‹ Mémoires de M. DupinChapitre 96 sur 113 · DE LA PRÉSIDENCE DU GOMSEIL · texte numérisé non relu

DE LA PRÉSIDENCE DU GOMSEIL

nient ; mais avec une grande fermeté, et c'était là ce qui avait surtout caractérisé son administration; car, après avoir arrêté en conseil ce qu'il croyait convenable et opportun , il disait avec une égale résolution au Roi : « Sire , nous estimons telle mesure nécessaire ; si vous ne voulez pas, nous ne pouvons continuer à vous servir; » de même que le Roi, dûment informé, pouvait dire : v^ J'aviserai; » et s'il le croyait ensuite nécessaire, donner congé à son ministère.

Et vis-à-vis des Chambres, après que Périer avait obtenu l'assentiment du Roi, il pouvait, avec une égale fierté, dire aux députés : a Messieurs, si vous voulez bien adopter ce que j'ai l'honneur de vous proposer et soutenir franchement le ministère, je reste et je me dévoue ; sinon , je m'en vais. »

Je le répète, les formes de Périer étaient rudes et un peu trop altières, mais aussi de quelle énergie n'a-t-il pas eu besoin pour surmonter toutes les difficultés dont il était entouré !

Après lui, le Roi n'aurait pas trouvé en France un second homme qui eût continué sur ce ton. Mais au fond l'opinion publique et la majorité des Chambres, et tous les amis vrais du régime constitutionnel avaient approuvé le caractère à^ indépendance et d^ unité que Périer, comme Président du Conseil, avait su donner à son ministère, soit vis-à-vis du Roi, soit vis-à-vis du Parlement.

Dans les interpellations, on savait à qui s'en prendre : on s'adressait au Président du Conseil ; ses réponses engageaient le Cabinet tout entier ; et sans rien ôter à ce que la haute sagesse, l'expérience et la grande habileté du Roi pouvaient et devaient conserver d'influence sur les convictions de ses ministres et la marn. 28

434 GRISE ■IVISTÉIIELLE.

obe générale 4es affaires de FEtai, sa personae restait es defaors de Ioqs les débats ; on sentait, en un mot, qm'il y avait un gouvernement constitutionnel et parleventaire.

Ce régime avait-il pris fin avec Casimir Périer, em dewt-Ucenlinner? Cette question est devenue le noeud et toutes les combinaisons ministérielles par lesquelles im a essayé de le remplacer.

Départ pour la Nièvre. — Retour en juin 1832, Tentatives de reconstitution du ministère.

Aussitôt après les obsèques de Périer, dans le courant de mai, je partis pour RafiBgny. Les fatigues d'une session de huit mois, qui avait été plus laborieuse pour moi que pour tout autre , fatigues accrues encore par Fépidémle, dont j'avais subi quelque atteinte, avaient sensiblement altéré ma santé , et j'avais très-sérieusement besoin de repos. Mais je ne devais pas en jouir longtemps ; les événements ne tardèrent pas à se presser.

Délivrés de Périer, les partis crurent que le moment était favorable pour agir.

Le 29 mai , un certain nombre de députés réunis chez Laffitte publièrent une sorte de Déclaration ou Manifeste qu'on a depuis appelé le Compte rendu. Les signataires ne le croyaient peut-être pas ; mais ce fut comme un signal I

1** juin. — La duchesse de Berry ayant fait une apparition dans la Vendée, trois arrondissements de cette eontrée furent mis en état de siège.

2 juin. — Les républicains voulurent se signaler de leur côté, et ce jour-là il y eut une petite sédition de la société des Amis du peuple.

Page 1