JUGEMENT DES MINISTRES. — TROUBLES
Arrêt qui condamne les ministres.
(21 décembre 1830.)
Les débats du procès des ministres s'étaient ouverts le 15 sous le coup des émeutes.
Le 21, arrêt de la Cour des pairs qui condamne les ministres à la prison perpétuelle , et le prince de Polignac à la dégradation et à la mort civile.
On avait évité une condamnation à mort qui eût ensanglanté et terni la révolution de Juillet : c'est tout ce qu'avait voulu le gouvernement. Le Roi s'en était expliqué avec chaleur. — Déjà, pour préparer les esprits à ce résultat, on avait introduit devant la Chambre et fait voter le 9 octobre une Adresse au Roi sur V Abolition de la peine de mort. Nous allâmes la porter au Roi, qui, dans sa Réponse, fit éclater ses sentiments. Un des rêves de ce prince, essentiellement doux et humain, aurait été que sous son règne aucune condamnation à mort ne fût exécutée ! Mais la malice des hommes à qui il avait affaire , et les périls dont la société était environnée , ne lui permirent pas de réaliser cette utopie.
Quant à présent du moins, et pour le procès des ministres, la difficulté était surmontée. La foule rugissait aux abords du Luxembourg : elle eût massacré les condamnés, si elle avait pu s'en saisir. Mais, avec autant d'habileté que d'audace , on parvint à soustraire leurs personnes à la fureur révolutionnaire. Les prisonniers, conduits à Vincennes par les soins de Montalivet , qui , dans cette occasion , seconda courageusement les intentions du Roi, furent confiés à la garde du brave général Daumesnil ^
* Rendez-moi ma jambe, et je rendrai Vincennes! avait-il dit aux étrangers.