partie du conseil de Henri IV, de Louis XIII et de Louii XIV
(ij Olivier LefVlivre d'Ormesson , alors intendant d'Amiens. H tut rapporteur <ln procès de Fouquet, et, par sa uoble conduite, il se priva «le la dignité de chancelier, <|ui lui .nuit (:t(: promise. On connoîl la belle parole de Louis XIV ;i s<m sujet. {VoytzX& note de la lettre 3G de madame de Sévigné, tome r*r, |>. \ i i . 11 mourut le \ novembre 1686. Marie de Fourcy, m femme, mourut au iniii> (l'.ioùt if>8">. Elle éto* tombée ea enfant 1 l.i lettre de madame de Séviçné du i5 août iG85, tome
vin, p. 476.)
(3) Nicolas Lefebvre, seigneur de Lezeau, mort doyen des conseillers d'état, le r déplus
de cent ans.
« Paris; après y être resté un jour et demi, je parce tis pour La Trousse, où j'arrivai le vendredi « au soir, vingt-cinq d'octobre. »
« Il est fort aise' de juger, par toutes les bontés « que mon père a eues toute sa vie pour moi , « que je fus très bien reçu de lui, et qu'il m'em- « brassa avec toute la tendresse qu'un bon père « peut avoir pour son fils. Je me contenterai de « dire que cette entrevue fut très agréable de part « et d'autre, et que je reçus de mes deux sœurs (i), «de madame la marquise de La Trousse, ma «tante, et de mademoiselle de La Trousse, sa «fille (2), toutes les amitiés que je pouvois sou- « haiter. Je restai à La Trousse jusqu'au iende- « main des fêtes de la Toussaint, que j'en partis « avec mon père , pour retourner à Paris. Il me « permit de vendre ma charge de conseiller au « parlement de Metz, dans le dessein de me fixer « auprès de lui. J'en traitai, le i3 novembre i658, « à quarante et un mille livres , et qui étoit qua- « torze mille livres de plus que je ne l'avois « achetée. »
(1) Anne-Marie de Coulanges, mariée, le 18 avril 16G1, à Louis Turpin de Crissé, comte de Sanzei, et Marie- Madeleine de Coulanges, mariée à Guillaume d'IIarrouïs, trésorier des états de Bretagne. Cette dernière mourut le 28 septembre 16G2.
(2) Elle mourut subitement au mois de décembre i685. ( Vojcl la lettre de madame de Sévigné du 19 décembre iG85, tome IX, page 5o. )
01 M, nr COU LANGES.
« Quand cette vente fut faite, mon père ne soni plus qu'à exécuter ^<>n dessein . ei comme il « n\ avoit point <!<• charge qui me convint daa vantage que celle <le conseiller au parlenu m de « Paris, il s'y détermina quoi <|imI en pût coûter; « Néanmoins il ne voulut point traiter avant qu'un « antre ne lui eût montré le chemin; car il esjw - « roit qu'un nouvel arrêté du parlement qui » \- « elnoit les fils et les gendres des traitants, pour- <( roit bien diminuer le grand prix auquel ellt s <( étoient montées depuis ma sortie de Paris. »
« Vers Noël, madame la marquise de Sévigné, «ma cousine -germaine, «lame d'un mérite e\- « traordinaire, et pour laquelle j'ai en, tonte ma «vie, une tics tendre amitié, arriva de ses «terres «le Bretagne, .née M. l'abbé de Goulan- «ges(i), M. de Ghesières, qui L'étoit allé trouver, « après son retour d'Allemagne, et M. de Saint- « Aubin (2), ses oncles et les miens. J'eus la plus «grande joie du monde de les embrasser tous, v< et de voir, par leur arrivée, toute ma Famille « paternelle réunie pour long-temps. »
«M. Fayet, conseiller an parlement de Paris,
(1) Christophe de Coulanges, abbé de Notre-Dame de Livri, <|ue madame de Sévigné appeloit le bon abbé, ou
le bien bon.
(2) Charles de Goulaoges, Beignet» de Saint-Aubin.
(t'oyez le récit touchant que madame de Sevigné i;iit de sa mort dans sa lettre du i<) novembre i(J88, tume IX, p. 34l.)
