CE QIJIL DEVRAIT FAIRE
Les finances ne peuvent se rétablir que par la confiance, par le crédit, et surtout par une sage économie. Espérons aussi que le véritable patriotisme, enfin rassuré, en s'imposant volontairement de grands sacrifices, saura venir en aide au trésor pour réparer ses pertes. L'avenir nous fera trouver des ressources immenses dans ce besoin de mouvement et de conquête qui nous pousse vers l'étranger, et qui se concentrera à l'intérieur, sur l'agriculture et sur l'industrie. Voilà la voie qu'il faut ouvrir devant la faria francese. De ce côté, sont les nouveaux triomphes, les conquêtes nouvelles qui lui soumettront encore l'étranger, et qui en feront notre pacifique tributaire. Qu'il trouve en France ce qu'il chercherait vainement ailleurs, les jouissances du luxe, des beaux-arts, la magnificence de nos monuments, la splendeur de nos fêtes, les merveilles de l'industrie, la politesse et le bon goût; et il viendra nous apporter son or, et nous nous enrichirons en nous faisant aimer et admirer, ce qui vaut mieux que de se laire haïr et redouter, sans s'enrichir; car à qui ont profilé ces spoliations des guerres de la République et de l'Empire?
Ouvrons sans obstacle nos ports aux vaisseaux des nations amies; qu'elles emportent nos marchandises et les produits de notre industrie. Quant aux matières premières, elles seront difficilement et chèrement exportées; autrement les étrangers parviendraient à fabriquer eux-mêmes, ce qu'ils viennent chercher maintenant chez nous.
La bonne foi doit présider à l'examen des lois; la sagesse des déterminations doit ménager tous les intérêts, en fixant la portion des droits de chacun. Vousvou-
lez que tous les individus, quel que soil le parti auquel ils appartiennent, fassent sur l'autel du salut commun les sacrifices de leurs prétentions plus ou moins fondées : pour compensation, qu'ils puissent vivre à l'abri des lois également protectrices de tous! Là seulement l'égalité peut exister : partout ailleurs elle n'est qu'une illusion.
Les lois doivent servir aux temps et non aux circonstances; une loi précaire es? une loi dangereuse.
Dieu sera partout, même dans le Code; la politique n'est rien sans la morale.
La propriété, source principale de la richesse d'un pays, doit être dégrevée peu à peu des impôts qui pèsent sur elle, et dont la perception coûte si cher à l'Etat. Un système territorial devrait remplacer le système uniquement financier, qui n'est aussi vanté, que parce que ceux qui l'exploitent y trouvent un énorme avantage. Disposant des fonds, ils donnent momentanément aux opérations du gouvernement un crédit qu'ils retirent ensuite à leur profit, et grâce au simulacre d'économie qu'on nous présente chaque année, nos charges s'aggravent, et la dette de l'État s'augmente tous les jours.
La propriété doit recevoir une nouvelle vie : il faut, en France, une aristocratie dignement représentée; et, pour première condition, il est nécessaire que les fortunes n'arrivent plus ainsi divisées, morcelées à des enfants qu'elles arrachent à peine à la misère, et à des familles dont elles -anéantissent véritablement l'existence.
Il y a aussi une grande économie à faire sur la perception des impôts.
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Il esl impossible que le gouvernement marche sans s'appuyer sur une partie de la nation: et il est absurde, sous un roi légitime, d'appeler parti royalisle la réunion des hommes qui confondent dans leur amour Dieu, le pays et le roi.
Le gouvernement doit, en les dirigeant, se reposer sur eux avec confiance, et forcer les différentes fractions en dehors de ce grand ensemble des intérêts et de l'opinion du pays, à adopter ses principes ou, du moins, à se conduire comme s'ils les partageaient. Le pouvoir, en donnant les places et en distribuant les grâces, a entre ses mains le moyen de fixer les opinions incertaines. Quand on verra qjie la première condition pour obtenir ou garder une position quelconque est, dans ce pays, d'èlre royaliste, quand on saura bien que la consécration de tous les intérêts en jeu dans ce pays n'est possible que par la conservation du principe monarchique, la France entière se fera gendarme pour surveiller et réprimer les efforts de ceux qui chercheiaient à exciter de nouveaux troubles.
La Révolution a créé des intérêts matériels qui doivent être respectés; mais la tendance de ce que j'appellerai ses intérêts moraux doit être tenue en bride par les intérêts de la société, qui sont essentiellement conservateurs. Ne pas assurer aux acquéreurs des biens nationaux la possession tranquille de leurs biens, serait aussi impolitique qu'il serait inique et cruel de condamner ceux qui ont perdu ces biens par dévouement au principe que le gouvernement vient de nouveau d'inaugurer en France.
Il faut déclarer franchement qu'une indemnité leur
est due; et attendre, pour la leur donner, que le temps et la prospérité générale aient amené une sensible amélioration dans notre état financier.
Les acquéreurs de biens nationaux forment, en France, une masse d'individus séparés de la nation et constamment ligués contre tout ce qui est légitime. II faut les forcer à fondre leur intérêt particulier dans l'intérêt général. Garantir par une parole royale, et par conséquent sacrée, l'intégralité de leurs propriétés, est sans doute une condition de tranquillité publique; mais il en est une autre non moins importante, c'est celle qui consiste à les réconcilier avec eux-mêmes. L'infortune de ceux qui ont été dépouillés doit être un reproche insupportable pour ceux qui ont acquis : c'est en rendant justice aux premiers que l'on pourra seulement parvenir à calmer les seconds. Ils seront ainsi rassurés par la loi et par leur conscience : deux garanties valent mieux qu'une.
Le devoir d'un gouvernement paternel est de veiller avec sollicitude sur le sort de ses enfants; il rougirait de s'enrichir de leurs dépouilles : la loterie et les maisons de jeu devront être irrévocablement supprimées.
Voilà tout ce qui est possible et ce qu'il est indispensable d'exécuter. Pour y réussir, il suffit de le vouloir : « 11 faut vouloir fortement tout ce qu'on entreprend, et entreprendre franchement tout ce que l'on a l'Oîilu, sans jamais remettre l'exécution d'un parti jugé nécessaire. »
Espérons que l'expression de ces vœux sera un jour complètement réalisée! Nous verrons à côté du monarque, et choisis par lui, MM. de Yillèle et Corbière, des ministres honnêtes, gens capables d'exécuter ces