant la fête de Saint-Denis, de chaque année, en ladite ville de Belleville, en date du I2 octobre 1621.

n y a, dans le trésor, un dénombrement rendu par messire Philippes Je Chiel *, abbé dudit lieu, pour rentes à prendre sur les héritages sis es paroisses de Saint-Lagier, Charantay et Oudenas, qui avaient été icquises es années 1528, 1529, I53r, 1532.

Les privilèges de cette ville furent confirmés, par lettres patentes de !a Majesté, au mois de juillet 16 19, avec la création de deux foires par n que M. Jean, duc de Bourbon, leur avait accordées par ses ttres du mois de mai 1457, Tune desquelles est au jour de Saint-

ndré et l'autre '

Don de la châtellenie de Belleville et péage de Beauregard au comte uido Ras Lyon 5, chevalier de l'ordre, qui avait servi Sa Majesté en ilie, à La Balme en Dauphiné, le 13 avril 1537 ^.

î. Les rass. portent Déchiré. — 2. Blanc dans le texte des manuscrits. — 3. L, T, B : Rangoii. J : Rarbon. — 4. G : fol. 210 du vol. $.

tout le droit qu'il pourrait avoir auxdits biens^ au moyen qa'ikki avaient remis le château^ la justice et la châteilenie d' Ambérieo, a davantage, ladite dame Anne transporta, audit Antoine et aux âens^ tous les droits et actions dessus dits et tous autres qu'elle poamdt avoir en ladite seigneurie du Thil et ses appartenances, à la réserve seokment du fief, ressort et supériorité, i cause de sa seigneurie de Beaujolais et outre, parce que par ladite transaction ledit M. Pierre ans baillé auxdits Jacques et Jean et leurs hoirs la justice haute et mqyeoac avec toute juridiction en toute la terre du Thil et paroisse de Vam- Renard, où ils avaient seulement la basse justice, jusqu'à 60 sons mnois, ladite dame remit audit Antoine et à sa femme, Antoinette k Mommay, et à leurs en&nts légitimes, la haute et moyenne jusnce fî lui était avenue par cause d'inhabilitation illégitime et mqyenoiit mille écus d'or couronne qui lui furent payés. Quelque temps qris, M. le duc Charles, connétable, leur bailla et transporta 32 hommes ci feux de la paroisse de Vaux-R^;nard, et pour de là en avant îm guet et garde en la forteresse du Thil et. Tan 1539 et le 12 jsnner, noble Antoine de Sainte-Colombe, écuyer, donna le dénombrement et fît les foi, hommage pour son château, terre et juridiction du Vi, assis en la paroisse de Vaux-Renard, où il disait avoir toute justice haute, moyenne et basse.

n y a au trésor de Beaujolais, vol. IX, fol. 174, lettres d'érectioede la chitellenie du Thil en vicomte, faite par le roi Louis XDI, k 20 octobre 1634.

Le second fief est Salagny, possédé par les seigneurs de ce nom, dont il y a eu un évoque de Mâcon comme j'ai fait voir au chapitre des hommes illustres, puis par celle de Varey, dont il y a eu un dénombrement du 8 février 1539, par noble Claude de Varey.

Le troisième fief est celui des Chezeaux^ possédé par la maison J« Siunt-Roniain, puis par celle de Nagu-Varennes, et depuis ' ces trois fieb, le Thil, SaLigny et Les Chezeaux, sont possédés par le sieur de Chevrier Je Saint-Mauris, comme appert d'un dénombrement du 28 man 1601, \\\v noble Laurent de Chevriers, pour lesdits châteaux et terre du Thil, La généalogie de la maison de Saint-Mauris a été amplement décrite par le révérend père Ménestrier de la Compagnie (fc

I. T (vrtc : « Il \ a que ces trois ficfs », au lieu de « et depuis »,

XV. EsmeringeSy 40* paroisse. — Pays de vignoble, du diocèse de Mâcon et de la collation de Cluny, et le curé est seul décimateur dans toute la paroisse.

Le fief s'appelle La Court' qui appartenait, en 1539, à noble Jean de Sainte-Colombe qui en fit le dénombrement le 19 * février pour sa maison, granges et pourpris de La Court en la paroisse d'Emeringes.

Autre dénombrement, du 15 avril 1551, pour les mêmes choses, par Benoist de Peyrieu, écuyer, mais, depuis, la justice dudit fief et de ladite paroisse fut acquise, Tan 1602, par le seigneur de Saint-Mauriz Chevrier.

XVL Julliéy ^V paroisse. — Bon pays de vignoble, du diocèse de Mâcon, dépendant de Cluny qui y dîme m integrum et donne portion au curé qu'on appelle le petit dîme.

Il y a un prieuré de la fondation de M. Gayot, trésorier de France en la généralité de Lyon, qui en est nominateur et collateur par la remise que lui en fit Tabbé Charrier, obéancier de Saint-Just de Lyon, aux conditions d'établir un prieuré dans Jullié, qui a coûté 16.000 livres.

La seigneurie est au sieur Charrier, procureur du roi en ladite généralité de Lyon, comme seigneur de La Roche, maison basse, mais noble et seigneuriale.

paroisse ne consiste aujourd'hui qu'en vins qui sont les plus estimés de la province et s'enlèvent toutes les années pour Paris.

Cette terre fut vendue, le 22 octobre 1701, par haut et puissant seigneur, M. Louis de Poudras, comte de Château thiers, chevalier, seigneur de Matour, La Bussière, Saint-Pierre-le- Vieux, Pont-à-Malix, Naix, Chénas, La Tour du Bief et Fief et autres places, à M. George- Antoine Charrier, chevalier, seigneur de La Roche, Jullié, Jul- Hénas, Vaux, Saint- Jacques-des-Arests, La Charmes et autres places, conseiller du roi, lieutenant particulier en la sénéchaussée au présidial de Lyon, au prix de 88.500.

Guillaume Charrier, président en la cour des Monnaies de Lyon et lieutenant particulier de ladite ville, possède aujourd'hui cette terre qui lui a été remise par George Antoine Charrier, son père; elle vaut plus de 8.000 1. de rente, y compris le Fief.

La justice de cette terre est fort grande ; elle s'étend sur la montagne de Rémon ; la rente noble est considérable par rapport à la valeur des fonds qui y sont chers et précieux.

La maison qu'on nomme Le Pief est située au bas de la montagne de Rémon ; elle appartenait autrefois aux Chanoriersqui n'y avaient point de justice ; elle fut comprise avec les fonds en dépendant dans la vente faite par M. de Châteauthiers à M. Charrier. »

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