DE M. DE POMPONNE
qualité d'ambassadeur extraordinaire: vous jugez quelle en esl m;» joie. Cest !<■ plus l>cl emploi (jii homme de robe ail eu depuis longtemps; il est. capable d'ouvrir le chemin à toute- choses; la compagnie de M. de Verneuil l'honore et ne lui dérobera rien, comme vous
n'en doutez p;i», de l'honneur «lu sucrés. NOUS
souhaitons échangement et accommodement;
ce qui nous tireroit de la uécessité de nous déclarer pour les Hollandais ou de rendre les Anglais maîtres absolus de la mer. C'est aujourd'hui l'unique et la plus importante affaire
que nous ayons.
M. ii ili loir.
.1 achève ce soir cette lettre que j'avois commencée ce matin. J'ai été à onze heures chez la reine, et je suis entré à son habillé avec M. de Bertillac; elle m'a reçu avec un visage très favorable, et elle m'a dit, après que je lui eus fait mes remerciements, qu'il n'avoil pas tenu à elle que je ne lusse revenu il va long-temps. Je lui ai témoigné combien j'avois dereconnoissance de ses bontés , et elle a ajouté que je savois quelle étoit son affection pour moi et pour toute1 la famille, à un point près toutefois (i), et elle a dit cela en riant. M. de
(i) Voyez la lettre 3 ci-de»sus, paç. 4% de ce volume.
Bertillac a dit que cela ne s'étendroit pas jusqu'à moi, qui n'entrois point dans ces sentiments. Vous croyez bien que j'ai assez de politique, etquejavois assez d'envie de ne me pas attirer une dispute pour ne pas le désavouer. Cela s'est passé en riant et d'un air fort bon et fort obligeant du côté de la reine. Je lui ai trouvé le même visage, quoique par ces froidsci elle ait senti quelques petites douleurs ; elle n'en va pas moins en masque ce soir. Je n'ai plus de cour à faire qu'à Monsieur et à Mademoiselle. Après cela je me débarrasserai des visites dont j'ai fait fort peu jusqu'ici, tant à cause des plus importantes que j'avois, que parcequ'il est très difficile d'aller par Paris avec cette quantité de neiges.
On instruit criminellement le procès de M. de Guéuegaud sur de certaines ordonnances de voyages que Ton prétend n'être point véritables ; mais quand cela seroit, la chose ne devroit point retomber sur lui, puisqu'il suffit qu'il paie sans qu'il examine autre chose que l'ordonnance du secrétaire d'état ou du surintendant. De la manière que l'on m'a expliqué la chose, il ne me paroît y avoir rien à craindre (i).
(i) Enveloppé dans la disgrâce du surintendant Fouquet , M. de Guénégaud , trésorier de l'épargne , fut con-