FAITS RÉTROSPECTIFS. T
terez! mais ils en appelleront du secrétaire général au ministre, qui, lui-même, sera souvent forcé de céder à des exigences plus élevées; vous aurez pour ennemis les protégés et les protecteurs, et vous en éprouverez maintes contrariétés. Ce genre de vie et d'occupation ne vous convient pas : mon avis, mon cher fils, est donc que vous devez remercier le ministre et rester avocat, w
Fort d'un tel avis, que je reçus presque comme une injonction, j'envoyai la lettre même au ministre, en lui mandant que je croyais de mon devoir de me conformer aux désirs de mon père. (Lettre du 11 janvier 1819.)
M. de Serre , en me répondant le lendemain , m'exprima ses regrets, et me dit que, du reste, il se réservait de m'appeler avec quelques-uns de mes confrères et d'autres hommes spéciaux à faire partie de commissions pour la préparation de projets de loi ^
Je me sentis fort soulagé. Je m'adonnai avec plus d'ardeur encore à l'exercice de ma profession , évitant cependant de me surcharger de dossiers, et réservant toujours une portion de mon temps pour mes études théoriques et la composition de quelques ouvrages de droit. Je continuai aussi jusqu'en 1824 le travail de classification des lois prescrit par l'Avis du Conseil d'Etat du 7 janvier 1813, dont j'avais été chargé par le duc de Massa, sur la recommandation de l'archichancelier Cambacérès, et dont l'exécution me fut de nouveau confiée par les gardes des sceaux de la Restauration.
^ Voyez aux Annexes le texte de ces deux lettres.
En 1827, au mois de février, j'avais atteint quarante ans. Les choses avaient marché. A cette époque, la France était entrée avec une véritable ferveur dans le régime constitutionnel. Les lois d'exception avaient fait sentir d'autant mieux le prix qu'on devait attacher aux règles. Les pas rétrogrades de la part du pouvoir avaient fait faire à l'opinion des pas en avant. Les différentes retouches apportées au système électoral avaient constamment tourné au profit des idées libérales *. On s'indignait des fraudes imputées à l'administration dans la confection des listes électorales ^. De toutes parts, les électeurs constitutionnels commençaient à s'entendre ; ils se concertaient avec plus de soin qu'on n'avait fait précédemment.
On y mettait de l'abnégation : plusieurs arrondissements se montraient moins jaloux d'avoir des députés principalement occupés de leurs intérêts locaux : ils étaient animés du désir d'envoyer à la Chambre élective des représentants énergiques de leur opinion politique.
C'est ainsi que dans la Sarthe (arrondissement de Mamers), pays voisin de la Vendée, souvent contrarié par des tendances contre-révolutionnaires, on jeta les yeux sur moi, en raison de ma conduite dans la Chambre des représentants pendant les Cent-Jours, et des principes libéraux que j'avais mis en pratique dans la défense des accusations politiques, surtout dans celles de la presse.
Je ne m'étais pas mis sur les rangs, je ne connais-
* De Carné, t. II, p. 63 et suiv. — Voyez aux Annexes, ^ Vaulabelle, t III, p. 70.
