‹ Mémoires de M. DupinChapitre 88 sur 113 · AMORTISSEMENT. — LOUPS-CERVIERS · texte numérisé non relu

AMORTISSEMENT. — LOUPS-CERVIERS

qu'il regardait le rachat des rentes par le menu^ comme un tno^n d'emprunter au besoîa un capitsd correspondant à Fintérét des rentes rachetées, sans qu'il en résultat de surcharge pour le trésor. Du reste, îl savait fort bien qu'il -ne faut pas qu'un amortissement soit trop fort ou trop faible, et qu'en cela,, comme en tout, il faut garder une juste mesure.

dépendant chaque année l'amortissement était atta* que par quelques orateurs dans la discussion de nos budgets, et j'eus à le défendre trois fois : le 15 février 1831, le 26 janvier 1832, et le 7 mai 1833.

Dans Je premier disceoirs, j'appuyai un amendemedt de M. Augustin Périer, et je fis rejeter un amendemeirt deTJI. Bàilldt, qui eût annulé la proposition de M. Aug. Périer. Je maintins au profit de l'Etat le droit de disjposer des rentes rachetées (non pour les remettre en •circulation , ce qui serait idétruire l'effet de l'amortis- «emeot), mais d'en disposer soit en les amrnkmt^ ce qui est le sens le plus vrai du mot amortir; soit en les affectant, avec l'autorisation de la loi, au service de nouveaux emprunts.

Dans le discours du 26 janvier 1832, je traitai la .question avec plus d'étendue et non moins de succès.: car je combattis et je fis rejeter un amendement de .M. Jollivet, qui proposait une réduction arbitraire de 22 millions sur le taux Ae l'amortissement.

A .propfis de ceite question se présentaient des considérations accessoires. — L'orateur, espérant paria irecommander son amendement, avait eu l'imprudenoe •de dire, >qne la réduction par lui proposée serait un moyen de réduire d'autant certain impôt (sur les bois* sons) , dont le maintien, suivantJui, pourrait servir de

Ht DISCUSSION DU BUDGET.

prétexte pour allumer la guerre civile!... C'était une menace à laquelle je me bâtai de répondre :

Je n*admeUrai jamais qu*on puisse venir vous dire, comme devant commander les votes de cetle Assemblée, que le moyen d'apaiser une guerre civile serait de réduire ou de changer tel impôt. (Approbation presque générale.)

Si c'était là le remède, vous devriez donc admettre aussi implicitement que menacer de la guerre civile est une sorte de pétition, et que refuser le dégrèvement d'un impôt légalement établi, c'est un moyen de faire légitimer la guerre civile. (Très-bien ! très-bien ! )

S'il y a des rebelles dans l'Ouest, s'il y a des hommes abusés et des hommes qui les abusent , ce n'est pas par la condescendance des lois et du gouvernement qu'il faut les rappeler à leurs devoirs ; c'est au nom de la loi et avec une juste sévérité qu'il faut forcer les rebelles à l'obéissance.

Ainsi des réfractaires veulent se soustraire à la loi du recrutement, il faut les obliger à rejoindre, et ne pas dire qu'il vaudrait mieux annuler la loi du recrutement. Mais il ne suffit pas d'avoir des hommes pour la défense du territoire, pour faire la guerre, soit offensive, soit défensive ; il faut aussi que la tranquillité règne à l'intérieur, il faut que la perception des impôts s'effectue régulièrement.

Je repousse donc , au nom de la politique comme au nom de la morale et de la patrie, l'argument que l'on vous a présenté tout à l'heure. (Approbation.)

C'est dans ce discours que se trouve l'expression de loups cerviers. J'ai appliqué cette qualification dans un sens tout particulier aux banquiers de la Sainte-Al" liance^ venus à la suite des armées étrangères pour nous rançonner : sens restreint que les journaux de l'opposition, avec une mauvaise foi et une malignité trop habituelles aux partis, se sont empressés A^ appliquer à tous les banquiers , à tous les capitalistes , à tons les industriels; — c'est-à-dire à une foule d'hommes honorables que je n'avais nullement entendu impliquer dans ce reproche.

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