PROCLAMATION
DE M. DE I.A BOtlIEFOlCAl'UI, DEC DE DOEDEAl Vll.l.E. COMM1SSAI1U. Dl Ilul AI'X HABITANTS DE LA 2" DIVISIOS Mll.il MUE.
( M ; , i 18U, avant la rentrée de Louis XVIII ci la rtéclafàtién de Saint-Ouen
« Envoyé dans vos départements au nom du Hoi, je viens vous apporter les sages intentions, les vues bienfaisantes de nos légitimes souverains; je viens aussi me mettre au courant de vos pertes et de vos besoins, pour vous donner les moyens de réparer les unes et de satisfaire aux autres.
« Victime lui-même du malbeur, le fils de tant de rois saura compatir à vos infortunes. Pénétré des maux qui accablent la France depuis si longtemps, il n'est occupé que du soin de les réparer.
« C'est un père qui vient consoler ses enfants ; mon- Irez-vous dignes, par vos sentiments, de cette effusion toute paternelle. Le Roi ne. veut jeter un regard sur les années qui viennent de s'écouler que pour profiter des grandes leçons que tant de funestes événements et tant d'imposantes catastrophes ont données aux peuples aussi bien qu'aux rois : imitez un si bel exemple et montrez que vous-mêmes avez su en profiter.
« Un gouvernement juste, réparateur, un gouvernement sagement paternel et vraiment français, ne voit dans le passé que la gloire dont nos armées oui ' doté notre patrie. Les services de nos braves guerriers, appréciés par lui, seront par lui récompensés; il en sera de même de tout le bien qu'on a pu faire à ce
pays qui lui est devenu plus cher encore par une si longue et si cruelle absence.
« Point de vengeances, de spoliations, de réactions d'aucun genre ^ous l'autorité douce et ferme qui désormais protégera également tous les Français.
« Cette auguste famille qui si longtemps a fait le bonheur et la gloire de la France veut que la France tout entière ne soit qu'une grande famille.
« Que la religion soit le frein salutaire de cette société; que la morale en soit l'appui; que la justice en soit la règle ; que l'union en soit la force.
« Rallions-nous avec ardeur autour de ce trône que la Providence vient de relever miraculeusement, et que l'amour de la patrie, le désir du bien public, étouffent tout antre sentiment qui ne serait pas la concorde, l'amour et la reconnaissance
« L'armistice vient d'être signé : c'est le premier pas vers une paix générale. Les troupes alliées vont repasser le Rhin; déjà les Cosaques et une partie de l'artillerie ont reçu l'ordre du départ.
« Cette paix objet de tant de vœux, puisse-t-elle régner constamment dans l'intérieur de la France! La France et l'Europe réconciliées sont les gages de cette paix; nous la devons à ces souverains magnanimes qui s'illustrent plus encore par leur généreuse modération que par leurs succès'; mais les enfants de saint Louis pouvaient seuls nous la procurer. Leur absence de vingt-cinq ans a causé à la France vingtcinq années de guerres, de troubles, de destruction. Pour être justes et heureux, songeons moins à ce que
1 Ils étaient encore en Fiante et le royaume était encore rempli de leurs nombreuses troupes.
nous souffrons qu'à tout ce que nous aurions eu à souffrir sans le retour de ces illustres descendants des Philippe-Auguste, des Charles le Sage, des Louis XII, père du peuple, des François I", des Louis le Grand.
« Ils sont dignes de leurs ancêtres, montrons-nous dignes d'eux.
« Faisons éclater à l'envie, dans les différents départements qu'ils s'apprêtent à parcourir, l'amour, les transports que leur noble affabilité, que leur bonté touchante, excitent chaque jour dans toutes les classes des habitants de la capitale.
« En les voyant sans cesse occupés à cicatriser des plaies qu'ils n'ont pas faites, à sécher des pleurs qu'ils n'ont pas fait couler, répétons avec enthousiasme, avec reconnaissance, comme toutParis, comme tout le royaume : — « Ce sont vraiment les pères de tous les Français, ce sont vraiment les fils d'Henri IV. »
« Je ne crois pouvoir mieux faire connaître leurs intentions bienfaisantes, leurs dispositions paternelles, qu'en faisant imprimer le discours suivant à la suite de cette proclamation. »