sais personne à Mamers. Je ne fis point de circulaire électorale ; je pouvais accepter la députation, mais rien au monde n'aurait pu me décider à la solliciter : en réalité, je ne la désirais pas assez pour cela. Mais, comme je Fai dit, le zèle était partout. Dès qu'on sut à Paris que les électeurs de Mamers songeaient à moi , plusieurs journau3^ soutinrent ma candidature. Le Journal des Débats du 20 mai 1837 la recommandait en termes qui peuvent servir à apprécier le caractère de cette élection :
a On apprend que le ministère a eu recours, dans la formation du collège électoral de Mamers , à tous les artifices et toutes les violences cachées dont s'est composée jusqu'à ce jour sa vie constitutionnelle. Nous saisirons cette occasion de rappeler aux Français des départements toute l'étendue de leurs droits, en mettant sous leurs yeux dçs extraits des procès-verbaux de la Chambre des pairs, qui constatent, par des déclara^ tions officielles, l'illégalité d'une foule d'actes et d'entreprises contraires à la légitime prérogative des citoyens. Ces observations seraient maintenant inutiles en ce qui touche les élections de Mamers. Bornons-nous donc, pour ce collège, à rappeler aux royalistes qui en font partie, qu'il s'agit aujourd'hui du salut du trône même , déplorablement compromis par la conspiration flagrante du ministère contre les libertés, la gloire, la prospérité et la paix publiques. M. Dupin est précisément de ces hommes à qui les amis de la royauté peuvent donner leurs suffrages, sans sollicitudes. Sa loyale et courageuse modération dit assez que le grand talent qu'il a consacré tant de fois à la défense de nos institutions servirait aussi, au besoin, les intérêts de l'ordre et ceux du trône. Cette portion éclairée, conscien-
cieuse , sage , de l'opinion , qui ne veut accepter des révolutions des mains d^aucun parti, qui veut que tous les serments soient tenus, et que la paix de la France repose à Tombre de toutes les promesses de la Restauration , ne saurait avoir de plus habile ni de plus sincère représentant. M. Dupin, on le sait, fait hautement sa profession de foi catholique devant le même tribunal auquel il dénonce une congrégation perturbatrice ; les intérêts de l'émigration l'ont eu pour avocat dans les questions de propriété, comme les principes de la Charte, la liberté de la^|)rt3sse, la liberté individuelle. Cette voix éloquente ^ui a poursuivi les meurtriers de Brune, a imprimé le nom d'assassins aux prétendus juges du dernier des Condés. Il siège dans les conseils de l'un de nos princes. La loyauté peut et doit voter pour lui. Aussi avons-nous plein espoir... w
Je fus élu en effet, malgré toutes les cabales ministérielles.
Le 25 mai 1827, je revenais du Conseil de guerre où j'avais fait acquitter un artilleur de l'ex-garde impériale ^, injustement accusé d'avoir détourné des poudres de guerre pour en faire des poudres de chasse, lorsque, en rentrant chez moi, je trouvai une députation des électeurs de Mamers chargés de m'annoncer que j'avais été élu député de leur arrondissement. J'avais refusé M. de Serre , pour rester avocat : j'acceptai la députation, parce qu'elle ne devait pas m'empêcher de continuer ma profession.
Cette élection fut accueillie avec faveur*; elle était
^ Le brave Dulin : 32 ans de services.
' Ainsi que beaucoup d* autres, le duc d*Orléans s^empressa de m'en féliciter. Voye« aux Annexe$,
1827 ELECTIONS DE 1827-1828. i\
du petit nombre de celles qui, depuis quelque temps, annonçaient le réveil de l'opinion constitutionnelle *.
A mon arrivée dans la Chambre , j'allai m'asseoir au centre gauche , à côté de Bertin de Vaux , sur un banc où se trouvaient Sébastiani, Saint-Aulaire, et non loin de ceux où siégeaient Casimir Périer, Stanislas Girardin et le général (depuis maréchal) Gérard. Tous m'entourèrent avec empressement : M. Royer-Collard lui-même, le plus grave des parlementaires, me fit l'honneur de venir à moi et de me féliciter sur mon élection. — Mais la session allait finir : déjà l'on n'était plus en nombre , et mes pouvoirs ne purent être vérifiés.
La Chambre ayant été dissoute par une ordonnance du 5 novembre, on dut procéder à des élections générales. Elles eurent lieu le 1 8 novembre.
Cette fois, je fus élu non-seulement par l'arrondissement de Mamers, à une majorité plus forte que la première fois, mais en même temps par les quatre arrondissements de la Nièvre partagés en deux collèges électoraux.
Cette coïncidence d'élections amena un épisode dont je dois rendre compte. Pour servir de contre-poids aux manœuvres de l'administration , il s'était formé une société* de jeunes gens actifs, ardents, sous le titre de Aide-toi, le ciel t'aidera. Leur but était d'éclairer les fraudes électorales , de faire rayer des listes ceux qui n'avaient pas le droit d'y figurer, d'y faire inscrire au contraire ceux qui payaient le cens, mais
* Journal des Débats du 26 mai 1827.
