L]SS TROIS ORDONN.— LES TROIS JOURNÉES
bles de ces actes illégaux et criminels : elle doit savoir comment la position la plus calme d'un peuple obéissant et fidèle a été changée en deuil universel, causé par le massacre de citoyens sans armés dont l'unique crime est de vouloir aujourd'hui, comme au 25 juillet, cette Charte constitutionnelle que nous avons tous jurée.
tt Sire , nous avons cru de notre devoir et de notre fidélité de nous adresser à Votre Majesté pour lui faire connaître l'état des choses, la supplier de maintenir dans son intégrité l'exécution du pacte fondamental et des lois du royaume , et pour déposer dans ses mains notre protestation individuelle contre les actes illégaux de ses ministres ^ à t égard desquels toute question de responsabilité demeure amplement réservée. — Ce 28 juillet 1830. »
Ce projet a été imprimé, et j'ai tenu à en reproduire ici les principaux passages, parce qu'ils expriment nettement mon opinion et mes principes sur notre caractère légal de Députés. ^
Au sortir de chez Bertin de Vaux j'allai chez Casimir Périer. Il était sorti ; mais plus tard je le trouvai à la porte de l'hôtel de madame la comtesse Foy , rue de la Chaussée-d'Antin , au moment même où la fusillade était engagée au bout de la rue sur le boulevard. Je lui soumis ma rédaction; il en approuva les termes : « Mais, ajouta-t-il, hâtez-vous, car on est en ce moment a chez Bérard, où l'on délibère sur la rédaction de a Guizot. y*
Je m'y rendis aussitôt (rue Neuve-des-Mathurins); je rencontrai le général Lafayette qui sortait et quelques autres députés avec lesquels je m'entretins. On me dit que la Protestation venait d'être convenue;
qu'elle n'avait été signée par personne; mais qu'on l'avait envoyée à l'impression avec une liête de tous ceux qui étaient présents à la réunion de la veille chez Casimir Périer; — par conséquent avec mon nom, puisque j'avais assisté à cette réunion, que j'étais du nombre de ceux qui avaient résolu l'acte, et qu'on m'avait associé à sa rédaction. — Mais un député qui transportait déjà dans la politique sa jalousie de palais, avait jugé à propos de rayer mon nom de la liste. En cela certes il ne me faisait pas grand tort, et j'aurais pu ne pas relever cette manœuvre. Mais je tenais à ne pas me séparer de mes collègues ; je réclamai le lendemain et j'insistai pour que mon nom fût rétabli sur la liste; et il le fut d^s les journaux du 30 \ en même temps que ceux de MM. Eusèbe Salverte et du colonel Paixhans, qui avaient aussi été omis; voire même celui de Benjamin Constant, qui n'était pas alors à Paris, mais qui m'avait écrit pour déclarer qu'il adhérait dî' avance à tout ce que feraient ses collègues.
Journée du ^9 juillet. — Réunion chez Laffitte. — La- Jayette. — Gérard, — Commission municipale.
Le jeudi 29 juillet , tout se préparait pour continuer le combat. On avait employé toute la nuit à élever de nouvelles barricades. Les troupes royales avaient bivouaqué sur les boulevards. D'un autre côté , la garde nationale commençait à se naontrer en uniforme et à se former. Elle demandait un chef. . . ; elle n'en avait point . .
* Voyez le National et le» Débats du 30. Veyei la pièce ellemèkne telle qn^elle a été publiée avec les signatures , dans les AnnesBcs.