A56 ÉLECTION DU PRÉSIDENT
digûés ; et bientôt la France entière fit éclater les mêmes sentiments.
Le Roi fut reçu, écouté , reconduit au milieu des plus vives acclamations.
Le 21, la Chambre s'occupa de l'élection de son Président. L'opposition portait chaudement M. LafBtte; les journaux de ce parti préconisaient depuis longtemps sa candidature. — Le ministère ne mit personne en avant, il n'était pas assez ancré pour cela; la Cour ne s'en mêla pas non plus : on laissa faire la Chambre.
La majorité jeta les yeux sur moi. Elle m'avait déjà élu trois fois Vice-président. Pendant le ministère Laffitte , j'avais présidé assez fréquemment ; et , malgré cette brusquerie dont on a tant parlé , elle crut apparemment que je pourrais remplir convenablement cette fonction. Elle connaissait mes opinions et mes principes : mes luttes à la tribune, pendant trois sessions fort orageuses , les avaient mis en relief. Je devins son candidat, et je fus élu Président au premier tour de scrutin par 236 voix sur 376 : Laffitte n'en put réunir que 136.
Aussitôt après mon élection , j'allai rendre ma visite au Roi, qui s'en montra satisfait. La Reine, madame Adélaïde et le Prince royal m'en parlèrent dans les termes les plus affectueux. Ils avaient raison , et j'aurais pu leur répondre comme Jean Bart à Louis XIV... Car de mon côté je n'éprouvais qu'un désir, celui de répondre au vœu de la Chambre et de me montrer éga-i lement fidèle au Roi et au Pays.
Le 23, je fus installé par M. le comte Duchâtel père, ancien membre du grand Conseil d'État de l'empire. Avant de me céder le fauteuil , M. Duchâtel prononça le discours suivant , comme Président d'âge :