' Sons la présidence de M. Guizot Montalivet en faisait partie, ainsi que le comte Jaubert , Duvergier de Hauranne , etc.
i2 CHARTE DE 1814. — CHARLES X.
dont l'insouciance et la tiédeur avaient besoin de stimulant. Ils s'occupaient aussi des candidatures ^
Le 17 novembre, j'étais au collège de la Charitésur-Loîre. Cette petite ville se trouve sityée à l'extrémité des arrondissements de Cosne et de Clamecy : on l'avait indiquée de préférence à ces deux chefs-lieux, dans l'espérance que l'éloignement des distances et la difficulté des chemins (la Nièvre manquait alors de routes) empêcheraient beaucoup d'électeurs de s'y rendre; tandis que les ministériels, voitures df office par les soins de l'administration, s'y trouveraient au complet. Ce calcul fpt déjoué : chacun arriva comme il put , mais on arriva. La ville était littéralement encombrée. La maison de M. Tremeau-Soulmé où j'étais logé, contenait plus de vingt électeurs. Toutes les chambres étaient pleines. On avait dressé six lits dans une grande salle en forme de dortoir : j'occupais un de ces lits. On dormait fort mal, on causait beaucoup; lorsque, vers minuit, trois délégués de la société Aide-toi, à la tête desquels étaient M. le comte Jaubert et M. Duvergier de Hauranne, se firent annoncer. La salle fut éclairée, je me levai sur mon séant pour les recevoir. Celui qui portait la parole me dit : a IVous venons de Bourges cette nuit, et de ce pas nous allons à Nevers. Tout va bien. Vous serez élu ici indubitablement; mais nous savons qu'on vous porte aussi à 'Nevers : cela fera double emploi; et nous venons vous prier de nous donner une lettre pour les électeurs de Nevers et de Château-Chinon , afin de les engager à porter leurs suffrages sur M''^**, candidat
' Voir dans Vaulabelle, t. VI, chap. 7, p. 512, le récit de la lulle électorale.
constitutionnel qui, si vous vous désistez, sera infailliblement nommé à votre place. ))
Je répondis à ces messieurs que je ne m'étais mis sur les rangs ni à la Charité ni à Nevers ; que je n'avais fait aucune circulaire électorale; que ma candidature était l'œuvre spontanée de mes amis; que je voulais bien ne rien faire pour moi, et qu'assurément je ne solliciterais personnellement aucun suffrage ; mais que je ne pousserais pas l'abnégation jusqu'à agir contre moi. J'ajoutai qu'en me montrant trop assuré de mon élection à la Charité, cette outrecuidance pourrait blesser les électeurs; et qu'en priant ceux de Nevers et de Chàteau-Chinon (qui m'avaient élu dans les Cent-Jours) de ne plus songer à moi, et de se porter brusquement et du jour au lendemain sur un autre candidat, cela pourrait les choquer encore davantage; qu'enfin si, par leur vote persévérant, j'étais l'objet d'une double élection , il serait temps , au moment d'opter , de voir ce que j'aurais à faire de mieux. — Les ambassadeurs répliquèrent, mais je tins ferme. Les électeurs du dortoir auxquels s'étaient joints tous ceux que cette scène nocturne avait évoqués de leurs lits , furent de mon avis ; et messieurs les envoyés se retirèrent assez mécontents de n'avoir pas réussi.
Les choses se passèrent comme on l'avait prévu. Je fus élu à la Charité; je fus également élu à Nevers; et peu de jours après , j'appris que les électeurs de Ma- . mers m'avaient aussi continué leur mandat.
