‹ Mémoires de M. de CoulangesChapitre 30 sur 46 · DE M. DC POMPON NI · texte numérisé non relu

DE M. DC POMPON NI

Du nuiuc nu nu'mc.

Ce vendredi matio i.{ février i

Je reçus bief votre billet ée dimanche, au

jnoincni dû idn \riKii! de porterie paquet que

je vous envovois. Je TOUS rendois compte de

mes salutations au r<»i al à la reine-mère

Jaclie\ai liier le reste do DM6 COUTS, Je ni- le malin Aloxsii i i; , doin je ftlS reçu le plus obligeamment du monde; il m'a temoieue par son visage et par ses paroles qu il «'toit bien aise <le me revoir. Je fus L'après-dfaer cbea M \ fum* >ijsi I F r. , et ma COUr se passa comme vous le croyez, et comme je le pOUVOÎS de-irer. l'Ile me demanda fort d'fi nos nous elle-: lorsque je nie etiftSoifl pom me retirer, elle se leva pour

duit à la lî.i-nll.- au m. ii, il.iviil |663. ■/'"!'-■: i«> M, moires pour sertir à l'histoire de M. /». , |>.i;; i j •.) Ce petit volunii , iiiipuini- en t6ÔB, ej ijue Colbert a Fait supprimer avec soin, esl curieux el rare; mais, comme tous les Uvnei de parti, il doit être lu avec précaution. ( Voyez la BibUolhtijuc UUloritjue du V. Leloue; , n" 233«j6.)

venir à moi, et me chargea d'un compliment particulier pour vous; elle me témoigna encore plus quelle ne Favoit fait devant le monde , combien elle avoit eu de douleur du fracas de Port-Royal, et combien elle s'intéressoit à tout ce qui vous regardoit. Elle avoit déjà dit tout haut quêtant allée à Sainte-Marie , elle y avoit demandé à voir matante et ma sœur (i), après s'être bien déclarée qu'elle n avoit en cela nulle curiosité, mais quelle les regardoit comme étant dune famille quelle affectionnoit, et fille et sœur de gens qui étoient de ses amis ; que Ton lui en fit difficulté sur l'ordre exprès de M. de Paris, et qu'enfin s'étant retranchée à celle qui avoit signé (2) , elle ne put même l'obtenir, quoiqu'elle répétât fort qu'elle ne vouloit autre chose que lui donner des marques de l'amitié qu elle a pour toute la famille.

(1) La mère Agnès, ancienne abbesse de Port-Royal, sœur d'Arnauld d'Andilly , et Angélique-Thérèse d'Andilly sa fille, avoient été conduites, le 26 août 1664, du couvent de Port-Royal à celui de la Visitation du faubourg Saint-Jacques. M. de Perefixe, archevêque de Paris , avoit expressément défendu de les laisser communiquer avec les personnes du dehors , et madame de Sévigné, de même que mademoiselle de Montpensier, ne put parvenir à leur parler. ( Voyez la lettre 35 de notre édition.)

(2) Angélique-Thérèse Arnauld avoit signé le formulaire. [Voyez la lettre 33 de madame de Sévigné.)

DF. M. I> i: l'UMhiWI. [8l

après avoir fait ces premières courses <!<•

eour et <le ministres, je vais en commencer de

plus longues chez fouie- les personnes c|ue j ai

►ir, «|i i< »i<j ïi*~ ce .^<>it une grande affaire de

marcher dans le déluge des rues de Paris.

La seule nouvelle que je puisse VOUS apprendre sera celle d'un mariage, où \ prendrez quelque intérêt. Ces! celui «Je mademoiselle du Plessis(i). La eh rt avancée avec M. le marquis de Gaderousse , le plus grand seigneur du Gomtat, <le Ton grande maison, ne\ eu de M. de < tordes (a); il n'a plus de père, el n'a que vingt ans, parfaitement bien lait ; il promet beaucoup. (I a \ ingt mille

écUS de rente cl un procès quil a déj

(i) Ciaire-Benedictine «lu Plessis-de-Guénégaud fut mariée, en i665, à Juste-Joseph-François de Cadartd'Ancézune , duc de Gaderousse. Elle mourut en décembre 1675.

