‹ Mémoires de M. DupinChapitre 11 sur 113 · FAITS RÉTROSPECTIFS · texte numérisé non relu

FAITS RÉTROSPECTIFS

dans le choix ou même la simple indicatioD d'un souverain j me bornant à réserver les droits de la nation. — C'est aussi ce que l'Assemblée elle-même a fait ensuite d'une manière plus solennelle par sa déclaration finale : « La Chambre des Représentants déclare : qu'un Monarque ne peut offrir de garantieê, s'il ne jure une Constitution délibérée par la Représentation nationale, etc. *. »

L'Assemblée ayant été dissoute , je repris avec joie l'exercice de ma profession *. Jusque-là je n'avais eu à m'occuper que d'affaires civiles : j'avais plaidé rarement en Cour d'assises, et dans des causes peu saillantes ^ si ce n'est dans une affaire qui eut quelque retentissement , celle des employés de la guerre, accusés d'avoir communiqué Fétat des troupes à un agent de la Russie ^.

Mais après les Cent-Jours ^ l'esprit de réaction ou-*

^ Le texte entier de celte Déclaration se trouve parmi \e% pièces historiques y imprimées dans le petit volume que j'ai publié sous le titre de Révolution de 1830, édit. de 1835, p. 62. — J*y renverrai plusieurs fois.

^ J*aurais pu entrer dans les fonctions publiques : M. de Jaucourt, ancien collègue de mon père à T Assemblée législative, me le proposa, je refusai. — Manuel et Benjamin Constant eussent volontiers pris place au conseil d'État; mais la proposition qo*on en fit ne fut pas agréée. On eut tort; c'eût été deux puissants organes enlevés à l'opposition, et qu'il fallait retourner contre elle. Mais c'était le moment des rancunes , en attendant celui des vengeances...

' Ce procès a été sténographié par Breton et Imprimé in-8° en

1812. La péroraison, empruntée au tableau de Prudhon, qui

ornait la salle d'audience : La Justice poursuivant le Crime un

flambeau à la main à travers la ombres de la nuitt fit quelque

sensation sur le jury.

Page 1