«traita d'une charge pour M. son fils, et il en « conclut le marché à cinquante-sept mille écus « et deux cents pistoles(i). Quoique ce prix fût un «peu fort, néanmoins mon père crut qu'il n'y « avoit point de temps à perdre ; dès le lende- « main,, 26 décembre i658, il traita de la charge « de feu M. de Champrond , et conclut, aux mêmes « conditions, avec les héritiers.»
« Le contrat passé, on dressa les lettres de pro- « vision , que nous envoyâmes en diligence à « Lyon , où la cour étoit alors , pour être expé- « diées par M. le chancelier. Elles furent scellées « le i5 janvier i65g, et aussitôt que je les eus, je « commençai mes sollicitations. Mon grand-père « et mon père me conduisirent chez MM. les pré- « sidents à mortier et gens du roi , et à l'égard de « MM. les conseillers , mon père seul en eut la « fatigue ; nous fûmes reçus de tous avec beau- « coup de civilité, et nous terminâmes, en quatre
(1) Cette somme faisoit 173,000 livres. On fabriquoit depuis l'année 1642 des louis d'à gent que l'on appeloit vulgairement écus blancs; ils valoient €0 sous , et aujourd'hui ils sont de la valeur de 5 francs 5o centimes. Le marc d'argent étoit alors à 26 livres 10 sous, de sorte que la somme donnée par Coulanges reviendroit à environ 3 17,000 francs de notre monnoie. On est surpris d'un prix aussi considérable, mais il faut se souvenir que, suivant les mémoires du temps, et particulièrement ceux de Choisi, le surintendant Fouquet vendit 1, 400,000 liv. sa charge de procureur-général, et M. de Fieubet offrit 1,800,000 livres d'une charge de président à mortier.
T)F. M. DE COULANGES. Gj
«jours, ces pénibles visites. Je fus admis au serti ment le ?.'i février i(>5ç), et je le prêtai , dans la « grand'cnamsre, entre les mains de M. le présim dent de Lamoîgnon(i). M. le président de Nesv moud vint ensuite, selon L'ordre accoutumé, u m'installer dans la première chambre des t\i- « quêtes, où je fus distribué; MM. Potier de a Blancmesnil (2) et de Maupeou (3) en étant pré- « sidents. »
u .le jouissois à peine de cet établissement) lors- « qu'au commencement du mois de juin suivant, a mon père, contre toutes les apparences humai- 0 nés, et dans la plus grande et la plus vigoureuse « santé qu'il eût jamais possédée , fut tout d'un
(1) Guillaume de Lamoignon , nommé premier président du parlement de Paris, en i65j, mourut le 9 décembre 1677. {V°)'ez sur cette mort la lettre écrite par le pire Hapin, dont le texte a été (rétabli dans la note de l.i lettre G27 de madame de Sévigné, tome VI, page 280.) Il fut l'ami des lettres, et son nom leur doit une partie de sa gloire; son hôtel étoit le rendez-vous de Despréaux, Racine, Molière, La Fontaine, Santeuil, etc., et de tous les hommes qui ont illustré son siècle.
(2) René Potier, seigneur de Blancmesnil, président en la première chambre des enquêtes, mourut le 17 norembre 1680.
(3) René de Maupeou, IIe du nom, président en la première chambre des enquêtes, mourut le 22 mai i6q4« 11 a ètè 1 aïeul du premier président au parlen eut de Paris, et le bisaïeul du chancelier de France destructeur des parlements.
a coup surpris d'un mal qui passa d'abord pour « un rhumatisme, accompagné de fièvre, qui n'a- « voit rien de dangereux, mais qui cependant fut « si violent et si opiniâtre, qu'il l'emporta le sep- « tième jour, après qu'il eut donné toutes les mar- « ques d'un véritable chrétien et qu'il eut reçu le « sacré viatique, à un quart d'heure près de son « dernier soupir, qu'il rendit sans aucune agonie, « âgé de soixante-trois ans et demi. Je ne pouvois « faire une perte plus considérable. »
« Je crois à propos de mettre ici un éloge en « manière d'épitaphe, qu'un de ses meilleurs amis «m'envoya, peu de jours après sa mort, aussi « bien que celle de feu ma mère, pour marque de « l'estime très particulière qu'il faisoit de leurs i< personnes. C'est le révérend père Zacharie (i) « de Lisieux , capucin , personnage d'un mérite «[exquis et d'un savoir non commun, comme il « paroit par plusieurs de ses ouvrages , entre au- « très le Genius sœculi, dédié à feu mon père, le « Gicjes gallus et les Somnia sapientis, livres latins « de la dernière délicatesse. »
(i) Le père Zacharie mourut en 1661; il est auteur des ouvrages latins dont parle CouLanges, et qu'aujourd'hui on ne lit guère. Il a publié aussi, sous le nom de Louis Fontaines , La relation du pays de Janscnic , Paris , 16O0.