(2) François de Simiane, marquis de Gordes, grand sénéchal et lieutenant-général en Provence, chevalier des ordres du roi. Marguerite «le Simiane, sa soeur, veuve de Gaspard de Forbin, avoir épousé en secondes noce-, Rostaing-Gadart-d \ . marquis de Cade-

rousse ; '-Ile en eut le fils dont il est ici au tstion. 1. 1 1 de Gaderousse avoit été éi ■• en marquisat eu Faveur du père de Rosi ing, rai ai >il ru l'hon r d'y recevoir Louis XIII. 1. petit-fils qui épousa m moiselle de Guénégaud avoit 1 té en 1 13, pat

le pape Alexandre VII.

par un arrêt contre la maison de Tournon, qui lui doit encore vingt mille livres. On l'attend au premier jour pour terminer l'affaire qui a été toute négociée ici par M. l'abbé de Gordes (i). M. du Plessis donne soixante mille écus à sa fille , outre vingt miile écus qu'il paie en quatre ans sans intérêts; mais on ne parle pas de cet article dans le monde à cause du temps. Il nourrit leurs seules personnes pendant deux ans ; la chose ne se répand pas encore.

M. d'Ormesson se portoit un peu mieux hier, il avoit eu la fièvre.

Il n'y a nulle nouvelle que je. sache; ma femme est presque guérie de son rhume, et elle vous embrasse de tout son cœur.

Du même au même.

A Paris , ce vendredi au soir 18 décembre iGG5.

Je crois vous voir bientôt , car c'est tout de bon à cette heure que je pars. Il ne s'en

(i) Louis-Marie Armand de Simiane , abbe' de Gordes , premier aumônier de la reine , évéque de Langres en 1 67 1

Dl, M. Dl hi.\l l'DN Mi.

fallut guère bierque je ne rompisse, et je l'aurnis fait , si j avois cru Le faire sans me perdre.

AI. do Lyonne, que j'avoiâ toujours | «le faire déclarer mes appointements, me <1il hier matin que le roi les avoil réglés à 6,000 < pin- an. le lui dis que , sur ee pied , il m étoit impossible de malle» ruiner; je lui représentai le peu de bien , et ta quantité d'enfants que j'avois; qu'enfin, quoique je me visse entre deux précipices, on de voirie roi mécontent, ou de ruiner mes enfant - , j'aimois mieux tomber dans le premier^ que je le conjurois de nie débarrasser de (ambassade, comme je lin avois eu L'obligation de me la procurer; que s'il voulait toutefois mire 1 noitre au roi que je souhakois ardemment de le servir, et de le sei vir -ans Intérêt , je le priais de lui dire quej'étois prêt a partir avec deux ou trois personnes; queje trakerois l'affaire qui! m'avait confiée, et que prétextant

l'hiver et la difficulté de la nur. je 1 point venir mon équipage, en disant toujours qu'il devoit suivre; qu'ainsi il lui encoûteroifl fort peu de chose. Il approuva cet expédient et me conseilla d'en parler à M. Le Telber; je vis ce dernier à l!i- me; il entra ;!

mes sentiments, ainsi que M. de I lait. Tous deux en parlèrent l'après-dll au conseil, et ce matin M. de Lyonne nia dit

que le roi m'avoit augmenté de 2,000 écus par an ; et que Ton in avancèrent présentement 8,000 fr. sur Tannée. J'ai encore combattu contre ce pacte ; mais plus j'ai crié , plus il m'a dit que je me moquois, que je dépensasse suivant ce que l'on me donnoit ; que le roi ne vouloit point que je le servisse de mon bien , mais de ma tête seulement ; que quelque petit train que j'eusse , on n'y trouveroit point à redire : enfin il m'a tant redit cela, et je lui ai tant redit que je vivrois avec une grande parcimonie, que je suis demeuré d'accord de prendre l'emploi. Il m'a dit ensuite qu'il falloit que je prisse aujourd'hui congé du roi , et qu'il lui avoit dit que je partirois dimanche. J'ai donc été au Louvre, un peu devant que le roi n'allât au conseil; M. de Lyonne m'a fait entrer dans la chambre du roi où il n'y avoit que lui et M. Le Tellier qui m'a fort servi en tout ceci. Le roi étoit dans l'embrasure de la fenêtre; je me suis approché de lui, et après l'avoir salué, je lui ai dit que je ne pouvois assez lui témoigner mon extrême reconnoissance de l'honneur qu'il m'avoit fait , et que je ne pouvois assez y répondre par mes services , et par toute mon application. Après lui avoir dit cela ou quelque chose de semblable , il m'a dit que bien quil ne me connût point , il avoit tant ouï parler de moi qu'il en

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