Cette triple élection me mit en butte à une nouvelle agression. La société Aide-toi avait essayé de me diriger; la presse périodique entreprit de me dominer. Mon adversaire de prédilection, le Courrier français (qui se rendra plus d'une fois encore l'organe de mes
adversaires), avait dans Tarrondissement deClamecy un candidat de son parti qu'il avait essayé de soutenir contre moi et qu'il désirait faire prévaloir. Afin de lui rouvrir une chance, ce journal entreprit, dans un article ad hoc ^ de démontrer a que je devais, dans l'in- )> térêt constitutionnel des réélections, opter pour un w autre arrondissement que celui de Clamecy. » — Ce journal se mêlait de ce qui évidemment ne le regardait pas; et je maintins mon droit d'opter comme il me conviendrait, sans pour cela perdre de vue l'intérêt général du pays.
Le mois suivant (en décembre), je fis un voyage dans la Sarthe pour remercier les électeurs de leur double élection. Je fus reçu avec un véritable enthousiasme dans tous les chefs -lieux de canton. La torpeur qui depuis s'est emparée des esprits permet à peine de comprendre quelle était alors la vivacité de l'opinion publique. Dans ces élections, si vivement disputées, elle célébrait son propre triomphe, elle y rattachait toutes ses espérances. Le fait mérite d'être constaté; il appartient à l'histoire du gouvernement représentatif K
Dans le cours de cette visite , j'avais évité de me prononcer sur l'option, me réservant d'en délibérer et de faire connaître plus tard ma détermination.
La délibération fut courte : j'optai pour mon j>mji natal ^, Cette raison de préférence n'avait rien de blessant pour les autres collèges; je leur en fis part dans
*■ Le récit de celte visite se trouve dans le ConsHMionnel du 21 décembre 1827 et dans le volume de la Présidence^ p. 9.
^ Nescio quâ natale solum dulcedîne cunclos
Ducit, et immemores non sinit esse sui. — (Ovide.)
deux lettres adressées, l'une à Mamers, l'autre à Nevers, sous la date du 1" février 1828 '.
Les électeurs de ces deux arrondissements eurent des regrets, mais ils n'en conçurent aucune mauvaise humeur. Loin de là, ils me consultèrent sur le choix de ceux qui devaient me remplacer ; et sur ma recom* mandation expresse, le collège de Nevers élut M. Soignes, homme excellent, fondateur de la magnifique* usine de Fourchambault ; et le collège de Mamers , M. Camille Périer, frère de Casimir *.
Au moment même où mon élection fut proclamée dans le collège de la Charité (le 18 novembre 1827), je prononçai un discours que je veux transcrire ici, parce qu'en exprimant les sentiments que faisait naître en moi l'élection, il contenait l'exposé de mes prin-' cîpes politiques, et qu'il allait devenir \e programme de ma conduite dans la Chambre des députés.
« Messieurs et chers compatriotes, je ressens vivetnenl Thonneur qae je viens de recevoir de vous, et dont Féctat est encore rehaussé par le mérite et les titres du noble candidat (jui m'était opposé \
» Messieurs, j^appartîens à la Nièvre, j*y suis né; j'y ai mes parents, mes amis, mes clients, toutes mes propriétés; j'y ai concentré mes intérêts et mes afTections; en me choisissant pour votre député, vous avez nommé un enfant du pays,
» Mon père, à une époque déjà loin de nous, a été aussi député de la Nièvre, élu deux fois par le libre suffrage de ses concitoyens *.
n Puissent ses trois fils hériter de toutes ses vertus , comme ils
* Ces deux lettres sont dans le volume de la Présidence^ p. 13. ' Lettre des électeurs de Mamers. — Lettre de C. Périer.
* M. le baron Hyde de Neuville.
* A TAssemblée législative de 1791 et au Conseil des Anciens.
hériteront de son amour pour son pays et de son dévouement pour ses concîto|fens f
» Messieurs, vous rouvrez devant moi la carrière législative;, et plusieurs des anciens électeurs qui ont voté pour le père ont pu voter aujourd'hui pour le fils.
