VI PROLOGUE
moi l'objet des plus sinistres préoccupations. Tant d'angoisses ont divisé les forces de mon esprit; elles ne m'ont plus permis de travailler qu'à bâtons rompus; — et quand la mort, en m'enlevant ma fidèle compagne, eut détruit le charme qu'elle répandait autour de moi, et changé ma retraite en solitude... , mon âme s'est trouvée en proie à d'amers regrets, et je n'ai plus ressenti que de l'indifférence pour un labeur qui a cessé d'être un délassement pour ne devenir qu'une pénible distraction.
Ce second volume comprend le récit de ma vie parlementaire depuis le jour de mon élection à la Chambre des députés en 1827 jusqu'à l'époque où j'en suis devenu le Président (novembre 1832).
Durant ce laps de temps, on a vu :
Le règne de Charles X s'achever et se perdre ;
La Aévolûtion de juillet s'accomplir en changeant à la fois la Constitution et la Dynastie ;
Les premiers embarras du nouveau gouvernement sous le ministère du 11 août 1830, — ses périls sous le ministère LafiBtte, — sa résistance au désordre sous celui de Casimir Périer;^
Enfin la difficulté de remplacer un tel ministre, et les tiraillements occasionnés par les opinions rivales qui se disputaient sa succession.
I. La première de ces phases si diverses intéresse par le mouvement constitutionnel qui, à cette époque, se manifeste de toutes parts : dans l'Opinion, dans la