RÉPONSE A UNE LETTRE
OU SOUS PRÉTEXTE DE ME RAPPORTER DES ON DIT ON ÉMETTAIT UNE OPINION PERSONNELLE PEU BIENVEILLANTE.
« Paris, 28 mai 1824.
« Je remercie M. de Sambucy de son abandon et de sa confiance, mais je ne vois dans tout ce qu'il me rapporte que des absurdités.
« Que des intérêts froissés se plaignent, rien de plus simple ; mais, ce qui ne le serait pas, ce serait que les intérêts de quelques individus fissent taire ceux du pays.
« Que des ambitions mises à l'écart cherchent une occasion de revenir, que des ambitions qui voudraient parvenir se remuent; rien encore de plus naturel.
Que les intrigants s'agitent en tous sens : eh ! mon Dieu, c'est la vie des hommes; mais ce que l'on peut
parfaitement affirmer, c'est que tous ces efforts seront sans autre résultat que celui de l'agitation momentanée qu'ils produisent.
«On se permet d'aller jusqu'à la calomnie contre un personnage auguste, dites-vous; est-ce donc la première fois que ses trails envenimés se sont émoussés contre celte sagesse et cette mesure qui désarmeront toujours la malveillance?
« Mais voudrait-on qu'un prince du sang ne jouît pas des droits qu'ont tous les sujets du roi, celui d'avoir une opinion libre. Prétendrait-on que son suffrage, surtout quand son esprit est éminemment juste, fût sans aucun effet sur ceux qui lui sont plus particulièrement dévoués? Oh ! c'est une autre espèce d'absurdité qui n'est pas dangereuse, tant elle est dénuée de de sens commun !
« Adieu ! vous connaissez tout mon intérêt et mes vœux, mais vous me permettrez de ne pas vous parler d'intérêts individuels, dans un moment où des intérêts bien plus graves sont enjeu.
« Mille compliments. »