» La voilà donc enfin qui entre en ligne cette nouvelle génération à r avant-garde de laquelle ceux de mon âge se trouvent placés! cette génération qui n'a point connu le vieux régime, qui n'a retenu de la Révolution que le bien que la Providence en a fait sortir, et n'a conservé de l'Empire que le souvenir de la gloire dont il fut environné !
» Également désabusée du despotisme et de l'anarchie, cette génération veut la liberté; elle l'obtiendra! Non cette liberté tumultueuse qui renverse les fortunes et les existences, mais une liberté sage telle que nous la concevons bien aujourd'hui ^ une liberté fondée. sur les lois, amie de la paix et de l'ordre public^ .appuyée sur des institutions en harmonie avec les progrès de la civilisation et le besoin actuel des sociétés; cette liberté qu'un de nos compatriotes, le célèbre Guy Coquille, avocat à Nevers, et député du tiers état de Nivernais aux états généraux d'Orléans et de Blois, appelait Vancienne et honnête liberté du peuple français,
» Ainsi, nous ne cesserons de vouloir la sûreté des propriétés, la liberté du commerce et de l'industrie , la liberté individuelle , la tolérance religiev^e^ l'indépendance des opinions et de la pensée, l'égalité devant la loi, et cette sauvegarde de tous les autres droits, la liberté de la presse , qui défend les peuples et avertit les^ rois ! en un mot, toute la liberté que comporte le gouvernement représentatif, tel qu'il nous est acquis par la Charte constitutionnelle, cette loi fondamentale, ce pacte d'alliance entre la dynastie des Bourbons et la nation française, entre le Roi et le peuple; la Charte jurée et sacrée, qui nous impose des devoirs, nous le savons, et nous serons soigneux de les remplir; mais aussi qui nous donne des droits dont le sentiment ne s'effacera jamais de nos cœurs; car si le Roi est en possession de nos serments, nous avons aussi les siens, et sa piété éclatera surtout dans sa religieuse fidélité à les remplir.
D Voilà, messieurs, le genre de liberté et d'institutions que nous ne cesserons d'exiger d'un ministère, quel qu'il soit, sans inimitié contre les personnes , mais en poursuivant la chose même,^
avec une constance inébranlable , jusqu^à ce que nous Payons obtenue.
a Cest avec ces résolutions, qui n'ont jamais varié, que j'entrerai à la Chambre des Députés , et que vous m'y verrez remplir dans toute son étendue mon serment àe fidélité au Roi et à la Charte. »
Lorsque Manuel a dit que les Bourbons avaient été d'abord reçus avec répugnance, — cela signifiait surtout qu'ils avaient été reçus dans des circonstances de retour très-défavorables; — à la suite de deux invasions étrangères qui avaient humilié et blessé au plus haut point l'honneur national; — et avec des idées de contrerévolution révélées par plusieurs faits que Louis XVIU lui-même avait appelés des fautes; — fautes imputables principalement au parti ultra, qui flanquait la Restauration et ne cessait de la compromettre. Malgré tout cela, cependant, à l'exception de ceux qui voulaient à tout prix demeurer irréconciliables ou factieux, la masse de la nation, et à sa tête les hommes les plus raisonnables et les plus réfléchis, avaient pleinement accepté les Bourbons et la Charte.
L'opposition l'avait elle-même proclamé par son organe le plus brillant et le plus accrédité, celui du général Foy : c( Nous voulons la Charte, toute la Charte, rien que la Charte. » Ils ne demandaient au gouvernement que la sincérité sans ambages et sans arrièrepensées '.
La Charte , en effet , quoique moins forte en apparence, parce qu'elle avait été octroyée plutôt que convenue, n'en obligeait que plus étroitement la royauté
* Des Déclarations analogues avaient été faites par un noble pair (M. de Chateaubriand), et par un député de l'opposition modérée (M. Sapey). Voyez aux Annexes.
dont elle était l'unique ouvrage; et chaque Français pouvait répéter ce que m'avait dit un des électeurs de Mamers au banquet de Beaumont : « Après tout, nous ne voulons que ce qu'on nous a fait jurer, w
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