DE M. DE POMPON NT
ce ne serait que par les prières que nous voua en faisons. -I ;ii encore un grand scrupule, que
le tourment que VOUS \<>u-> donne/ de nos
affaires ne contribue à votre mal. Si cela est, autant je vous suis obligé des extrêmes soins que vous <-n voulez prendre, autant je vous le
scrois de les abandonner. Au nom de Dieu, pour vous et pour nous, ménagez mieux i otre santé. Mon père me mande la pensée qu :l .1 de garder ce! biver mon lils (1) auprès de lui. Je n'ai pas seulement une extrême satisfaction qu'il puisse déjà contribuer en quelque ebose à le divertir, mais je trouve tant d'avantage pour cet enfant dans cette proposition que j'en suis infiniment obligé à mon père. Il apprendra mille eboses auprès de lui , qui ne seront pas le latin ni l'ouverture à l'étude, mais qui valent incomparablement mieux, et qui seront comme des semences qui se nourriront tout doucement pour le rendre un jour homme de bien
(1) Nicol.is-Simon Arnauld , marquis do Pomponne après Bon père , lieutenant -général au gouvernemenl de l'Ile-de-France. Il mourut à Paris le ;i avril 17^7. saw laisser d'enfants. 11 ne resta plus de cette famille (pie Henri-Charles Arnauld , dit l\il>hr <lc Pomponne , conseiller d'étal d'église, el chancelier des ordres du roi, qui mourut en 1756, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. tn lui s'éteignit ta Camille des Arnauld.
et honnête homme ( i ). Ma femme est seulement en peine du besoin qu'il a d'être encore sous ses yeux, pour mille choses à quoi les hommes ne «entendent point. Mais Faffectiôn de madame Hippolyte supplée à tout, et je vous prie de lui bien témoigner la confiance que j'y aurois pour des choses beaucoup plus importantes. L autre scrupule de ma femme est pour le besoin de lui former le corps , en lui montrant à danser. Mais outre que rien ne presse encore extrêmement , et vous et mon père empêcherez assez qui ne prenne un méchant air et de mauvaises habitudes ; c'est le principal , le reste s'apprend aisément après. Je voudrois qu'il eût au moins cinq ou six ans de plus qu'il n'a, tant je comprends que les choses que mon père lui pourroit dire, dans ses heures inutiles, se pourroient graver utilement dans son esprit.
Je me suis toute ma vie aperçu que les choses que mon oncle de Pomponne (2) me
(1) Ces deux expressions ne sont point synonymes. * L'honnête homme, dit Bussy-Rabutin , est un homme « poli et qui sait vivre; l'homme de bien regarde la reli- « {'.ion. » (Lettre à Corbinellr, du 6 mars 1679, n° 6^9 de notre édition.) Honnête homme se prend aujourd'hui dans le sens de la probité.
(2) M. de Pomponne-Hacqueville , oncle maternel de II de Pomponne. Il mourut en 1649. ( Voyez les Mémoires de l'abbé Arnauld, IIe partie, pag. 159.)
DE M. l»r POMPONNE. r>20,
racontoil à Garges, lorsque j j passai un bivei a\ (■<• lui, après ma petite vérole (i , nes'étoient jamais effacées de ma mémoire, < i quelles <>ut fait ma première ouverture pour î;i connoissance des cour-, des pays, des affa res et coutumes étrangères ; même mille choses d'histoires, que j ;ii toujours retenues: car comme il ;i\ oit beaucoup \ oyagé <"t beaucoup lu , il avoit nue grande instruction. M. d'Angers [Henry ArnauLd) depuis, sur l'histoire etsur la généalogie, m'a om ci t L'esprit sur ci- que je -.h-. Aussi je crois que rien n est plus utile pour un enfant que de se trouver dans un domestique éclairé, et <!•' n'entendre rien dire qu'il ne lui soit avantageux de retenir, au lieu que i Les familles ordinaires, il importe qu'ils oublient la plupart <!<•> fadaises qui en font !.i ( onversa* tion. Ainsi je le remets, de tout mou <•< m . sou* le gouvernement «le mon père et sous 1<.' yôtre. Bonjour, mon très cher frère, je vuu3 embrasse de tout mon cœur.
