J2 EXTRAIT DU VOYAGE DE 31. DE COULANGE
« ments de piété et de résignation à la volonté de « Dieu. Il a été inhumé dans la sépulture de sa « famille , dans sa chapelle aux Dames religieuses « de la Visitation de la rue Saint-Antoine. »
« Madame de Coulanges est morte au commen- « cernent de l'année 1723, âgée de quatre-vingt- « deux ans accomplis , après une très longue ma- « ladie, avec de très grands sentiments de piété, « après avoir long-temps souffert avec une pa- « tience et une tranquillité d'esprit admirables. « Elle a été inhumée dans la même chapelle que « M. de Coulanges , dans l'église des Dames de la « Visitation de la rue Saint-Antoine. »
DE M. DE ÇÔULANCffeS
Il nie paroi t à propos que mes amis particuliers, auxquels tout au plus je communiquerai eette relation , soient avertis, avant qu'ils en fassent la leeture , que j'ai cru devoir y comprendre non seulement les connoissances générales que j'ai obtenues sur les conclaves , ainsi que tous ceux qui se trouvoient à Rome, mais encore les notions particulières que j'ai acquises sur certains faits secrets, très bons à savoir; me renfermant avec scrupule clans la loi que je me suis imposée de ue jamais avancer un fait dont je n eusse par moi-même, ou par des preuves certaines et indubitables, une parfaite connoissance.
Je n'ai donc point voulu , dans cette relation que je me suis permis d égayer de mes amusements, et même de quelques unes de mes poésies, productions toutes naturelles de mon heureux tempérament, imiter ceux qui donnent leurs visions
pour des réalités , et qui débitent des choses qui se sont passées dans toutes les factions, même dans celles opposées d'intérêts et ennemies, comme s'il ne s'y étoit rien fait qu'avec leur participation ; quoiqu'il soit impossible à un particulier d'être bien informé de tout ce qui se passe dans un conclave.
Il faut savoir pour cela qu'il n'y a lieu au monde où le secret, la dissimulation, la fourberie et l'imposture régnent avec plus d'art, pour renfermer, autant qu'on le peut , dans sa faction , et même entre un très petit nombre de cardinaux de cette faction , ce qui sy passe de plus secret, et pour empêcher que ceux des autres ne le découvrent. Ainsi , quiconque avance dans la relation d'un conclave , qu'il en a su et pénétré le véritable secret , et qu'il a connu les vraies démarches de tous les chefs de factions, présente à ses lecteurs beaucoup plus de faussetés que de vérités.
• Pour qu'une relation fut entière et véritable, il faudroit que les cardinaux, chefs de factions , et ceux dans lesquels ils ont placé leur entière confiance, voulus-
sent, sans réserve et de bonne foi , se l'apporter les uns aux autres ce qui sest fait de plus secret dans leurs factions , et cela même papiers sur table; ce qui n'est jamais arrivé, et ce qui, selon toutes les apparences , n'arrivera jamais.
Je ne veux donc point dire ici plus que je ne sais, ni me donner pour un autre que pour un écrivain très médiocre, mais cependant bien instruit, par des récit»
fidèles, et par les pièces originales que Ton a bien voulu me communiquer, des faits particuliers qui se sont passés dans la faction de France.
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