A MONSIEUB LE DUC DE BOUILLON
Fils et nepveu de favoris de Mars, Qui ne voyez chez vous de toutes parts Ny de vertu nv d'exemple vulgaire, Oui , de par vous et de par vostre père Avez acquis l'amour < 1 * * tous les cœurs ; Digne béritier d'un peuple de vainqueui s, Ecoutez-moi : qu'un moment de contrainte Tienne vostre ame attentive à ma plainte; Sur mon malheur daignez vous an-ester : En ce temps-r\ c'est beaucoup d'écouter. La sotte peur d'importuner UH prince, Vice non pas de cour, mais de proi iucc Comme Phcebus est mauvais courtisan, MTavoit !i«: la voix jusqu'à présent.
Une autre peur à son tour me dmnim Etj'ay chasse cette honte enfantine, Je parle enfin , et fais parler encor,
Non mon mérite, il n'est pas assez fort, Mais mon seul zèle, et sa ferveur constante, Car tout héros de cela se contente Mais pour toucher un prince ;;( n, peux C'est bien assez que Ton soit malheureux. Je le suis donc graci - a fectuie, Et ne suis pas seul dé ma confrain Un partisan nous ruine tout net :
Ce partisan c'est La Vallée-Cornay.
Dessous sa grife il faut que chacun danse; D'autre antechrist je ne connois en France: Homme rusé, Janus à double front, L'un de rigueur, l'autre à composer prompt. Les distinguer n'est pas chose facile ; L'un après l'autre ils exercent ma bile : Quant La Vallée , en se faisant prier, Dit qu'il me veut manger tout le dernier, Cornay poursuit, et quand Cornay retarde, A La \ allée il me faut prendre garde. Prince je ris, mais ce n'est qu'en ces vers; L'ennui me vient de mille endroits divers. Du parlement, des aydes, de la chambre (r), Du lieu fameux par le sept de septembre (2), De la Bastille et puis du Limosin(3), 11 me viendra des Indes à la fin.
Je ne dis pas qu'il soit juste qu'on voye Le nom de noble à toutes gens en proye; C'est un afcus, il faut le prévenir, Et sans pitié les coupables punir*;
(1) La chambre dé l'arsenal instruisoit le procès du surintendant.
(2) C'est te jour où M. Foucquet fut arresté. (Noie de la main de La Fontaine) à Nantes, 1661.
(3) Madame Fouquet, femme du surintendant, avoit été conduite à Limoges. ( Voyez la lettre du roi à la reine sa mère, du 5 septembre 1661, dans les œuvres de Louis XIV, tom. V, pag. 5'a, et les mémoires pour servir à l'histoire de M. B. , pag. 56.;) Il resultç de ces diverses cii constances que cette épître a été écrite en 1662.