‹ Mémoires de M. de La Rochefoucauld duc de Doudeauville. 1, Introduction généraleChapitre 10 sur 12 · DE M. LE BARON LOUIS, MINISTRE RES FINANCES · texte numérisé non relu

DE M. LE BARON LOUIS, MINISTRE RES FINANCES

« J'ai été bien touché, monsieur le duc, de la confiance qui vous a porté à me faire connaître les motifs qui vous ont déterminé à renoncer à la pairie : ces motifs répondent au caractère honorable que vous avez montré à toutes les époques de notre longue Révolution; on ne peut assurément qu'y applaudir. Mais il est bien regrettable qu'ils aient été de nature à vous éloigner d'une assemblée où vous auriez pu rendre encore d'importants services à la monarchie constitutionnelle. »

Ce n'est pas tout : dans les commencements de la révolution de juillet 1850, j'étais allé, ainsi que je l'ai dit précédemment, trois ou quatre fois au Palais- Royal, où j'avais toujours été traité avec une grande bonté. Les choses étaient encore incertaines ; je croyais toujours voir dans M. le duc d'Orléans, dont je suis proche parent, le lieutenant général du royaume, nommé par Charles X; mais il fut obligé, contre son gré, je crois, et surtout contre celui de la reine, d'aller habiter les Tuileries 1 . Les choses se trouvèrent changées à mes yeux par ce déplacement ; je ne pouvais plus voir aux Tuileries que le roi des Français, et bien des motifs me défendaient de retourner dans ce palais, où je trouvais tant de souvenirs pénibles, et dont

1 L'histoire seia-t-elle du même avis que l'auteur, aussi vénérable que charmant, de ces Mémoires ? (F. Claude.)

chaque mur, ce me semble, m'aurait à chaque pas reproché ma démarche etjna présence.

Je confiai à quelques personnes mon projet de n'y pas retourner; j" éprouvai de vives remontrances, de fortes représentations. On m'assurait que prendre ce parti après un discours contre la proposition Briqueville, relative au bannissement de la famille royale, c'était me poser en ennemi déclaré et risquer de me faire traiter en conséquence : je persistai. 11 y avait deux manières d'exécuter ce dessein : l'une, de m'abstenir de ces visites sans expliquer mes répugnances; l'autre, d'écrire pourquoi je ne paraîtrais plus à la nouvelle cour. Ce fut à cette dernière que je m'arrêtai, malgré l'effroi de tous ceux à qui je fis part de ma résolution, qu'ils taxaient de véritable folie. J'écrivis donc à la reine la lettre qu'on va lire :

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