M. DE GOU1 LHQE8 )
a Lege et luge ,
« V IATOB :
a l'iiiLippus de Colanges , clarissimâ stirpe qeni- « tus, virtute illustrior ac meritis, christianismo régi « olim à sanctioribus consiliisj et in caméra }>ari- « siensi regiarum rationnai magister, suœ dignitatis « ornamentum singulare, vir natus in exemplar, in a quo nih.it vulgare anima posuerat, cujus ingenium a cœteris explorata lux , digna prioribus sœculis intea.gritaSj mores ad evangelii normam compositi, ini- « quis temporibus œqua mens, constans in Deum et « in principem fides j in sacrum ordinem reverentia, « in egenos miseratio; omnibus durn maxime pro- «<les/, aut ififàj aut opibus, aut consitiis, omnibus « chorus , non expectato funere rapitur; et qui œtera num s/arc debuerat, communi mortalium lege soa tutus, jacet lue , jàm non homo, sed cinis. »
« Et iterùm geme
« Magna quoque orbis christiani jacturâ uiro jun « gitur eharissimtkQUOndam uxor. .Maria Lefehvbe
« d'Ormesson , dignitate ortûs ac suavitate morwn « inter matronas inclyta, integerrimi nominis mu- « lier, sua tamenfamâ major, avitœ pietatis tenax, « ex quo nupta est marito nunquam gravis, nisi cùm « prior decessit , in média suî parte orbatum desereret. « Ambos diun viverent connexuit triplex vinculum, « conjugii 1er, affectuum similitude», œquale studiwn «virtutis; extinctos nûne unus lapis tegit; unum « marmor, ne vel in laudibus distralierentur, utrius- « que nomen ac egregias animi dotes transmittit ad « posteros.
« Heu sortent humanam a Cui subditur et virtus !
« Obiit hœc anno i654, mense julio , die quintâ, « cetatis quadragesimo octavo uno mense.
aille anno i65o,, mense junio, die undecimâ, « œtatis sexagesimo tertio sex mensibus. »
Coulanges termine sa relation en disant qu'il l'a rédigée pour obéir à M. d'Ormesson , son grand-père, et à son père, qui lui avoient ordonné de l'écrire.
On lit, à la suite du manuscrit, la mention suivante, écrite entièrement de la main de Coulanges :
«Philippe-Emmanuel de Colanges , conseiller « du roi en ses conseils et en sa cour de parlement,
« qui a écrit cette présente relation de ses voyages, « a épousé par contrat du .seizième jour de défteembre mil six- cent cinquante-neuf, Mariece Angélique Du Gué, fille de François Du Gué, a conseiller du roi en ses conseils et maître d< « requêtes ordinaires de son hôtel, ci <!«' Marie- « Angélique Turpin, (die de Jean Turpin, sei. « gneur de Vauvredon, conseiller ordinaire du « roi en ses conseils d état et privés, et sœur d'Éli- « sabeth Turpin, épouse de Michel Le Tellier, «marquis de Louvois, seigneur de Chaville et « autres lieux, conseiller du roi en tous ses con- « seils, grand-trésorier de ses ordres, ministre et «secrétaire d'état, et depuis le 27 octobre 1 (177 , « fait ;;arde-des-seeaux et chancelier de France.
« Ledit Philippe-Emmanuel de Colanges avant « été pourvu d'une charge de maître des requêtes, «par la démission du sieur de Caumartin, en « prêta le serment entre les mains de M. d'Ali gre, « garde-des-sceaux de France, le premier jour de « septembre 1672; il fut ensuite reçu au parlement «le six dudit mois, et aux requêtes de l'hôtel le « neuf. »
On lit ensuite les mentions suivantes écrites d une main inconnue :
« M. de Coulanges est mort au commencement «de l'année 1716 , âgé de plus de quatre-vingts « ans, ayant conservé jusqu'au dernier moment « la même \ ivacité et la même gaieté dans L'esprit « qu'il avoit eues toute sa vie. 11 fut plus de troi-s « mois malade; il est mort avec de grands senti-