MES ADIEUX^A LA CAMPAGNE
(27 novembre 1832.)
Je vais changer mon existence :
Adieu , Nogent ! Je laisse ici Les seuls biens que le sort, dont je crains la puissance Ne m*ait pas arrachés... le calme, le repos,
Et presque Foubli de mes maux !
j^2 MON IMTÉRIEIUl.
Ah! quand poorrai-je, au gré de mes souhaits. Revenir sur tes hords , ô Marne décevante ! Tes écueîls sont connus... on peut les éviter! Et ta rive riante
N^abuse pas le prévoyant nocher.
Ici le temps gftrde ses. aik».
Mais ne les charge point d'ennui&
Ma mère est si bonne ! près d'elle
J'oublie les troubles de Paris :
Et je vais la quitter!... Que me rendra le monde
Qui vaille notre intimité ?
Dn bruit, de &dx semblants, et partout à k ronde En vain |e chercherai même félicité.
Je perdrai tout, mon mari même !
Je verrai bourdonner autour de ce que faime
Un essaim de flatteurs, et bassement ramper
L'envieux qui caresse avant de déchirer.
Mon cœur bâtira bien fort.< car en vaia am tmiànme
CheFeli«rait à F en préserver.
Contre les passions qui s'agitent sans cesse,
Le plus sûr est de s'effacer.
Et lui, monte toujours!
Que ne peux-tu , logent , avec tes beaux ombrages , Ton horizon magique au coucher du soleil , lii'arrêter sur tes bords !.... Au milieu dss oragiea , Trousera-t-il jamab que des nuits sans sommeil I (> mon pays , auquel il sacrifie Ses goûts , son bonheur et le mien, Que ta prospérité, au déelm de sa vie. Lui reste pour unique bien !
J'aurais voulu, dans les premiers temps, rester dans mon hôtel et aller seulement au Palais Bourbon pour les réceptions du jeudi. Mais bientôt je reconnus que cela n'était pas possible , à cause des raj^rts oflficiels
et des communications fréquentes entre le Président, la Cour et les Ministres. — Avec deux domiciles , on n'aurait pas su où me rencontrer.
Nous fîmes donc notre installation ; et pendant les huit années de ma présidence (de 1832 à 1839), ma femme s'est dévouée, avec un courage au-dessus de ses forces , à tout ce qu'exigeaient d'elle les honneurs d'un salon ouvert à tous les fonctionnaires publics, aux hommes les plus éminents de la Magistrature, des Lettres et du Barreau, et aux étrangers de marque qui venaient visiter Paris.
La Reine Marie-Amélie ayant renouvelé ses invitations, nous n'avions plus aucune objection : madame Dupin eut l'honneur de lui être présentée. Elle fut accueillie avec bienveillance, et, depuis, toujours traitée avec distinction. Le Roi ne manquait jamais de s'approeher d'elle et de lui adresser la parole. Mais bien qu'elle appréciât très-haut cette faveur, elle n'en abusa point : ses visites étaient rares. La Reine la faisait toujours asseoir auprès d'elle; elle l'entretenait avec plaisir; et je puis dire qu'elle lui accorda son estime et son amitié, dont ses lettres, écrites sur le trône ou dans l'exil, contiennent la noble et touchante expression.
RafBgny, juin 1855.
Observations préliminaires sur les Discours renvoyés aux Annexes.
Il n'était pas possible dUnsérer dans les Annexes tous les DiS" cours que j'ai prononcés à la Chambre, et dont je parle dans le texte ; cela m'eût conduit trop loin. J'ai au contraire laissé eii dehors le plus grand nombre de ces discours comme étant dénués d'intérêt. Parmi ceux-là même qui auraient pu mériter d'être reproduits^ j'ai dû encore, pour soulager ce volume-ci, renvoyer soit aux journaux, soit à ceux de mes autres ouvrages dans lesquels ils avaient déjà été imprimés ; c'est ce que j'ai fait surtout pour certains discours intéressant plus spécialement le droit criminel, le droit ecclésiastique et la législation générale, auxquels j'ai donné place dans les Appendices des tomes ÎII , VI et IX de mes Réquisitoires, avec lesquels ils avaient de l'affinité.
J'en userai ainsi pour les discours suivants, dont je me contenterai d'indiquer les dates , l'objet, et le volume où on les trouvera, si l'on veut y recourir.
10 avril 1828. Discours sur l'illégalité de l'organisation du conseil d'État. — Réquisitoires, appendice du tome III, p. 306.
17 mai 1828. Sur l'interprétation des Lois, ïbid.y page 327. — Autre discours du 23 mars 1836, même tome, page 444.
25 avril 1828. Discours contre les Lettres de grande naturalisation des princes de Hohenlohe et d'Aremberg, même tome, page 316.
7 juillet 1828. Sur le Rudget des affaires ecclésiastiques. Discours dans lequel on signale plusieurs infractions aux lois sur la matière et aux libertés de l'Eglise gallicane, tant au préjudice des curés que des évêques eux-mêmes (Moniteur).
Le 26 juillet 1828. Sur les appels comme d'abus, même volume, page 337 à 341 : — et encore, dans les séances des 10 avril, 5 et 8 juin, 11 juin et 11 juillet de la même année (voyei leMoni-^ teur).
Du 15 juillet. Sur le licenciement de la garde nationale (Afoniteur).
Du 18 juillet. Sur les Suisses capitules y leurs privilèges exorbitants et leur juridiction en matière de grand criminel. Réquisi-^ toires, tome III, pages 341 et suiv.
24 avril 1829. Discours sur le Notariat, même volumk, p. 343 et suiv.