REDUCTIONS DE TRAITEMENTS
Le ministère y résistait tant qu'il pouvait ; je me dévouai à le seconder.
C'est ainsi que j'ai pris successivement la parole :
1** Le 15 février 1832, dans la discussion du budget des cultes, contre la proposition de retrancher le traitement des évéques nommés à des sièges créés depuis 1821 , et d'en ramener le nombre à celui du concordat, à mesure des décès. Cette proposition était fondée sur une erreur : son auteur s'était persuadé que ces évéques, nouvellement institués, ne l'avaient été que par de simples ordonnances royales, tandis que ces ordonnances avaient pour base la loi qui, en 1821, avait délégué au gouvernement le droit de s'entendre avec le saint-père pour l'établissement d'un certain nombre de sièges non compris dans le concordat de 1801, mais^ dont l'érection ou l'établissement serait jugé nécessaire. De ce nombre était l'évêché deNevers; de sorte qu'en défendant la loi en principe, je défendais aussi les droits de mon diocèse. — La proposition de suppression fut rejetée , et les évéchés maintenus. — 11 fallut, dans cette même séance du 15 février, revenir deux fois à la charge , parce qu'il s'agissait de règles peu familières à la Chambre.
Le lendemain 16, j'eus encore à combattre un amendement de M. Dumeilet, tendant à faire rayer du budget le traitement des évéques et archevêques qui, depuis la révolution de juillet, avaient cessé de résider dans leurs diocèses. — Je blâmai cette désertion des titulaires de divers sièges; mais je fis remarquer à l'assemblée qu'il n'en fallait pas moins voter les sommes destinées à chaque siège , parce que, à défaut
poussées jusqu'au ridicule en parlant « des budgets toujours ivres et des peuples toujours à jeun, »
de l'évéque, il y a un chapitre et des vicaires^ capitulaires qui administrent en son lieu et place; et que, pour retenir en pareil cas le traitement de Pévéque absent sans' congé de cour, il n'y a pas besoin de loi spéciale , et qu'il suffit des lois ordinaires : les anciens principes du droit de régale s'y appliquent naturelle^ ment. — L'amendement de M. Dumeiletfut rejeté.
2'' Dans la séance du 21 février 1832, je plaidai pour que l'on conservât au budget l'indemnité d^ 50,000 francs accordée au maréchal comte de Lobant pour frais de représentation comme commandant en chef de la garde nationale de Paris. On avait tk^ouvé bon qu'un tel traitement îti accordé en 1830 au gé^ néral Lafayette; mais en 1^32, on s'opposait à ce (fu'il fût accordé au comte de Lobau. On ne pardonnait^ pa» à ce brave maréchal d'avoir dissipé les émeutes , et l'une d'elles, notamment, sans avoir fait jouer d^auft*e artillerie que celle des pompes à incendie sur ta* télé des émeutiers. — Les interruptions de l'oppositien , surtout celles de Mauguin , me forcèrent à revenir sur celte question des émeutes, toujours protégées par certains députés. A la fin de ce discours, le Sténogp(xphe des Chambres dit : Vive approbation; — et le Journal des Débats : Bravos retentissants. — La proposition de l'indemnité de 50,000 francs fut rejetée.
3** Le 20 février , je fis repousser la proposition» de réduire les allocations afiectées au traitement des p»o** fesseurs des Facultés de droit et de médecine. — La Faculté de droit en corps est venue m'en remercier (Lettre du doyen).
4*" Le 8 mars, dans la discussion du budget de» affaires étrangères , je m'élevai contre la proposition de réduire les traitements des chefs de division de ce