(i) Pomponne etoit alors au collège de Lizicux. (/' les Mé$wim déjà eues. I11 p. une, pag. 5.)
«vv\vx\vvvvx\vvvvi/vvvvvvtvvv\^xvvxvvvvvvvvvviavvvvv**.
Du même (1) à M. d'Andilly.
A Lille, ce 17 fe'vrier 1669.
Je vous écrivis en passant à Péronne ; nous vînmes Je lendemain coucher à Arras (2) ; mais comme la journée est longue , les chemins effroyables, et que l'essieu de la chaise se cassa, nous y arrivâmes fort tard, par le plus grand vent et la plus forte pluie qui fut jamais. Cette
(1) M. de Pomponne étoit revenu, en 1668, de son ambassade de Suède , et il venoit de recevoir une semblable mission auprès des états de Hollande. ( Voyez les Mémoires de l'abbé Arnauld, IIIe partie, pag. io4)
(2) Dans une lettre adressée à madame Ladvocat , sa belle-mère , M. de Pomponne dit qu'il fut reçu à Arras par M. de Montplaisir, lieutenant de roi de cette ville. M. de Saint-Marc, dans l'édition qu'il a donnée en 1759 des poésies du marquis de Montplaisir, dit qu'en 1659, ce dernier étoit lieutenant de roi d Arras, mais il ignoroit ce qu'il étoit devenu depuis. Il conserva cette charge jusqu'à sa mort , arrivée au mois de juin 1684, comme on le voit par ce passage de Dangeau : « On apprit , dit- <i il , la mort de M. de Montplaisir, lieutenant de roi « d'Arras , homme fort connu par plusieurs bons en- <! droits » ( ; 5 juin 1684)
D i m ni l'nM i'<>\ N i 53 1
fatigue, qui nie meltoit. eu peine ]>our mi
Femme, lut rétablie par la bonne chère et j>.n le bon logement que M. abbé de Saint -Éloy, frère de M. L'abbé Le Roi i . voulut ;i route force que nous prissions chei lui. Nous ne fî nés Le lendemain (pie quatre lieues pour v nu « <>u< lin- a Lena . si avamvhier nous arrivâmes eu cette ville, où ML CouTtin et M. Pel* letiei-(->), frère <le M. le j)ic\ ûi des marchands , qui est intendant, et nous eut voulu Loger, nous ont encore retenus tout, aujourd'hui. S i is en partirons demain pour aller .1 ( !ourtr.ii , Le Lendemain à ( rand , et de Là en uu joui- et demi ;i Anvers. I \ trouverai . je crois, un vaisseau que j'ai «lit que Ton m'amenai «le Hollande.
Ma femme a trouve' i< i madame La maréch 1!" «I I Lumières , qui n'a oublie aucune sorte de civilité , et qui ;i peut-être ajouté .1 ce qu'elle vouloit donner au caractère que je
(1) Guillaume Le Roi . abbé* de Eautefontaine, homme d'une grande piété , mais qui avoii embrassé les opinions de Post-Royal ior la grâce. Il a laissé be inconp d'ourra-
d faveur <!<• la doctrine attribuée •• s lint Augustin. Il
mourut le rg mai i il -; \. I. 'abl i de Saint-Eloy, son frère, mourut .m mois de feVriei i
(2) Michel Le Pelletier, frère do eontroleui
Il mourut doyen de» conseillers d'état, le 10 décès**
bre 1725.
porte, quelque considération pour mon nom; car elle est non seulement fort amie de madame de Longueville ( i ), de madame de Liancourt (2) et de mademoiselle de Vertus (3) , mais non moins zélée qu'elles pour la vérité quelles aiment. Ce qui m'a paru singulier, c'est que cette cause n'avoit pas moins de partisans à Lille qu'à Paris , et que la seule qualité de neveu de M. Arnauld {Antoine) m'a attiré quelques visites. Plus on voit ce partage de sentiments, plus on doit bénir Dieu de la paix qu'il vient de donner à l'église , et par laquelle il faut espérer qu'il réunira tous les esprits. J'aurai grande impatience d'apprendre en
(1) La duchesse de Longueville , sœur du grand Condé. Elle demeuroit à Port-Royal, et en protégeoit les écrivains. ( Voyez la note de la lettre 742 de madame de Sévigné. )
(2) Jeanne de Schomberg, mariée en 1620 à Roger du Plessis , duc de La Roche-Guyon, seigneur de Liancourt. Arnauld-d'Andilly lui a adressé plusieurs de ses lettres. Elle mourut le \!\ juin i6j4- Sa fille unique épousa, en i65c), le prince de Marsillac, fils de l'auteur des Maximes , et elle apporta dans la maison de La Rochefoucauld le duché de La Roche-Guyon et la terre de Liancourt.
