‹ Mémoires de M. de CoulangesChapitre 42 sur 46 · DE LA FOU TA I NE. S · texte numérisé non relu

DE LA FOU TA I NE. S

II le faut, (lib-j.-, « t c'est où nous en sommes : Mais le moins her,mais le moins vaia des hommes ! n'a jamais prétendu s'appu^ i

I )u v.iiii honneur de ce mol d'écuj i t, Qui rit de ceux qui veulent le parêtre^

(^ni ne l'est point . <|u» n'a point voulu L'estre! Cest ce qui rend mon esprit estonné.

Avec cela je me rois « ondamné, Mais par défaut. .Testais lors en Champagne, Dormant, resvant , allant par la campagne, .Mon procureur dessus quelque autre poinl 7 El ne songeant i moy ny peu ny point, Tant il croj oit que l'affaire estoit bonne. < )ii l'a surpris; que Dieu le lui pardonne !

II « -i bon homme, habile, el mon ami , Sçait iou> les tours; mais il s'est endormi. Thomas-Boussean(i) n'eu a pas fait de mesm . Sa vigilance en tels cas est extrémi

il prend son t«'iu|>s , <-t fait tout ce «[uil faut Pour obtenir un arrest par défaut.

(i) Mr Bousseau, procureur au parlement de Pari . occupoil pour 1<^ traitans, <|m ayant ;t t iVi m«- les tailles, avoient droit aux amendes prononcé*ea contre ceux qui cherchoient .t se soustraire an payement <!<• cet impôt On 1«' vi>ii par hi déclaration du 8 t.ni.i i<>t>i, où it

i si dit '|tic M- Bousseau ••' du C ati eront tenus de

meure au greffe na i ! - u . cont< oant l< > noms

rie ceux qu'ils |'i« tendront fain i« ■ : bji ■ . . i tnme i tant nsurp teurs de n >1 iijue

di its y déclaration . etc , concerna ni le fait de nobi publié par t Ihei va •'. 1 3(5 )

Le rapporteur m'en a donné l'endosse r

En celuy-cy mettant toute la sausse.

S'il eust voulu quelque peu différer,

La cour, seigneur, eust pu considérer

Que j'ay tousjours esté compris aux tailles ,

Qu'en nul partage , ou contract d'épousailles,

En jugemens intitulez de moy ,

En acte aucun qui puisse nuire au roy ,

Je n'ay voulu passer pour gentilhomme ;

Thomas-Bousseau n'a sceu produire en somme

Que deux contracts , si chetifs que rien plus ,

Signez de moy, mais sans les avoir leus ;

Et lisez-vous tout ce qu'on vous apporte ï

J'aurois signé ma mort de mesme sorte.

Voilà , seigneur, le fait en peu de mots.

Je vous arreste à d*estr anges propos :

N'en accusez que ma raison troublée ;

Sous le chagrin mon ame est accablée;

L'excès du mal m'oste tout jugement.

Que me sert-il de vivre innocemment,

l )'estre sans faste, et cultiver les Muses ?

Hélas ! qu'un jour elles seront confuses ,

Quand on viendra leur dire en soupirant :

« Ce nourriçon que vous chérissiez tant,

« Moins pour ses vers que pour ses mœurs faciles f

« Qui préféroit à la pompe des villes

a Vos antres cois, vos chants simples et doux,

u Qui dès Fenfance a vescu parmi vous,

* Est succombé sous une injuste peine ;

• Et d'affecter ime qualité vaine.

i)i. i.A FOHTAÏNK.

«. Repris a Faux. - ondamné -.m- raison, d Couvert de bonté < rt i m« <i i dans la pi ison! Voilà le sort que les dieux me promettent; l.r sous Loui i < es choses se pt rmettent ! Louis, < « iage <-t juste souverain, Que ne sçait-il qu'un arrest inhumain M'a condamné, moi qui n".i\ point fait faute! A quelle amande? Elle est, seigneur, si hante, Qu'en la payant je ne feray point mal De stipuler qu'au moins dans fhospital, Puisqu il ne Paul < jsp< rer nulles grâces . Pour mon argent j'obtiendra^ quatre plaoi i One pour bio^ , pour ma femme une aussi, Pour mon frère i une,encorquedececy Il soit injuste après tout qu'il pâtisse; Bref pom mon fils, \ compris -a nourrice; Sans point d'abus les voilà justement Contant pour un la noun ice et l'enfant : Il est petit et la chose i -i bien |u te.

(i) Claude <!<• I~i Fontaine, frère de /eau, entra d'abord, comme celui-ci, dans l'ordre <lf l'Oratoire; l'ayant ensuite quitté*, il ><• retira i Nogent-T Artaut , j>: Cbâteau-Thierry, et il ) mourut du Ni\.mt de ion frère. II avoit fait donation, <m 1649, de tous les biens à Jean tle La Fontaine , 1 la condition de lui payer nne rente viagère; mais comme il ;uii\<>ir souvent que La Fontaine oublioil <li' l'acquitter , ion frère é"! k oblige* d l'en i souvenir par des actes d huissiers On 1 ons< rve 1 i<ore quelques une» de ces sommati^m dau? la famille tlu poète.

Si toutefois nostre monarque auguste

Cassoit l'arrest, cela seroit, seigneur,

Selon mon sens, bien plus à son honneur.

De luy parler, je n'en vaux pas la peine;

S'il s'agissoit de quelque grand domaine,

De quelque chose importante à Testât,

Si c'estoit, dis-je, une affaire d'éclat,

Je vous prierois d'implorer sa justice.

A ce défaut, il est bon que j'agisse

Près de celuy qui dispose de tout(i) ,

Qui par ses soins peut seul venir à bout

De réformer, de restablir la France ,

Chasser le luxe, amener l'abondance,

Rendre le prince et les sujets contons;

Mais il lui faut encore un peu de temps ,

Et le mal est que je ne puis attendre ;

Mov mort de faim, on aura beau m'apprendre

L'heureux estât où seront ces climats ;

Pour en jouir je ne reviendray pas.

Demandez donc à ce ministre rare ,

Que par pitié du reste il me sépare.

Il le fera, n'en doutez point, seigneur.

Si vostre épouse estoit mesme d'humeur

A dire encore un mot sur cette affaire;

Comme elle scait persuader et plaire,

Inspire un charme à tout ce qu'elle dit,

(i) M. Colhert. Si La Fontaine, comme les antres hommes, avoit connu le ressentiment, <jue ne lui en eut-il pas conté d'être réduit à de telles prières auprès du persécuteur de Fouquet!

Dr. L a FONTAINE.

Touche tousjours le cœur quant et l'esprit , Je suis certain qu'une double entremis - De cette amande obtiendroil la remise.

Demandez-la, seigneur, < i m'encroyi Mais que ce soit -i bien qui' \ ou - l'ayez, Et vous l'aurez; j'engage à vostre alù M.i foy, mon bien, mou honneur, ma promesse, Que ce ministre a\ me «!<• nostre roi : Si vous parlez , inclinera pour m

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