‹ Mémoires de M. DupinChapitre 102 sur 113 · SEPTEMBRE ET OCTOBRE A RAFFIGNY · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE ET OCTOBRE A RAFFIGNY

qu'elles restaient les mêmes \ et que j'insistais surtout et avant tout sur le renvoi de deux des ministres ^

Quant à la proposition qui m'était officieusement faite par ces messieurs , di indiquer les personnes avec lesquelles je penserais pouvoir marcher, je répondis que le Roi ne m'ayant pas chargé de composer un ministère , je croirais manquer aux convenances en présentant des candidats; que d'ailleurs cette indication supposait une conférence préalable avec les personnes qu'il s'agirait d'appeler au pouvoir.

Et pour que celle réponse ne pût pas varier, je la leur donnai par écrit.

Ces deux députés assistèrent à l'un de nos paisibles banquets, et repartirent, peu satisfaits du reste : car s'ils eussent pu me ramener, ils espéraient bien qu'il

* Ces deux ministres élaient Sébaslîani et Montalivet. — Sébastian! dont je n'aimais point les allures et que j'avais vu serpenter dans les trois précédents ministères. On lui reprochait d'avoir imprimé aux affaires étrangères irae marche tortueuse, et de ne pas donner à ses collègues une connaissance suffisante de nos relations extérieures. On le regardait comme un flatteur, comme une créature du prince Talleyrand, qui était de fait, plus que lui ^ ministre des affaires étrangères. — Quant à Montalivet, c'était bien différent : loin d'être prévenu contre lui, c'était moi qui l'avais désigné au Roi pour l'emploi d'intendant de la liste civile. Je connaissais son dévouement à la maison d'Orléans ; je savais que souvent il avait dit la vérité au Roi, plus qu'on ne le supposait généralement dans le public. Il avait été courageux et dévoué dans le procès des ministres ; at la générosité de son caractère s'alliait bien avec sa jeunesse. Mais il était intendant de la liste civile : à ce titre, on ne voulait voir en lui qu'un serviteur , un membre de la domesticité royale, plutôt qu'un ministre réellement indépendant. On était monté contre lui. La majorité le repoussait alors autant que Sébastiani.

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