NOUVELLE CRISE EN SEPTEMBRE
15 mai; j'en profitai pour amener aussi l'éloge de Casimir Périer, mort le 16.
Les vacances judiciaires commençaient le lendemain ; et je me disposais à partir pour la Nièvre, lorsqu'une recrudescence de la crise ministérielle me força encore à différer mon départ.
Nouvelle orise ministérielle en septembre 1832.
Depuis le mois de juin , les ministres n'avaient pas cessé de perdre du terrain dans l'opinion publique. Ils avaient levé l'état de siège, mais trop tard, après l'arrêt de cassation qui leur avait donné tort, et en quelque sorte comme forcés, contraints et de mauvaise grâce : on ne leur en sut aucun gré.
Ils étaient bien tous d'avis d'être ministres; mais ils n'étaient pas tous d'accord entre eux : ils sentaient leur faiblesse et se l'imputaient mutuellement.
La presse , alors très-puissante , les criblait de ses attaques journalières.
Malheureuse condition que la mienne ! Comme s'il eût été impossible de se passer de moi , on me proposa une conférence pour le 7 septembre , à huit heures du soir, chez le baron Louis , ministre des finances. — Si j'avais suivi mon instinct, j'aurais refusé net; mais j'étais ami du baron Louis , c'est à mon instigation qu'il avait accepté le ministère des finances sous Pé* rier : je ne voulus pas le désobliger. D'ailleurs, on m'en avait prié au nom du Roi ; et le Roi s'était tou*> jours montré si indulgent pour moi, même après tous mes refus, que je craignais de lui déplaire et de me donner un tort vis-à-vis de lui ; je comprenais d'ailleurs tous ses embarras. — Je consentis donc à me trouver au rendez-vous.
Vie CRISE HIMISTÉâlELLE.
Toas les ministres y assistaient^ excepté SébastianL
Cette fois au moins , les intéressés étaient en présence et pooYaient coovaûr ée leurs faits.
On me proposa unamaMment d'entrar eomme garde des sceaux avec les cultes qu'on avait réunis an ministère de la justice , considéré avec raison commt phis propre que le ministère de l'instruction publique à maintenir t exécution des lois sttr la police des cultes.
Je déplorai la fatalité qui semblait s'attacher à moi; et je demandai comment un homme si impopulaire à Park, après la décision qui avait maintenu la magistrature ; si vivement insulté par la presse ^ menaeé et attaqué à domicile par les factieux , était tout d'ojft coup devenu important à ce point , qu'il ne pouvait pas y avoir une crise ministérielle sans cpie l'on vînt à lui ! comme si j'étais le remède à tout y et comme s'il suffisait que je consentisse à entrer dans ust ministère pour qu'il n'existât plus d'objection , ni sur les choses, ni sur les personnes !
J'ajoutai que cette situation pour moi était d'autant plus déplaisante, qu'en me faisant l'honneur de me regarder comme nécessaire, on n'avait jus^u^ici voulu suivre atteint de mes avis : d'où il était résulté que, malgré ma résignation à entrer quand je croyais réellement pouvoir être utile , j'étais encore plus jNressé de me retirer quand je voyais que l'on refusait les conditions sans lesquelles je ne croyais pas que l'on pût se concilier l'opinion dans le public et la majorité dans la Chambre.
Je rappelai qu^en juin j'avais conseillé la levée imr médiate de l'état de siège avant l'arrêt de cassation ; — qu'on n'en avait rien fait : — et que pourtant l'événement avait prouvé que le conseil était boa.