ATTAQUES CONTRE LE !«' MINISTÈRE
» Deux choses sont à considérer dans notre glorieuse révolution et dans rétablissement qui s^en est suivi : le choix du prince et les intérêts nationaux. Quant au choix du prince, nous nous plaisons à le reconnaître et à le proclamer, il n'a été appelé ni par un droit divin que personne ne s'est avisé d'invoquer, ni par la légitimité ou prétendu droit de naissance. Qu'il se trouvât placé près du trône, c'a été sans doute un heureuoo accident, mais ce n'a pas été une raison déterminante. Louis-Philippe n'a pas été choisi parce qu'il était de la famille, mais quoiqu'il fût de la famille; et à la charge , non pas de ressembler à ses aînés, mais d'en différer essentiellement. (Bravo! bravo! c'est très-bien! )
» Ce qu'on a considéré en lui principalement, c'est son carac-* tère personnel , entièrement français, sa bravoure éprouvée dans les combats, son civisme généralement reconnu. (Nouvelles ac* clamations.j
» Voilà le Roi que la nation a entendu investir de ses pouvoirs, qu'elle a voulu placer à la tôle de ses intérêts pour y pourvoir par un gouvernement régulier, et à côté duquel elle ne voudrait ni voir ni souffrir aucun pouvoir occulte, aucune apparence de rivalité ; car il siérait mal à qui que ce fût de lutter de puissance avec le roi des Français. (Vif mouvement d'adhésion au centre et dans toute la gauche.)
n Quant aux intérêts nationaux que ce gouvernement a juré de faire prévaloir, ils sont écrits dans le serment du Roi, qui a juré de ne gouverner que dans le seul intérêt de la gloire et du bonheur du peuple français; de ne régner que par les lois et selon les lois, et de faire rendre bonne et exacte justice à chacun selon son droit L'accomplissement de ce serment était confié au ministère; et sa politique était facile à tracer.
» Au dehors, la paix était dans son vœu, et il y a tout lieu de croire qu'elle est pleinement assurée. La paix! mais toutefois sans craindre la guerre! Des négociations dans lesquelles nos ambassadeurs ne sembleront plus seulement adressés à l'aristocratie des autres États, mais dans lesquelles ils parleront au nom de tout un peuple, stipulant nettement ses intérêts, et avec la certitude que tout ce qu'ils demanderont de juste serait soutenu par le pays tout entier. Gardez-vous de compter sur nos embarras intérieurs , peuvent-ils dire aux rois étrangers; cela était bon quand nous avions un gouvernement de minorité ; mais aujourd'hui nous som-
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mes les ambassadeurs du roi des Français, toute la nation est derrière nous, prenez-y garde. (Bravo! bravo! )
» Au dedans, la liberté; une liberté large, une liberté vraie, appuyée non sur de vains mots , mais sur des garanties réelles , propres à nous en assurer la possession ; mais une liberté fondée sur l'ordre public^ y et, par conséquent, sur les lois.
» On a pris pour exemple celles de la presse! Je ne nie pas qu* elles ne fussent susceptibles d* améliorations; mais était-ce une raison pour les journalistes de s* affranchir provisoirement de toute règle , et de ne respecter aucun frein ? Ainsi on a violé les lois sur les cautionnements; pendant longtemps les journaux ont paru sans timbre, sans signature d'éditeur responsable; on a affiché et les journaux et les placards les plus violents; on a laissé' crier les plus fausses nouvelles. Tout cela pouvait-il être réprimé autrement que par les agents secondaires de Tautorité ?
» Mais, dit-on, certains écarts ont trouvé leur remède dans le bon sens public, et la garde nationale a marché de son propre mouvement contre les clubs et contre les émeutes. Hélas ! sans doute c*est un bien; mais un bien dont peut-être il faut gémir! La garde nationale a marché contre les émeutes! honneur à la garde nationale! honneur deux fois puisqu'elle a pris conseil d'elle-même à défaut d'autre impulsion! Mais j'aimerais mieux, pour la règle , que l'ordre de service fût arrivé avant que pas un homme fût sorti de chez lui.
n Sans doute encore, Paris, importuné par les clubs, les a fermés lui-même; mais il eût mieux valu que ce fût par l'autorité du magistrat.
V II est très-vrai, par là, que Paris a fait sa police, l'a faite lui-même; mais il est vrai aussi qu'il n'était pas protégé par l'autorité civile, puisqu'elle n'a point présidé à ces actes, et qu'on n'a point agi au nom des lois !
r) Si les membres du ministère qui voulaient l'exécution des lois n'ont pas été secondés ^ ils auront sagement fait de se retirer.
i> On était divisé sur les doctrines; on disputait sur la bonté des lois, et pendant ce temps, il est vrai de le dire, Paris et la France entière disaient /orce au pouvoir! mais i qui imputer le
1 •• Liberté , ordre public , cette devise donnée à la garde nationale sera \é type de notre gouvernement. » (Diicours du 25 septembre 1830. Moniteur,)