‹ Mémoires de M. DupinChapitre 43 sur 113 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

Le gouvernement a pu accorder quelque chose à un reste d* agitation, mais ef^n la justice a été saisie, les tribunaux vont prononcer. Rassurons-nous sur cette accusation portée au nom de la France; tout le monde le sait, il y a une France de 32 millions d'hommes qui ne demande pas une agitation perpétuelle ; mais elle veut un gouvernement fort, elle veut être gouvernée par le Roi et les Chambres et non par des clubs* Quand ces clubs ne feraient que donner des inquiétudes, le danger serait encore assez grand, puisque ainsi se trouvent paralysées les affaires et le commerce.

On parle d'une loi pour organiser ces clubs! j'espère qu'on ne les sanctionnera pas comme pouvoirs, et que l'administration se souviendra que précisément parce qu'ils ont été bons à détruire un gouvernement, ils ne valent rien pour en soutenir un autre.

Le Constitutionnel : Ce discours est suivi d'une longue agitation ; presque tous les députés quittent leurs places, et se pressent dans l'espace qui est devant la tribune. M. Dupin reçoit de nombreuses félicitations. M. Mauguin cause avec M. LafBtte, Plusieurs fois le président agite sa sonnette sans pouvoir faire rentrer les députés à leurs places. Enfin, au bout d'une demi-heure, M. Humblot*Conté monte à la tribune pour continuer le rapport sur les pétitions.

Un membre : « Aux voix sur la pétition des commissaires -priseurs. » (Rire universel.)

L'accusation de M. Mauguin reviendra dans quelques jours. (Voyez ci-dessus la séance du 30 septembre, pages 225 et 226.)

Cette discussion avait été trop vive pour que Teffet en demeurât concentré dans Tintérieur delà Chambre : il 86 répandit bien vite au dehors. — La Société des Amis du peuple se réunissait au manège Pellier, rue Montmartre, quartier composé d'un grand nombre de boutiquiers et de marchands dont le négoce était depuis longtemps troublé par les agitateurs , les émeutes et les clubs. Ces citoyens résolurent de mettre un terme aux séances d'une réunion qu'ils regardaient comme une des principales causes des troubles dont ils avaient

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