DE LAFAYETTE, MAUGUIN, LAMARQUE
à lui tout seul par sa parole , et il voulait toujours avoir avec lui un général. Son principal compagnon dans la Chambre était le général Lamarque : avec un tel auxiliaire il ne doutait de rien!... et il eût attaqué tous les peuples de la terre.
Le général Lamarque s'était illustré par de brillants services militaires. — Au retour de Tile d'Elbe , Napoléon le nomma général en chef de l'armée de l'Ouest. En cette qualité, il écrivait aux Vendéens ces paroles remarquables : a Je ne rougis pas de vous demander la paix ; car dans les guerres civiles , la seule gloire est de les terminer. »
En 1815, le général Lamarque publia une brochure où il protestait de sa fidélité pour les Bourbons , et annonçait la résolution de s'envelopper dans le drapeau blanc pour lui servir de linceul.
Il avait été élu député en 1 829, par le département des Landes, et avait pris place au côté gauche.
Après la révolution de 1830, il fut de nouveau envoyé dans les déparlements de l'Ouest, et publia une proclamation chaleureuse en faveur du roi Louis- Philippe *.
Rappelé de son compfiandement , il reprit son rôle de député de l'opposition. Il n'improvisait pas; il écrivait ses discours dans un style brillant et animé, et les récitait assez couramment pour n'être pas toujours obligé de recourir à son manuscrit, que du reste il tenait roulé dans sa main, comme une épée prête à sortir du fourreau. Jusqu'à son décès, arrivé en 1832, il fut dans la Chambre Vorateur militaire : poussant à la guerre * et soutenant que , pour s'asseoir, le gouver-
* Voir aux Annexes,
' En 1826, il avait publié une brochure sons ce titre : Be
nement de Juillet avait besoin de ce qu'il appelait lé baptême du feu. Il se constitua le défenseur des inté* rets de ses anciens compagnons d'armes , pour les rap-»' pels de solde ^ les retraites, l'arriéré de la Légion d'honneur, sans égard pour les lois antérieures qui avaient statué sur ces prétentions, et au risque d'écraser le budget. Comme moyen de payement, il proposait de réduire tous les traitements civils, en mémo temps qu'il défendait toutes les allocations militaires,
Lamarque était d'un caractère doux et bienveiU lant ; il suivait sa pointe et marchait à son but sans hostilité contre les personnes. Mais il n'en était pas moins un grave sujet d'embarras pour le gouvernement, contre lequel il ameutait tous ceux dont ses diseoui^s allumaient les courages ou réveillaient les appétits. — J'eus quelquefois à lui répondre, à combattre ses velléités guerrières, à repousser ses exigences, dans l'intérêt de nos finances, déjà trop obérées, et enfin à défendre V ordre civil ^ qu'il dépréciait.
Ces luttes n'amenèrent jamais entre nous aucune aigreur. Loin de là, un jour que j'avais répliqué avec le plus de vigueur et d'entraînement à certains discou)*6 de députés qui ne répondaient que trop aux factions du 'dehors, il me prit à part dans le couloir de la Chambre et, me serrant les deux mains dans les siennes : a Mon cher collègue, me disait-il, j'admire la vigueur de votre discours; mais, de grâce, et pour vous-même, ménâgejE-les, soyez moins âpre... ils vous tueront I)i
En efiet, comme on va le voir, c'était presque tou^ jours mon tour de monter à la tribune dans les circonstances les plus chaudes > et si l'attaque dont m'a-
r esprit militaire en France, des causes qui contribuent à rëteindre, de ta nécessité et des moyens de le ranimer.