‹ Mémoires de M. DupinChapitre 37 sur 113 · POUVOIRS DE LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

POUVOIRS DE LA CHAMBRE

CÊlme des délibérations à rétablissement d^un ordre meilleur. On doit aussi des actions de grâces à ces derniers ; ils avaient aussi des dangers à. courir, leurs têtes étaient proscrites; on n'aurait pas retrouvé les combattants, mais certes le pouvoir vainqueur aurait bien retrouvé les délibérants, (Bravos dans rassemblée.)

» Dans les premiers moments, ne prenant conseil que de la nécessité, nous avons fait tout ce qui pouvait sauver la France de Tanarchie ' ; nous avions compté sur sa ratification, et elle ne nous a pas manqué; nous avons tous prouvé que nous voulions de bonne foi conquérir la liberté, cette liberté que nous cherchions depuis quarante ans, et qui nous a toujours échappé, parce que nous avons marché toujours d'excès en excès, passant de la licence à la tyrannie , de la gloire à l'hypocrisie; cette liberté dont nous ne pouvons jouir qu^en nous imposant certaines gênes pour contenir aussi ceux qui voudraient abuser contre nous d^ une liberté sans frein. (Marques générales d'assentiment.)

» Je veux la liberté, mais de la seule manière dont elle puisse être forte et durable, c'est-à-dire avec des lois qui en garantissent l'exercice, et qui puissent la préserver de ses propres excès. C'est cette liberté que nous avons entendu fonder lorsque nous avons rétabli le règne des lois indignement violées. Au mensonge nous avons substitué la vérité; nous avons mis un prince fidèle à la place d^une dynastie déloyale et perfide, qui, en violant ses serments, nous a réciproquement déliés de tout engagement envers elle. Nous avons créé un établissement nouveau. A la place de cette allégation du droit divin dont on avait tant abusé contre nous, nous avons posé un principe plus vrai, celui qui assoit Tordre social sur l'utilité réciproque et la convention; nous avons assuré les droits du pays; nous avons conclu un contrat, et dans ce contrat la nation a pris V initiative; elle a fait ses propositions pour mieux attester que le pouvoir venait d^elle, (Mouvement marqué dans toute la salle.) L'acceptation du prince est venue s'y joindre ; chacun connaît ses droits et ses obligations , et c'est ainsi que nous avons consolidé pour la France la véritable liberté.

n II est temps enfin. Messieurs, de nous délivrer de certaines influences, dans l'intérêt même des imprudents qui voudraient

1 De là rexpreiûon de Sauveur fi ridiculement appliquée par lei journaux de roppofition à l'auteur du difcours.

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