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TRAPPISTES DE LA MEILLERAIE

majorité et approuvé au dehors par tous les amis de Tordre.

Troubles de l' Ouest — Les trappistes de la MeiUeraie* (Séance du 31 décembre 1831.)

La dernière séance de Tannée 1831 fut consacrée à la discussion d'une pétition des trappistes de la Meilleraie.

Quelques trappistes anglais avaient demandé à Louis XVIII personnellement Tautorisation de venir en France et de s'établir à la Meilleraie. Ce monarque la leur avait accordée par une simple lettre autographe. Arrivés en France , et sentant bien l'insuffisance d'un tel titre, ils s'étaient adressés à M. de Corbière, ministre de l'intérieur, pour obtenir une autorisation régulière, et ce ministre ne la leur avait pas accordée. Ils n'avaient pas mieux réussi auprès de M. d'Hermopolis, ministre des cultes, caries lois existantes défendaient d'accorder la permission demandée.

Cependant, par le fait, les trappistes anglais avaient continué de résider en France sous les règnes de Louis XVIII et de Charles X. — Tout passe en fait , s*il n'est contredit.

Après la révolution de 1830, et sous le ministère de Casimir Périer, des rapports lui signalèrent le couvent de la Meilleraie comme un foyer d'intrigues auquel aboutissaient quelques agents des troubles qu'on cherchait à exciter dans l'Ouest.

Périer , bien fixé sur les faits , et considérant que les trappistes de la Meilleraie n'avaient pas été régulièrement autorisés à se fixer en France , et que d'ailleurs ils étaient étrangers, leur fit appliqeur Valien

bill. Il donna Tordre au préfet de les faire sortir du territoire et de faire fermer rétablissement.

Ces ordres avaient été exécutés, et les frères avec leur abbé avaient été reconduits en Angleterre.

En cet état, ils s'adressèrent à la Chambre des députés par voie de pétitiorij demandant à être autorisés à poursuivre M. Casimir Périer, attendu sa qualité de député!

Le rapporteur de la Commission, après avoir rendu compte des faits, concluait qu'il n'y avait pas lieu d'accorder cette autorisation.

A l'appui de la pétition , on avait fait distribuer à la Chambre un pamphlet sans nom d'auteur , mais dans lequel on soutenait que l'expulsion était un acte de violence et non un acte légal ; que si on ne voulait pas autoriser les trappistes à résider comme congre" gaticmj ils n'y résideraient pas comme congrégation, mais qu'ils y resteraient comme agriculteurs j comme ouvriers; — ajoutant que, sous ce point de vue, leur question se rattachait a à cette terrible question de l'existence des classes ouvrières; » et qu'il y avait tt connexité entre leur situation et celle des ouvriers de Lyon, 55 dont l'insurrection était à peine calmée !

Cet écrit renfermait même une attaque contre le Roi dans le genre des satires de M. de Cormenin. On y lisait : « Tandis qu'à la lueur de vos lustres, vous délibérez sur les millions de la liste civile et les douze châteaux du roi-citoyen, et les^ honoraires des chevaux monarchiques, la faim, ce lugubre président du peuple , convoque au-dessous de vous, dans les souterrains du travail, lès états généraux d^s prolétaires ; et leut's délibérations sont de celles qui remontent bien vite avec le bruit de la foudre. . . »

— Eh quoi I Mathan , d'un prêtre est-ce là le langage ?

1831. FINANCES. MT Tant de hardiesse ne pouvait pas rester sansréponse.^

Périer désira encore de moi que je défendisse cet acte de son ministère ; et mes principes sur cette question, que j'avais tant de (ois traitée, étaient trop arrêtés ,t pour que j'hésitasse à les défendre de nouveau. C'est ce que je fis par le discours prononcé dans la séance Aa 31 décembre 1831, qu'on pourra lire au Moniteur.

Finances.

(Septembre et décembre 1831.)

J'ai rejeté à la fin de l'année 1831 ce qui se rattache aux finances. Cela se lie d'ailleurs aux questions de budget, qui viennent immédiatement au commencement de

1832. — ■ En cela, je cherche moins à suivre Vordre des dates qu'à suivre un peu Vordre des matières j en réunissant ce qui a rapport au même sujet

Le gouvernement n'était pas seulement attaqué dans la rue par les émeutes , dans les sociétés secrètes par les conspirations, à la tribune par toutes les doctrines qui formaient le bréviaire des révolutionnaires : il l'était aussi par les finances, et le péril qu'on essayait de lui créer de ce côté n'était pas le moins grand.

Ainsi les uns attaquaient les impôts établis.—-* il bas les droits réunis ! était un cri cher aux marchands de vin et à tous ceux qui fréquentaient leurs tavernes. — On se créait aussi par là des échos dans les pays vi^ gnobles, dont les Députés , dès qu'il s'agissait des vins et des esprits , se croyaient ( même les meilleurs ) obligés de faire chorus avec les abolitionnistes de ces droits, dans la peur de n'être pas réélus par leurs électeurs vinicoles.

Il y avait des classes de mécontents ; des gens né-

gligés qui réclamaient pour le passé ; — des classes entières considérables par le nombre des intéressés et la couleur de leurs réclamations : — par exemple , ceux qui réclamaient l'arriéré de la Légion d'honneur , des rappels de solde, des retraites, des pensions, des secours.

Tous ces clients trouvaient des défenseurs de leur cause et des juges complaisamment disposés en leur faveur. Tout cela me faisait dire, le 19 décembre 1831 : ce ... Depuis quelques mois, il n'y a pas une dépense qui n'ait été votée avec empressement; pas une pétition d'argent qui n'ait été recommandée avec tendresse... Quant aux impôts , on ne s'en est guère occupé que transitoirement, et seulement pour. critiquer leur assiette ou leur répartition. »

Certes, il n'y avait pas presse pour combattre toutes ces propositions. Les prudents évitaient de s'y engager : ils savaient bien que combattre de telles prétentions , c'était encourir avec certitude Vinimitié de tous les intéressés.

D'un autre côté, on cherchait à déflorer tous les services publics; on criait sans cesse contre les traitements ; et défendre la position des fonctionnaires les plus menacés était encore une mission ingrate pour ceux qui s'y dévouaient.

Et pourtant il fallait bien que sur ces points, comme sur beaucoup d'autres , l'Etat fût défendu.

Je placerai ici quelques-unes de ces questions :

1"" Défense des impôts ;

2** Arriéré de la Légion d'honfteur ;

3^ Grades et décorations conférés dans les Cent-Jours;.

4*» Pensionnaires de l'ancienne liste civile de Charles X ;

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