‹ Mémoires de M. DupinChapitre 99 sur 113 · TENTATIVES DE RECONSTIT. DU MINISTÈRE. 44S · texte numérisé non relu

TENTATIVES DE RECONSTIT. DU MINISTÈRE. 44S

Le Roi se leva et vint aussitôt au^evant de ncms. H me teadtt la tam et ne dit : a J^ai eu tort hier, j*ai trop insisté avec vous : je devais vous laisser plus de liberté pour défendre voire opinion. Je conçois d^ailleurs que, dans les circonstances actuelles, c'est chose grave de prendre sa part dans la responsabilité des affaires. » — Je répondis à Sa Majesté que la suite lui prouverait que je ne manquais ni d'affection à sa personne, ni de dévov^ment à sa cause , ni de résolution pour la défendre : mais que j'étais ainsi fait ; et que je le priais de m'excuser si, au moment d'engager ma responsabilité et mon existence entière. Je m'étais cru en droit de faire quelques conditions. J'ajoutai que, dans mon opinion , s'il y avait une chose au monde dans laquelle un homme politique dût rester libre, c'est quand il s'agissait pour lui de devenir ministre. — Le Roi en convint de bonne grâce.

Sa Majesté me demanda ensuite obligeamment des nouvelles de ma santé. — Je lui dis que je n'en étais pas content j que j'aurais eu besoin de rester plus longtemps à la campagne , et que je comptais , sous le bon plaisir de Sa Majesté, y retourner immédiatement.

J'annonçai mon départ à M. le garde des sceaux , en l'exhortant à la vigilance en présence des factions, et en l'assurant de mon concours comme député y à l'our verture de la session. — Il me répondit le 1*' juillet : ((Mon cher Dupin, revenez-nous le plus tôt que vous pourrez. Ménagez cependant votre santé. Je suis de votre avis, les factions sont toujours menaçantes, et nous aurons besoin de toutes nos forces. Je me rends à Saint-Gloud à l'instant. Je désirerais savoir si vous passez la soirée à Paris. Adieu. — Votre ami, Barthe. »

Le lendemain 2 juillet, Montalivet me demsoidait un

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rendez- VOUS. Ayant appris que j'allais partir, il i;int à deux heures et demie, essayant en vain de me retenir. Les chevaux étaient à la calèche, prêts à partir : et je partis en effet.

En vérité , je ne crois pas que jamais personne ait été aussi vivement pressé d'accepter un portefeuille : j'en étais malade. N'était-il pas plus simple de se passer de moi , et de me laisser en repos , que de me tourmenter ainsi, lorsque tant d'autres s'offraient pour entrer aux affaires?

Un peu de répit.

Je restai tranquille un mois, pendant lequel je me délassai en travaillant à mon discours de réception à l'Académie.

Dans cet intervalle, le Roi me fit consulter sur la rédaction du contrat de mariage de la princesse Louise, sa fille aînée , avec le Roi des Belges Léopold de Saxe- Cobourg ; — et il me désigna en ma qualité de viceprésident de la Chambre des députés, pour assister comme témoin instrumen taire à ce mariage , qui fut célébré à Compiègne le 9 août. {Je n'ai jamais bien su pourquoi M. le duc de Mortemart , désigné aussi pour être l'un des témoins de ce mariage , n'y a cependant point figuré )

Au retour de Compiègne^ j'allai passer quelques jours en famille à Nogent; et le 21 août, le hasard me fit assister au convoi du général Daumesnil, àVincennes, où je prononçai par occasion son oraison funèbre '.

Le 30 août, eut lieu ma réception à l'Académie française. Je succédais au célèbre Cuvier, mort le

* Voyez tome I*' de ces Mémoires, p. 163 et 476.

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