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chat davantage, s'il était possible à son gouvernement, les acquéreurs des biens nationaux ; mais je crains les jacobins, je les haïs : prenez garde de vous jeter dans leurs bras. L'Europe ne veut plus de jacobinisnje. Il n'y a qu'une sainte-alliance de rois, fondée sur la morale et le christianisme, qui puisse sauver l'ordre social. Nous devons donner l'exemple. »
M. de Richelieu a assuré « qu'il pouvait s'en reposer sur le roi de France pour la répression de l'esprit de jacobinisme; que jusque-là, la loi des élections avait donné de bons résultats. »
« Attendons la session suivante, a répliqué^.Alexandre; mais, au nom du ciel, monsieur de Richelieu, sauvons l'ordre social! »
Un courrier de cabinet vient" d'arriver; il apporte au roi le premier protocole, signé le 1" octobre, et contenant ce seul article :
«Les troupes, y est-il dit, composant l'armée d'occupation, seront retirées du territoire de la France, le 51 novembre prochain, ou plus tôt, si taire se peut. »
Voilà un point essentiel réglé; il est admis que le territoire français ne sera plus occupé par les troupes étrangères : les souverains alliés reconnaissent eniin, que la France est appelée à jouer le rôle d'indépendance qui convient à une si grande et si puissante nation.
Le roi a annoncé officiellement celte bonne nouvelle à l'ordre; sa physionomie était resplendissante de joie et de Uerté. Il a écrit, dit-on, à.M. de Richelieu une lettre qui finissait par ces nobles paroles : « J'ai assez vécu, monsieur de Richelieu, puisque
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« j'ai vu la l'Vance libre, et le drapeau français flotter f( sur toutes les villes françaises!... »
L'évacuation du territoire de France par les alliés ayant été décidée, et les termes du payement fixés pour la libération complète, M. de Richelieu a entamé des négociations pour obtenir l'admission de la France au^ conférences politiques des cours européennes. Cette demande a été discutée et résolue favorablement.
Les principes posés par les notes échangées entre M. de Richelieu et les ministres plénipotentiaires ont été convertis en un traité positif, lequel fait entrer la France dans la participation la plus complète aux affaires de l'Europe.
Par une convention secrète, les quatre souverains se sont réservé de faire revivre contre la France l'hostile traité de la quadruple alliance pour le casus fœ- (leris et belli, auquel cas les monarques alliés se promettent de concerter entre eux les moyens les plus propres à prévenir les funestes effets de l'esprit révolutionnaire, s'il parvenait à susciter de nouveaux bouleversements, grâce à la situation libre dans laquelle la France va se trouver par suite de l'évacuation de ses provinces.
Les conférences d'Aix-la-Chapelle étant terminées, l'empereur Alexandre est venu à Paris pour voir le roi, et le complimenter sur le résultat des négocialions.
Dans une entrevue de plus de deux heures, où les deux princesse sont entretenus de la marche générale des affaires, Alexandre a développé la pensée qui le préoccupe depuis longtemps, de réunir les couronnes
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Hl les peuples autour des principes du christianisiru'. il a démontré les dangers du jacobinisme et la nécessité de le réprimer par des concessions généreuses et libérales faites aux nations.
c( l'oint de révolutionnaires ni de jacobinistes, a-t-il répété à plusieurs reprises, mais de la liberté chrétienne. »
Le roi a envoyé M. le duc d'Angoulème assister à la remise des places fortes par les troupes étnmgères.
Le roi et tous ceux qui lui sont dévoués se réjouissent vivement de la délivrance du territoire. Pourquoi faut-il que, dans les esprits prévoyants, la marche des affaires intérieures mêle à cette joie toute française, d'amères et inquiètes prévisions?
L'occupation des étrangers est un fait indépendant (le la Restauration: le srouvernement des Cent Jours l'a amenée, et c'est à la seule considération du roi, que* les alliés ne se sont pas montrés plus implacables : voilà ce qu'on ne peut trop répéter.
M. de Richelieu, sans prendre d'engagements positifs, a répondu moralement des élections au congrès d'Aix-la-Chapelle; il a défendu le système ministériel, et l'impulsion donnée à l'opinion publique en France. Un nouveau cinquième de la Chambre va être renouvelé. L'approche des élections jelte dans les esprits une grande effervescence. Le ministère se targue du grand service qu'il vient de rendre, s'attribuant à lui seul la gloire d'avoir délivré la France de l'occupation militaire des étrangers.
Les instructions aux préfets portent l'ordre formel d'écarter de la candidature les royalistes d'opposition, et de favoriser tout candidat constitutionnel.
