CHARTE DE 1814. — RESTAURATION
vrit au barreau une nouvelle carrière; nous eûmes, mes confrères et moi, à défendre des accusés de deux catégories :
V Les causes de grand criminel dans les accusations capitales intentées aux généraux accusés de complicité dans le retour de Napoléon Bonaparte ;
â"" Les causes des écrivains accusés de délits politiques prévus et qualifiés par les lois de la presse.
J'ai fourni un ample contingent à la défense de ces accusés. Le premier volume de ces Mémoires offre la galerie des clients illustres dont je devins l'avocat et le conseil.
Avant cette époque, le barreau étudiait peu le droit criminel ; il semblait à peine se douter qu'il y en eût un. On plaidait le fait devant le jury, on essayait de l'émouvoir et de l'attendrir, et l'on paraissait croire que l'instruction criminelle ne regardait que les parquets et les juges. Les principaux avocats, excepté dans quelques occasions hors ligne, dédaignaient en général ce genre d'affaires, et les abandonnaient à ceux qu'on appelait, avec une sorte de dédain, des avocats de Cour d'assises et de Police correctionnelle.
Mais le régime constitutionnel avait éveillé les esprits ; et désormais les avocats , imbus du principe de libre défense, soutinrent contre les parquets toutes les questions qu'une étude plus approfondie des lois criminelles leur suggérait dans l'intérêt des accusés. — De cette époque date certainement une ère nouvelle pour l'étude de cette partie auparavant trop négligée, et pourtant l'une des plus importantes, de notre législation.
Le nombre de ces procès politiques, la célébrité attachée au nom de la plupart des accusés , Téclat des