CHAPITRE XX
La jalousie s'est éveillée par le fait de mes rapports avec M. de Villèle; et cependant ces rapports se bornaient, de mon côté, à le tenir en éveil contre les difficultés de sa position; et, du sien, à recevoir ces avis et à en profiter, sans rien faire pour celui qui les donnait. Il me parlait souvent de son désir de me voir aux affaires, quand volontairement il m'empêchait d'y arriver. Je le savais; mais, impassible pour tout ce qui m'est personnel, je restais invariable au milieu des plus dures épreuves. Seul je sais ce que j'ai été pour M. de Villèle.
J'étais de tous ses amis le plus sincèrement dévoué, et celui dans lequel il eût le plus de confiance : il me consultait sur tout; mais son esprit trop méfiant a empêché le bien dont je lui montrais la possibilité.
Dans les moments difficiles, je le répète, M. de Villèle m'appelait constamment à son secours : il rendait
justice à mon zèle, à mon activité. Ce zèle prévenait les embarras, et n'attendait pas son appel pour empêcher que ces obstacles, que l'on pouvait facilement surmonter un à un, ne devinssent, en s'amoncelant, une infranchissable barrière : c'était là un des torts de son esprit. 11 m'a avoué souvent lui-même, qu'il laissait quelquefois les difficultés s'entasser autour de lui; et qu'il lui fallait ensuite, pour s'en débarrasser, plus de temps et d'efforts qu'il n'en eût mis à les abattre en détail, à mesure qu'elles surgissaient.
Voici des lettres qui prouvent l'exactitude des précédentes observations :