(3) Catherine-Françoise de Bretagne , sœur de la duchesse de Montbazon et de l'abbesse de Malnoue. Elle s'étoit retirée à Port-Royal, et elle y mourut le 21 novembre 1G92.
D] m. 1.1 POMPONNE.
Hollande ce qu'elle aura produit pour Port- Royal, ei je veux croire que les Bacrements y soin à cette beure rendus. I<< reste Buivra bientôt . s'il plail ;i I lieu (i).
Vous roulez bien que cette lettre vous son commune arec mon frère; ma femme et moi nous vous saluons très bumblement, ci nous i embrassons de tout notre cœur.
Be LOUIS XIV à M. de Pomponne (a).
A Versailles, le 5 septembre 1671.
En recevant cette lettre , vous aurez des sentiments bien différents. La surprise, la joie
(1) Les quatre évêques, sans rétracter leurs m 1 1 1 «I<^ ments, avoienl fait signer le formulaire dans leurs dio-
- . 1 ne obseï ration . qu'au regard <li
l église n <'lili;;( oil qu'à nue soumission de respect el de Le pape Clément IX déclara, par une bulle do inviei 1669, qu'il étoit satisfait, el il parut fermer ai -m la restriction appoi tée < •
rut ce qu'on appela la paix ie Clénu ni !\ , on la paix de . Une m< d lille fui fi ipp< e, sur laquelle il faut \ b les observations du P. «TAvrîgny, dam chttmole fiques.
(Vi Il s'est trouve dans les papiers de Pomponne une
et l'embarras vous frapperont tout ensemble , car vous ne vous attendez pas que je vous fasse secrétaire d'état, étant dans le fond du nord. Une distinction aussi grande , et un choix fait sur toute la France ', doivent toucher un cœur comme le votre , et l'argent que je vous ordonne de donner peut embarrasser un moment un homme qui a moins de richesses que d'autres qualités. Après avoir fait ce préambule , je vais expliquer en peu de mots ce que je fais pour vous. Lyonne étant mort (i), je veux que vous remplissiez sa place; mais comme il faut donner quelque récompense à son fils , qui a la survivance , et que le prix que j'ai réglé monte à 800,000 liv., dont j'en donne 330,000 par le moyen d'une charge qui vaque (2), il faut que vous trouviez le reste. Mais pour y apporter de la facilité , je vous donne un brevet de retenue des 5oo,ooo liv. que vous devez fournir, en attendant que je trouve dans quelques années le moyen de vous donner de quoi vous tirer de l'embarras où mettent beau-
copie de cette lettre de la main d' Arnauld-d'Andilly • Nous croyons utile pour l'histoire de ne point laisser ce monument dans l'oubli.
(1) Le Ier septembre précédent.
(2) La charge de premier écuyer de la grande écurie.
DE m. r>r. POMPONNE. 535
coup de dettes.Voilà ce que je fais pour vous, n ce que je veux de vous.
Travaillez cependant à mettre mes affaires en Suéde en état de voua rendre bientôt aupr< - <li- moi. Je vous, envoyerai un successeur qui Tvira de vos gens pour le temps <jh il devra demeurer ou vous êtes; et vous parure/, pour vous rendre auprès de moi, pour consommer pleinement la grâce que je vous fais, qui ne paroft pas petite à beaucoup de gens. Elle \ous marque assez l'estime que je fais de votre personne, -.in- qu il >'>it née* --.tue ipie j'e:i dise
davantage. Vous donnerez créance à ce que vous dira ce porteur, et me le renvoyerez aussitôt avec le« éclaircissements que je vous demande sur les affaires dont \ eus êtes chai
Loi
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