Une mesure inique a été prise par le ministère, agissant toujours dans un sens d'hostilité contre les royalistes. Celte mesure est celle qui ôte au frère du roi le commandement général des gardes nationales du royaume. Moînsieur conserve son titre honorifique et les prérogatives qui y sont attachées, mais sans fonctions positives, et sans avoir désormais aucun rapport avec la garde nationale, qui sera placée sous l'influence immédiate du ministre de l'inlérieur. On prive ainsi Monsieur de tous ses moyens d'influence ; on le place en dehors de toute action militaire et administrative. Monsieur, dont les intentions sont si pures, les vues si désintéressées, et qui n'a jamais exercé son influence que dans le sens qu'il croyait le plus utile à l'affermissement du trône de son frère, a vivement ressenti cette mesure de défiance et d hostilité. L'attribuant tout entière au ministère, il a eu, à cette occasion, une longue et vive^ explication avec le roi; mais Louis XVIII a soutenu vis-à-vis de son frère les actes de son ministère; et il a mieux aimé éloigner de lui son successeur que de blesser son favori.
Les élections sont achevées, après une longue et vive agitation, pendant laquelle les royalistes seuls se sont montrés calmes, prudents, en restant étrangers à toutes les intrigues et à toutes les provocations, et ne doutant pas que le résultat de tant de mouvements ne fût la meilleure preuve des vices dont est entachée la dernière loi d'élections.
Selon leur attente, ils sont exclus des élections nouvelles; et c'est là un fait qui ne laisse pas que de produire une vive impression sur les es])rits sages et éclairés. On se demande où nous conduira cette loi
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qui, sous la monarchie des Bourbons, amène M.\]. Manuel et de la Fayette, et éloigne les royalistes des affaires.
M. de Richelieu au congrès d'Aix-la-Chapelle, el quoiqu'il s'efforce de rassurer les puissances sur un pareil résultat, en est profondément alarmé, et frémit à l'idée de l'avenir que la loi de 1817 prépare à la monarchie.
Le sentiment public répond tellement à cette crainte, qu'un mouvement de baisse considérable, accompagné de catastrophes déplorables, s'est fait sentir à la Bourse, sur la fin d'octobre, et a duré pendant tout le mois de novembre.
Le gouvernement cherche à rassurer les esprits, en publiant « que la crise actuelle ne peut s'expliquer par aucun événement intérieur ou extérieur, que la paix et l'ordre sont partout rétablis, que le gouvernement marche dans des voies larges et constitutionnelles, el que le territoire va être délivré. »
Le duc de Richelieu, arrivé à Paris le '25 novembre, s'est exprimé sur la nécessité d'une modification dans le système ministériel. L'opinion personnelle de M. de Richelieu est que le gouvernement doit se rapprocher de la droite pour prévenir de nouvelles catastrophes.
Des mouvements ministériels qui tendent, dit-on, à une séparation de MM. de Richelieu, LaînéetMolé, du système de M. Decazes, ont relardé l'ouverture de la session. M. de Richelieu essaye des combinaisons de majorité dans les deux Chambres, en s'efforgant de rapi)rocher le centre droit de la droite : le but proposé est le changement de la loi des élections. Les royalistes
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promettent ;iux minisires un appui loyal et désintéressé, pourvu que cette loi soit modifiée.
Les royalistes, prêts à se réunir au centre, et à prèler leur appui au ministère, ont vu déiruire tous les arrangements conclus entre eux et M. de Fiichelieu par les manœuvres de M. Decazes et de ses amis, forts de l'appui du roi, qui subit plus que jamais l'influence de son favori. En conséquence, MM. de Richelieu, Laîné et Mole ont envoyé leur démission. Le roi a, d'abord été fort troublé, en voyant son ministère aussi brusquement dissous. Il a appelé auprès de lui M. de Hicht'lieu pour lui peindre le chagrin et l'embarras dans lesquels sa retraite allait le plonger. Poussé par le roi dans ses derniers retran'chements, M, de Richelieu a déclaré que, dans les circonstances actuelles, l'éloignement de M. Decazes lui semblait de toute nécessité.^ a Tant que M. Decazes, a-t-il dit, ne sera pas fixé hors de France, par des fonctions éminenles, tous les hommes de l'opposition le considéreront comme un drapeau-, et il deviendra, bien certainement malgré lui, un obstacle à la marclie du gouvernement. »
Le roi a rapporté ces paroles à M. Decazes, qui a offert de partir immédiatement pour sa terre de Libourne, et non pour une ambassade étrangère. M. de Richelieu ayant insisti' auprès du roi pour que M. Decazes partît pour la Russie, et faisant de ce départ la condition de son ministère, M. Decazes a feint d'accepter l'ambassade.
Lorsque M. de Ricbelieu a connu la résolution de M. Decazes, il a accepté la présidence du conseil; mais , lorsqu'il s'est agi de composer un cabinet, M. Laîné ayant déclaré' que sa posilion serait trop