IMPORTATION DES CÉRÉALES
C'est dans ce sens et avec ces restrictions que les secours furent votés. (Voyez dans les Annexes.)
Loi sur l'importation et l'exportation des céréales. (Séance da 30 mars 1832.)
La loi du 15 avril 1832 a rétabli la libre pratique des céréales. La principale innovation de cette loi consiste dans la substitution d'un droit gradué, aux prohibitions de 1821. Cette innovation, considérée comme avantageuse au commerce, ainsi qu'aux producteurs, était depuis longtemps réclamée dans ce double intérêt.
Le baron Charles Dupin, mon frère, était le rapporteur de cette loi. Je n'hésite pas à signaler son travail comme un document d'un haut intérêt, et qui méritera en tout temps d'être sérieusement étudié.
Quelques économistes, dont la science se résume dans la formule assurément fort commode : Laissez faille, luissez passer^ auraient voulu une liberté entière d'importation, au risque de ruiner les agriculteurs; et une égale liberté d'exportation, au risque d'affamer leur propre pays.
Le système d'un droit à base mobile, selon le prix plus ou moins élevé des céréales, a prévalu dans la loi.
J'ai pris la parole dans la discussion à la séance du 30 mars, en appuyant un amendement de M. Laurence qui a été adopté. Ce discours, renfermant des considérations générales sur l'agriculture, a été inséré dans le petit volume que j'ai publié sur les ComiceSy 2* édition, page 132.
Amortissement,
Dans les matières de finance , le baron Louis était
mon oracle« Laffitte était banquier, et n'était pae vn financier. Le baron Louis était un financier, et n'étak pas banquier. — Il avait des principes arrêtés sur l'assiette de Timpot , sur le crédit , sur les emprunts, »ur ramortissement , sur les agents de change, sur les compagnies financières *.
Je n'ai jamais parlé finances à la tribune sans en avoir conféré avec lui, pour apprendre ce que je ne savais pas , ou mieux comprendre ce que je ne savais qu'imparfaitement. J'avais vu combien sa collaboration avait été utile dans le premier ministère^ — combien son absence avait été préjudiciable sous le second; -^ j'avais compris, ainsi que Périer, tout ce qu'il y avait d^indispensaUe à le faire entrer dans le troisième.
Aussi, lorsque plus tard il fut attaqué (a Toccasion du déficit Kessner), jeVai défendu cordialement, et il le méritait à tous égards.
Le baron Louis était partisan de V amortissement U ne croyait pas qu'on s** enrichît en faisant des dettes z s'il en était ainsi, cela serait trop commode, et la science serait fort simplifiée. Il croyait au contraire à la vieille maxime : Qui paye ses dettes s'enrichit, parce qu'en diminuant ses dettes, on maintient ou l'on augmente son crédit ; et , comme il le disait énergiquement un jour : h crédit, c'est de V artillerie, — N'a-l-on pas dit aussi, a une certaine époque, que celui-là diO' terait la paix qui aurait le dernier écu dans sa poche?
Le baron Louis défendait l'amortissement d'abord parce que c'était un gage promis aux créanciers de l'Etat, et qu'on ne pouvait pas y porter atteinte sans violer ses engagements. Il le défendait aussi parce
* Voyez Texcellente Notice intitulée : Souvenirs sur le baron Louis par M. d'Audiffret.